‹ Une académie sous le DirectoireChapitre 25 sur 54 · Né à Rennes le 25 avril 1748, mort à Paris le 11 novembre · texte numérisé non relu

Né à Rennes le 25 avril 1748, mort à Paris le 11 novembre

gale, parmi lesquelles la Confession de Zulmé tenait le premier rang. En 1791, parut un gros livre de lui, sur un gros sujet, qu'il essaya de traiter d'une façon plaisante. Cela s'appelle : De V autorité de Rabelais dans la révolution présente et dans la constitution civile du clergé^ ou institutions royales j politiques et ecclésiastiques ^ tirées de Gargantua et de Pantagruel. Plus tard, sans aban-

donner la musique, la poésie et le théâtre, il fit des^ ouvrages sérieux et qui comptent II fat Tun de& auteurs de VHistoire littéraire de la France, et publia une Histoire littéraire de V Italie qui obtint un grand et légitime succès. Sa place aurait été dans la troisième classe ; on ne s'explique guère sa

présence dans la seconde, et surtout dans la sec* tion de philosophie.

On ne voit pas non plus quel avait été le motif de rélection de Le Breton ^ Il avait été théatin dans sa jeunesse, et avait professé la rhétorique au collège de Tulle. C'est là qu'il composa un volume intitulé : Logique adaptée à la rhétorique. Ce n'est guère qu'un livre de classe, qui ne lui créait aucun titre, ni comme rhétoricien, ni comme logicien,

. 1. Né à Saint-Méen (lUe-et-Vilaiae), le 7 avril 1760, mort à Rio-Janeiro le 9 juin 1819k

ni comme écrivain. Suivant une coutume très répandue, le professeur de rhétorique expliquait dans le dernier mois de l'année les premiers éléments de la logique. Le Breton fit comme tant d'autres ; il développa ses cahiers et les publia ; ce n'était pas même un petit événement scolaire. Il n'avait aucun goût pour être moine et professeur; il quitta l'habit dès qu'il le put, vint à Paris pour y trouver des philosophes un peu plus hardis que les théatins, et ne tarda pas à entrer dans l'administration du ministère de l'intérieur comme chef du bureau des beaux-arts. Il était là à sa véritable place, car il avait le goût des arts, sans être un critique d'ordre supérieur, et il avait toutes les qualités d'un administrateur ferme, laborieux, exact. Je ne sais pourquoi on s'avisa de le mettre dans la section de philosophie. Il devint par la suite secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts, et publia, en cette qualité, des travaux qui ne sont pas sans mérite. C'était du reste un de ces hommes laborieux et consciencieux qui rendent des services partout où ils se trouvent. Il fut deux fois secrétaire de la seconde classe, et quoiqu'il ne fût pas alors permis d'administrer, il sut se rendre utile comme administrateur.

En 1815, Le Breton protesta avec énergie contre la spoliation de nos musées. Il fut rayé de la liste de l'Institut à la suite de cet acte de courage, et aima mieux s'expatrier que de voir la France livrée aux ennemis de la Révolution.

Deleyre*, élevé chez les jésuites, et jésuite luimême jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, vécut ensuite dans la familiarité des principaux encyclopédistes. Il a rédigé pour l'Encyclopédie l'article Fanatisme, que Voltaire a inséré avec de légers changements dans son Dictionnaire philosophiitue. On a de lui une Analyse de Bacon^ un volume (le xix') de VHistoire générale des Voyages^ et une vie de l'académicien Thomas. Son Analyse de Bacon était son seul titre pour faire partie de la section de philosophie. C'est un ouvrage en trois volumes, qui n'est pas sans quelque mérite. A l'époque où Deleyre le publia, Bacon n'était guère connu en France que de nom. Nous ne connaissions alors ni les philosophes étrangers, ni les philosophes passés. Nous ne rougissions pas de notre ignorance. Si nous ne regardions pas par-dessus nos frontières, c'est parce que nous étions persus^dés qu'en dehors de

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