‹ Une académie sous le DirectoireChapitre 6 sur 54 · Palissot, dans la Chronique de Paris, du 1" août · texte numérisé non relu

Palissot, dans la Chronique de Paris, du 1" août

longtemps hésité. Son hésitation se trahissait par des démarches et des décrets contradictoires. Un décret rendu le 13 novembre 1792 avait défendu à toutes les académies de nommer aux places vacantes dans leur sein. On a remarqué que, le jour même où ce décret, avant-coureur du décret de suppression, avait été rendu, une députation de l'Académie des sciences s'était présentée à la barre pour rendre compte de l'état des travaux sur le système métrique. Elle avait été félicitée par le président. Le 17 mai 1793, l'Assemblée, toujours partagée entre sa sympathie pour l'Académie des sciences et sa haine pour les académies en général, avait, par un décret spécial, levé l'interdiction de pourvoir aux places vacantes, mais pour l'Académie des sciences seulement. Le 6 août 1793 elle avait encore consulté l'Académie des sciences pour savoir quel avantage il y aurait à porter le titre des pièces d'or et d'argent de la République au dernier degré de fin. Deux jours après, le 8 aoû t 1793, elle met un terme à ces longs débats et à ses propres fluctuations, en abolissant toutes les académies*. Le décret fut assez conforme à la propo-

1. L*Âcadémie française avait eu sa dernière réunion le 5 août.

sition faite par Mirabeau à l'Assemblée Constituante, avec cette différence que la création d'une société nouvelle n'était plus qu'une promesse toute platonique. Il fut rendu sur le rapport de ce même Grégoire qui avait défendu les académies devant la Constituante en 1790 s et qui contribua puissamment, en 1795, à les rétablir. Grégoire déclarait, dans son rapport, présenté au nom de la commission d'instruction publique, que les académies étaient inutiles. On lui a reproché, à cette occasion, une versatilité dont on ne trouverait pas d'autre exemple dans sa longue carrière*. M. Despois remarque, avec raison, qu'au moins il ne taxait pas d'inutilité l'Académie des sciences ; qu'il avait soin, dans ce même rapport, d'énumérer les services qu'elle ne cessait de rendre, et qu'en outre, le décret présenté par lui était plutôt un décret de réorganisation qu'un décret de suppression, car l'article 8 chargeait expressément le comité d'instruction publique de préparer l'organisation d'une Académie nouvelle 3. Il ne faut pas trop insister sur cet arti-

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