‹ Une académie sous le DirectoireChapitre 14 sur 54 · LE LOGEMENT, LE TRAITEMENT, LES FUNÉRAILLES · texte numérisé non relu

LE LOGEMENT, LE TRAITEMENT, LES FUNÉRAILLES

Comme complément des détails que je viens de donner sur le règlement, je place ici quelques notes sur le logement, le traitement, les funérailles et le costume.

Les anciennes Académies étaient logées au Louvre : l'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres et T Académie des sciences dans la partie qui fait face aux Tuileries; l'Académie d'architecture dans celle qui est parallèle à la rue Saint-Honoré. L'Académie de peinture et de sculpture, la plus nomade de toutes et la plus difficile à caser à cause de ses expositions et de son école, d'abord logée à ses frais dans diverses mai-

sons de Paris, puis transférée successivement du Collège royal au Louvre, et du Louvre au Palais- Royal, était revenue s'établir définitivement au Louvre où, pour être fidèle à son histoire, elle avait occupé tour à tour divers emplacements. Elle finit par être largement et splendidement installée dans l'ancien appartement de la reine. On lui donna quatre grandes salles, au premier étage, à la suite delà salle des Sept Cheminées et en avant de la galerie d'Apollon, avec différents petits cabinets, et un logement pour le suisse qui avait la garde de ses collections.

Si l'on entre parla grande cour dans le pavillon de l'horloge ouest l'escalier de Henri II, on a, à main droite, les locaux autrefois occupés par l'Académie française et l'Académie des inscriptions et belleslettres. Une porte située au milieu de cette galerie et qui s'ouvrait sur la cour, donnait accès à une vaste antichambre, commune aux deux académies. L'Académie française avait, à droite de l'antichambre, sa salle des séances, éclairée sur la cour. Une salle de même longueur, mais plus étroite, située par derrière, contenait la bibliothèque, et servait aux commissions et au bureau. Au-dessus était, en entresol, l'appartement du secrétaire perpétuel. La

salle où siégeait rAcadémie avait été la salle du conseil, quand le roi habitait le Louvre. Les Quarante y. étaient fort à Taise pour leurs assemblées ordinaires qui avaient lieu le lundi, le jeudi et le samedi de chaque semaine; mais en vertu d'une décision prise, en 1671, sur la proposition de Charles Perrault, et qui fut appliquée pour la premièrefois lors de la réception de Fléchier, les séances de réception étaient devenues publiques, et il y avait ces jours-là grande affluence d*amis du récipiendaire, de futurs académiciens, de gens du monde et de nouvellistes. Il en était de même de la séance du 25 août (la Saint-Louis), jour de la fête du roi. Dans ces occasions, l'Académie se transportait dans l'antichambre commune, où il y avait des tribunes pour le public, sans compter un assez grand espace derrière les fauteuils des académiciens, qui étaient assis autour d'une longue table. Une partie des spectateurs entrait par billets et occupait les plus belles places. A la Saint-Louis de 1726, on fut, avec raison; très scandalisé de voir deux filles dans la loge du directeur, qui était Moncrif. L'usage voulait que, les billets entrés» on laissât la porte ouverte pour le public, jusqu'à ce que les discours fussent commencés. Cet usage gê-

nait les académiciens, qui y renoncèrent. Un jour* il y eut des réclamatious, et Duclos, secrétaire perpétuel, cria, d'un air de mauvaise humeur, au suisse qui était placé près de la porte, de l'ouvrir. Le flot qui stationnait au dehors se précipita aussitôt. Il fallait passer par la salle de l'Académie des inscriptions, car la porte de l'antichambre qui donnait sur la cour était couverte par des gradins dans ces solennités, et la salle de l'Académie des inscriptions avait une seconde entrée, qui ne servait guère que dans ces occasions et qui était prise dans le grand vestibule, à côté de l'escalier. Le pubUc entra en si grand nombre qu'il remplit d'abord l'antichambre où l'on siégeait et ensuite la salle des inscriptions, qui servait de passage, et où on ne siégeait pas. Les derniers arrivés se trouvant là comme en prison, et n'entendant rien de ce qui se disait à côté, fermèrent la porte de communication, prirent séance, nommèrent un président et un récipiendaire, et prononcèrent des discours qui furent, dirent le lendemain les gazettes, d'excellentes parodies des discours véritables.

La salle des Inscriptions où cette scène se passa

Page 1