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le Parlement, en fournissaient leur bonne part; que les particuliers, même les plus obscurs, envoyaient directement leurs élucubrations à l'Institut, et réclamaient ses appréciations; qu'il y avait, à chaque séance générale et à chaque séance de classe quelque nomination d'officiers ou de commissaires; que l'élection des membres était longue et compliquée, puisqu'elle exigeait plusieurs scrutins dans la section, la classe et l'assemblée générale ; et qu'enfin le corps se renouvelait souvent, car il y avait cent quarante-quatre membres résidents, cent quarante-quatre membres non résidents et vingt-quatre membres étrangers. Les élections de tout ordre se faisaient avec le même luxe de scrutins et de formalités.

Indépendamment de ces élections, de cette administration, et de toute cette besogne courante, les classes avaient trois très importantes fonctions à remplir en commun : des places à donner, des patronages à exercer, des publications à exécuter ou à diriger.

I. Places. — Les places à donner en vertu de la loi étaient les vingt places d'inspecteurs de l'agriculture, les six places de membres de l'Institut chargés de voyager ensemble ou séparément pour la

propagation et le progrès des sciences, et les places d'élèves à T Académie de Rome.

La loi du 11 floréal an X (1" mai 1802) chargea en outre rinstitut de présenter des candidats pour chaque chaire vacante dans les écoles spéciales. La classe compétente présentait un candidat ; les trois inspecteurs généraux de renseignement en présentaient un de leur côté, et entre ces deux candidats, le ministre choisissait. Il faut ajouter ces élections aux interminables élections dont Tlnstitut était déjà chargé et accablé.

On comprit dès le premier moment combien il serait absurde de faire nommer les peintres de récole de Rome par les dix-huit artistes, peintres, sculpteurs et architectes, comptés pour dix-huit, et les cent vingt-six autres membres, comptés pour cent vingt-six, et qui étaient des géomètres, des médecins, des économistes» etc. C'est bien là que Daunou aurait eu le droit de s'élever contre les élections qui ne tiennent compte que du nombre, et ne mentionnent même pas la fonction, les intérêts et la capacité des votants. Le règlement ne pouvait pas charger les trois sections de peinture, de sculpture et d'architecture de nommer directement les élèves de l'école de Rome, puisque la loi

en chargeait le Directoire sur la présentation de rinstitut. Il prit un détour ingénieux. Il institua un concours, dont les sections de peinture, sculpture et architecture furent seules juges. Les lauréats du concours furent présentés par le jury à l'élection de l'Institut, qui fut obligé de voter pour eux, et ensuite, par l'Institut, au choix du Directoire, qui fut obligé de les nommer. Ce fut le premier et le plus éclatant échec de la fameuse théorie de l'unité des fonctions et des aptitudes.

On laissa aux trois classes réunies l'élection des vingt inspecteurs de l'agriculture; mais là encore, on eut recours à un tempérament ; l'élection eut lieu, au scrutin, d'après une liste au moins triple du nombre des places à remplir, et cette liste fut dressée par une commission formée d'un membre de chaque section des deux premières classes, élu par cette section. Je ne crois pas qu'il y eût, dans le règlement ou les usages de l'Institut, d'autre exemple de commissaires élus directement parles sections sans intervention de la classe. Il est évident qu'au moment du vote définitif, la troisième classe s'en rapportait aveuglément aux décisions de la commission mixte, quoiqu'elle n'y fût pas représentée. La commission, de son côté,

laissait former sa liste par les hommes du métier; les commissaires nommés par la section d'astronomie , ou par la section d'analyse des sensations et des idées, suivaient docilement les avis de leurs confrères des sections de l'économie politique, de l'économie rurale et de l'art vétérinaire. Cela ne s'appelle pas appliquer un principe, mais le tourner et le fausser. On gardait le principe comme décoration, et on revenait au bon sens comme modus Vivendi.

Dans ces élections des élèves de Rome et des agriculteurs de France, c'est l'Institut qui, par son règlement et par la pratique, dérogea au principe de l'unité, si cher à ses fondateurs. C'est la loi ellemême qui l'abandonna en floréal an X lorsqu'il fut question de faire présenter par l'Institut des candidats pour les chaires des écoles spéciales. La loi ne dit pas, comme elle l'aurait fait indubitablement en l'an IV, que l'Institut présenterait des candidats; elle renonça à cette fiction, et appela directement la classe compétente pour chaque chaire à faire l'élection d'un candidat. La clarté s'était faite. Méhul ne donna pas son avis pour une chaire de droit, et Bouchaud ne donna pas le sien pour une place de professeur de solfège.

