‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 2)Chapitre 11 sur 129 · SÉANCE DU 4 AOUT · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 4 AOUT

Priêidincedeli. Planchbiiault.

Le procès-verbal de la séance de juillet étant lu et adopté, il est procédé au dépouillement de la correspondanceet au récolement des ouvrages et publications diverses reçus pendant le mois qui vient de s'écouler, après quoi Ton passe aux lectures annoncées dans Tordre du jour.

M. le docteur Dumont prend alors la parole au nom de la commission chargée de Texamen d'un mémoire de M. Guittet sur la Morve du cheval et sur sa transmission à rhomme.

Il fait ressortir l'importance pratique et l'intérêt scientifique de ce travail, si complet sous tous les rap-

ports, qui vient coûter des fttiis nouveaux à Tappui de la doctrine de Tinoculation à rhorome d^uoe maladie jusqu'ici regardée comme mortelle, mais pour laquelle I*auleur indique un mode de traitement qu'il a expérimenté sur lui-même avec un succès qui pour cela môme n'est pas contestable.

M. Guittet décrit en observateur exact et en physiologiste exercé les phases d'inoculation et de développement de la maladie dans l'espèce chevaline, et invoque avec énergie la répression de l'empirisme sous l'influence duquel se perpétue et tend de plus en plus è se r^[Nmdre cette affection contagieuse, le plus redoutable fléau des pays d'élève. M. le docteur Dumont s'associe pleinement à la pensée de l'auteur, et croit devoir émettre le vœu que dans le double intérêt de la santé publique et de la sécurité du commerce, des vétérinaires soient chargés par l'autorité, dans les villes où se tiennent les foires et marchés les plus considérables, de la police des animaux domestiques, avec mission spéciale. de rechercher et faire saisir tous les animaux atteints de maladies contagieuses comme de provoquer au besoin des poursuites contre les détenteurs.

Une discussion s'engage sur ce dernier point, à la suite de laquelle l'assemblée déclare se réunir unanimement au vœu exprimé par l'honorable rapporteur. L'institution d'agents-vétérinaires, chargés de cette partie de la police sanitaire, ne serait d'ailleurs, ainsi que le fait observer le secrétaire-général, une innovation que pour nos contrées, car depuis un temps immémorial elle est en vigueur dans l'est et le nord-est de la France, oix elle sauvegarde efficacement les intérêts

de Tagriculture et ceux du commeroe contre Tintro* ductioo sur les marchés d'animaux malades qui pourraient venir des pays allemands, et assure ainsi en même temps la sécurité des transactions et la protection due à la santé publique.

Un membre, qui partage entièrement Topinion émise sur Turgence de la création d*agents-administratib vétérinaires, croit devoir exprimer le regret de ce que déjà à plusieurs reprises des idées également utiles et dont Tapplication paraissait de môme facile et opportune, après avoir surgi au sein de notre société, n*en ont pas franchi Tenceinte et y sont restées comme étouffées, n demande donc s*il ne serait pas possible de faire en sorte qu'elles se produisissent utilement au dehors , et surtout qu'elles fussent soumises à Tattentien des autorités qui seules peuvent les faire passer du domaine de la ttiéorie dans la pratique.

Sans doute il ne. se dissimule pas tout ce que rintervention de la Société peut avoir de délicat et exiger de discrétion et de réserve pour que les convenances demeurent toujours respectées, mais sous ce rapport il s'en remet volontiers à la prudence du bureau qui saura concilier le profond respect qu'aura toujours la Société au regard de l'initiative et de l'indépendance de Taction administrative, avec la mission qui lui est impartie comme société savante, de porter la lumière sur les faits qui entrent dans le cercle de ses études et de signaler les besoins locaux qui peuvent être méconnus.

L'assemblée, après avoir entendu ces observations, décide en conséquence • 1^ qu'il sera fait mention au procès- verbal du vœu exprimé au nom de la Commis-

sion pour qu*il soit créé une police vétérioaire r^lièrement exercée dans tous les centres de population du département où se font périodiquement des agglo* mérations considérables d'animaux domestiques ; 2* qu'extrait de cette partie du procès-verbal sera adressé à M. le Préfet et à M. le Maire d*Angers.

L'assemblée vote le renvoi devant le comité de rédaction du rapport de M. le docteur Dumont et du mémoire qui en est robjet.