Pour les six voyageurs membres de Tlnstitut, il fut réglé que l'Institut les nommerait, mais qu'il en prendrait deux dans chaque classe. Il n'y eut pas grand zèle pour accepter ces missions lointaines. Camus, qui était toujours prôt pour toutes les besognes, se fit désigner par la troisième classe; mais il ne voyagea qu'en France et en Belgique. Le seul voyageur dont les annales de la seconde classe mentionnent les services est Dupont de Nemours. Il avait eu toute sa vie un besoin de locomotion qui ne l'abandonna pas dans sa vieillesse, et une curiosité qui ne dédaignait rien et passait sans cesse d'un sujet à l'autre. Il trouvait le moyen de ramener tout à l'économie politique, comme les chasseurs et les pêcheurs qui arrivent de tous les points de l'horizon versent les produits de leur chasse et de leur pêche entre les mains du cuisinier. Malgré son âge, il voulut être un des missionnaires de la science, et partit pour l'Amérique où il ne resta pas moins de deux ans. Il était encore en rade en vue des côtes de France, qu'il écrivait déjà ses impressions à la classe des sciences morales. Ses communications furent incessantes. L'agriculture et l'organisation de la richesse le préoccupaient sans doute avant toutes

choses ; mais il étudiait les côtes en navigateur, la division des États en géographe ; il se préoccupait même du cours des rentes; il envoyait des mémoires à la première classe, et des plantes au jardin d'histoire naturelle.

Il avait visité à la Guyane avec un vif intérêt un jardin botanique et zoologique que nous y avions établi. Il écrivit de là que, pour tirer de cet établissement tout le bénéfice qu'il pouvait donner, il ferait à propos d'en fonder un à Paris, qui correspondrait avec celui d'Amérique et avec des jardins semblables qui pourraient être installés dans nos colonies, notamment avec le jardin de Montplaisir que Poivre avait fondé à l'île Bourbon ; qu'on réunirait à Paris tous les animaux et toutes les plantes nécessaires aux études des naturalistes, et qu'en même temps on s'efTorcerait de conserver et de développer tout ce qui s'accommoderait à notre climat et à nos besoins. C'était l'idée d'un jardin d'acclimatation. Il ne paraît pas qu'on y ait donné une suite quelconque à cette époque. On se contenta de créer une commission qui ne créa rien.

Un matin, le A novembre 1793, Geoffroy Saint- Hilaire se livrait dans son cabinet à quelques recherches d'histoire naturelle, lorsqu'on vient le

prévenir qu'un ours blanc, une panthère, et d'autres animaux l'attendent aux portes du Muséum. Un instant après arrive une nouvelle caravane, composée d'un second ours blanc et de deux mandrilles, et suivie bientôt d'un troisième convoi contenant un chat tigre, deux aigles et d'autres oiseaux. C'était l'administration de la police qui envoyait tous ces animaux; elle avait décidé la veille qu'à l'avenir nulle exhibition d'animaux vivants ne serait admise dans Paris, et ces trois envois étaient simplement trois ménageries ambulantes saisies par ses ordres, données par elle au Muséum, et qu'accompagnaient leurs propriétaires. Geoffroy Saint-Hilaire fit ranger les cages à la suite l'une de l'autre sous ses fenêtres, et retint les propriétaires comme gardiens jusqu'à ce qu'on les eût indemnisés. Lakanal obtint de la Convention la construction de quelques loges*. Telle est l'origine plus que modeste de notre jardin zoologique. Les avis du voyageur de Plnstitut n'y furent pour rien.

On ne donna même pas suite aux conseils de

1. ViCf doctrine et travaux de Geoffroy Saitit-HUaire par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Paris, 1&47. —Despois, Le vandalisme révolutionnaire f p. 98 et suiv.

m UNE ACADÉMIE SOUS LE DIRECTOIRE.

Dupont de Nemours pour l'amélioration du muséum d'histoire naturelle. On avait alors de grandes idées, et j'admets volontiers que la création de ces missionnaires de la civilisation en était une; mais on n'avait pas de constance et de ténacité dans l'application. On semait sans cultiver. C'est la police, ce n'est pas Dupont de Nemours qui a formé le noyau de notre collection de zoologie.

Le Jardin zoologique , qu'on avait si singulièrement réorganisé, en 4795, en achetant leur matériel à des montreurs de ménageries, et le Jardin des plantes,négligé mais non détruit pendantlaTerreur, continuèrent à s'enrichir par des achats et des dons volontaires, sans entrer dans les idées d'appropriation aux usages de la vie matérielle que Dupont de Nemours avait suggérées, et qui n'ont été appliquées en grand que depuis un tiers de siècle.

Dupont de Nemours, Bernardin de Saint-Pierre, Volney, Fleurieu, Bougainville et d'autres grands voyageurs, avaient conçu la pensée de fonder « un cabinet de l'Institut ». On avait, après beaucoup de démarches et de peines, obtenu une bibliothèque, qui était l'ancienne bibliothèque de la Ville. On se disait qu'un grand corps composé de plus de trois cents membres, parmi lesquels il y avait beaucoup

do riches, beaucoup de collectionneurs, et qui avait des associés dans tous les départements de la France, vingt-quatre associés au dehors, de nombreux voyageurs à ses ordres, finirait, avec de la persévérance et une bonne classification, par se créer un cabinet de premier ordre. L'entreprise fut commencée; elle n'aboutit pas, parce que c'est surtout pour des entreprises de ce genre qu'il faut un agent durable, actif, autorisé. Rien ne se fait qu'avec des hommes. 11 faut d'ailleurs convenir que plusieurs de nos grands établissements ont des cabinets analogues, où il est naturel de concentrer les ressources. La bibliothèque du Jardin des plantes ne nuit pas à celle de l'Institut, mais il suffit peut-être d'un seul cabinet. Une édition est le contraire d'une collection.

IL Patronages. — Il en fut des patronages comme des élections. En principe, c'était l'Institut qui était le patron ; en réalité, c'était la classe, ou même la section compétente. Par exemple, l'Institut ne se bornait pas à nommer les vingt inspecteurs de l'agriculture; il devait leur donner des instructions, correspondre avec eux, recevoir communication de leurs idées, les discuter, les publier au besoin ; en un mot, exercer à leur égard un véritable patro-

nage. On juge ce qu'aurait été le patronage si les cent quarante-quatre résidents elles cent quarantequatre non résidents rayaient exercé tous à la fois, et si les peintres, les comédiens et les métaphysiciens y avaient coopéré. La troisième classe ne s'en occupa jamais; la première classe très rarement, et toujours par l'intermédiaire de sa dixième section (économie rurale et art vétérinaire). Au contraire, l'Académie des sciences morales entretint avec les voyageurs pour l'agriculture une correspondance suivie; c'était une des occupations habituelles de la section d'économie politique, de Dupont de Nemours, quand il était en France, de Rœderer, qui ne manquait jamais une occasion de s'instruire ni une occasion de se mêler, et de quelques membres étrangers à la question, mais fort préoccupés du travail national, comme Baudin (des Ardennes) et Creuzé - Latouche, ou comme Grégoire, qui se souvenait du temps où il était curé de campagne et professeur d'agriculture pour ses paroissiens.

On ne voit pas que la seconde classe se soit beaucoup occupée des écoles centrales, qui étaient bien de son domaine. Elle s'en reposait sur Ginguené, à la fois membre de la classe et directeur de l'instruction publique. En général, le patronage de

l'Institut sur les grandes écoles fut presque nul dans la pratique, si Ton excepte TÉcole de Rome et le Conservatoire de musique.

Le Conservatoire annonça sa constitution par une lettre qui fut lue à la seconde classe le 17 brumaire an V. Depuis cette époque, l'Institut ne cessa de se tenir en rapport avec lui, de lui donner des encouragements et des conseils, et d'assister à ses exercices publics. Une commission mixte fut nommée le 46 frimaire an VII pour préparer un règlement officiel sur les rapports du Conservatoire et de l'Institut. La première et la seconde classe ne participaient à ces différents actes que pour obéir au règlement, et l'action de rinstitut sur le Conservatoire était exercée par Méhul, Grétry et Gossec.

A l'exemple du Conservatoire de musique, la Société d'encouragement à l'industrie écrit à la seconde classe, le 2 nivôse an X, pour lui annoncer qu'elle est constituée, et qu'elle compte sur son appui et ses lumières. La lettre est de Chaptal. La Société, qui a près d'un siècle, n'a eu jusqu'ici que trois présidents : Chaptal, Thénard et Dumas. Ce sont trois membres illustres de l'Académie des sciences. Elle aurait pu être présidée, avec une compétence

différente, mais aussi précieuse pour elle, par Dupont de Nemours, Rœderer, Michel Chevalier, Léonce de Lavergne, Hippolyte Passy, Charles Dupin.

m. Publications. — Les publications faites par rinstitut, ou sous sa direction , étaient en grand nombre, et, toutes ou presque toutes, d'une importance de premier ordre.

Les unes étaient imposées à l'Institut par son règlement qui, on se le rappelle, avait force de loi. De ce nombre étaient la description des arts commencée par l'ancienne Académie des sciences, et l'extrait des manuscrits des bibliothèques nationales commencé par l'Académie des inscriptions et belles lettres.

11 s'était lui-même imposé les autres par un arrêté du 15 floréal an IV.

Cet arrêté prescrivait la continuation des historiens de France, collection commencée par D. Bouquet ; celle des chartes et diplômes, commencée par de Bréquigny, et celle des ordonnances du Louvre, commencée par Secousse. On résolut aussi, après quelques hésitations, de reprendre la publication du Dictionnaire de l'Académie française.

Deux commissions furent nommées : Tune pour

les extraits des manuscrits et les descriptions des arts ; elle était formée de commissaires pris dans les' trois classes.

L'autre, pour les grandes collections historiques et diplomatiques, ne comprenait que des membres de la seconde classe et de la troisième. Elle était composée de duTheil, Dupuis,Langlès,Ameilhon et Camus pour la troisième classe ; de Dacier, Lévesque, de Lisle de Sales et Grégoire pour la seconde. Il fut question dans cette commission de se charger encore de plusieurs autres fardeaux, de la Gailia Christiana^ de la collection des Conciles de France^ commencée par Labat, et du recueil des JBollandistes, Acta Sanctorum. Étant données les idées du temps, on comprend qu'on n'ait pas poussé la Gallia Christiania, C'est seulement en d856 qu'un bénédictin qui n'avait ni la foi, ni l'habit de ses prédécesseurs, mais qui en avait la science et l'infatigable activité, la reprit au point où l'ancienne Académie l'avait laissée ^ La commission nommée par l'Institut en l'an IV, tout en réservant l'avenir, comprit qu'il fallait d'abord concentrer ses forces, s'accoutumer au travail, et circonscrire

1. M. Barthélémy Hauréâu, membre de Tacadémie des inscriplions et belles-lettres.

Sa tâche > pour arriver à produire sans retard. La seule Collection des Ordonnances aurait suffi au zèle et au talent de toute une Académie. Toutes les personnes qui ont étudié dans leur source le droit public et privé des Français savent quel est, pour les publicistes, le prix de la Collection des Ordonnances, dite du Louvre parce que c'était au Louvre qu'elle s'imprimait. Baluze avait recueilli les capitulaires des rois de la première et de la seconde race ; Secousse et après lui Laurière entreprirent de rassembler les ordon*. nances des rois de la troisième. Ce travail passa ensuite aux mains de Yillevaut, puis de Bréquigny, membre de l'Académie française et de rAcadémie des inscriptions qui, à sa mort, avait publié le X1V« volume, et conduit la série des ordonnances imprimées jusqu'au règne de Charles YII. Il laissait à du Theil cent pages du quinzième volume déjà imprimées, et des matériaux pour la suite. Ce même du Theil, devenu membre de la nouvelle commission en l'an IV, s'occupa surtout de la collection des chartes et diplômes. Pastoret, de la seconde classe, et Camus, delà troisième, furent chargés de continuer la publication des ordonnances. Pastoret fut rayé des cadres de l'Institut au 18 fruc-

tidor, mais il y rentra peu de temps après, et reprit son travail conjointement avec Camus. L'intention de la commission était de continuer jusqu'au règne de François 1". Ce plan a été exécuté de point en point, et la collection est maintenant complète en vingt et un volumes, qui s'arrêtent au mois de novembre 1514, à la fin de Louis Xli. On a pensé qu'à partir de François I" les ordonnances étaient écrites dans un style plus intelligible et conservées par l'impression ; qu'il suffirait en conséquence de publier des tables qui en indiqueraient la date et renverraient aux recueils où on pourrait les trouver. Ce qui surtout a déterminé l'Académie des inscriptions à terminer son travail à cette date, c'est qu'on entre avec François P' dans le monde moderne, qui n'est plus de son domaine.

La raison qui a décidé l'Académie historique à s'arrêter, a poussé au contraire l'Académie philosophique à poursuivre la collection, ou plutôt à publier une collection nouvelle qui, de François P' ira jusqu'à 1789, et sera en même temps la conclusion de l'histoire de la jurisprudence de nos rois, et l'introduction à la législation sortie de la Révolution française. Le grand travail entrepris en 1783 par l'Académie des sciences morales et poli-

tiques est digne d'une Académie vouée surtout aux études sociales et philosophiques, et qui renferme dans son sein une section d'histoire et une section de jurisprudence.

La publication des notices et manuscrits de nos bibliothèques nationales était une entreprise toute récente, à l'époque où l'Académie des inscriptions fut supprimée. De nombreux manuscrits grecs, rapportés d'Orient dans la première moitié du xviir siècle *, avaient été catalogués par Michel Fourmont, Montfaucon, Melot, Capperonnier, qui s'étaient bornés à une nomenclature, sans extraits ni analyses. L'Académie n'eut pas de peine à démontrer qu'il y avait là un service important à rendre à tous les érudits, et elle fut chargée de ce travail par une ordonnance royale du 22 décembre 4784. La commission, nommée aussitôt, fut composée de Dupuy, Barthélémy, Garnier et Rochefort. Elle décida que le recueil se composerait de trois parties comprenant, la première, les manuscrits grecs et latins, la seconde, les manuscrits orientaux, et la troisième, les manuscrits français et du moyen

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