M. le président de la section des sciences physiques et naturelles présente une notice raisonnée et critique sur un second envoi de plantes de Corse que lui a adressé M. E. Revelière, membre correspondant, envoi qui ne comprend pas moins de 240 espèces recueillies aux environs d'AuUeoe en 1857.

Il fait précéder la lecture de ce travail par des détails intéressants sur le résultat des recherches que poursuit M. Revelière. Il signale plusieurs espèces nouvelles pour la science et un certain nombre d*autres qui n'ayant encore été observées qu'en Algérie, en Calabre et en Andalousie, présentent également un contingent inattendu pour la flore française. Nous ferons observer k cet égard que les découvertes de M. E. Revelière viennent ^jouter quelques données à la solution du problème des origines multiples si agité par la science moderne et qui tendrait à reconnaître des centres particuliers de création dans la plupart des grandes lies éloignées des continents, problème pour lequel le savant Morelet vient tout récemment aussi d'apporter de nouveaux matériaux puisés dans ses études sur les mollusques terrestres et fluviatiles des lies Açores, Madère et Canaries.

Cette deuxième notice prendra place dans le qua-

trième volume des mémoires de la Société consacré exclusivement aux sciences physiques et naturelles. Des remerciements et des félicitations seront ^dressés à M. E. Revelière au nom de la Société.

Le secrétaire-général donne lecture d*une étude de M. Gidel, membre titulaire non résidant, iur ta Pohie française au xiv* siède, personnifiée en quelque sorte danstroisde ses types les plus tranchés: EustacheDes«

champs, Olivier Basseiin et Charles d*Orléans

Eustache Deschamps, le magistrat austère, le guerrier intrépide, rhomme aux pensers élevés, à Tindignation vertueuse, aux aspirations généreuses, à la critique ingénieuse et parfois hardie, toujours à la parole rude et mâle comme sa nature Olivier Basseiin, l'épicurien de has-étage, sacrifiant joyeusement et exclusi* vement aux plaisirs faciles et aux jouissances maté* rielles, paresseux avec délices comme Figaro, pensant aussi avec lui que l'ivresse du peuple est surtout la bonne, cherchant donc ses inspirations entre son pot et son verre; poètedu sans-gène, du laisser-aller et de Tinsouciance en toute chose, et,ce qui le distingue entre tous, la première expression poétique de cette sorte de gaieté folle et spirituelle, saine et vive^ leste et franche, qui par-dessus toute autre a la prétention de s'appeler la gaieté française, etquii dans ces tempsd'oragescivils et de calamités générales, semblait seule pouvoir provoquer h Toubli de tout ce qui afOigeait, dans les classes roturières surtout où les images de Tambition et des honneurs n'éblouissaient pas lesyeux, tous ceux qui sentaient encore battre en eux un cœur généreux au spectacle navrant de la patrie en deuil.

Après Tanalyse piquante que donne M. Gidel des poésies bacchiques de maître Olivier Bauelin, le joyeux

el malin foulon du Val de Vire, qui pourrait s*étonner de le yoir lui aussi, saluer ce poète comme le père du yaudeyille.

G*est après ces deux personnages que notre auteur vient nous montrer Charles d*Orléans, mais peut-être en le jugeant avec un peu de sévérité, car s*il fut moins heureusement doué que Deschamps sous le rapport de rinspiration poétique, de la variété, de Télévation et de l'énergie de la pensée, ainsi que de la pro* fondeur du sentiment ; s'il n*eut ni la verve, ni la firanche gaieté, ni Tentralnement, ni la spirituelle malice de Basselin, on ne peut non plus méconnaître que son initiation aux secrets et aux allures de la poésie italienne et queTimitation involontaire ou recherchée qu'il en a faite, n'ait donné chez lui à la forme poétique un certain degré de poli et de perfection, une certaine élégance dans l'expression et dansTenchainemen t des idées, qui était dès lors un pas considérable fait au devant du moment où la poésie fkrauçaise allait avoir aussi ses règles propres, son caractère défini et sa marche assurée. Hfttons-nous toutefois de reconnaître que si notre honorable confrère peut paraître quelque peu sévère, il est resté juste envers le Prince-poète dans son appréciation des qualités aimables qui distinguaient ses vers.

L'assemblée consultée par le président renvoie le mémoire de M. Gidel au comité de rédaction.

Après qum Tordre du jour étant épuisé, la séance est levée et la réunion de la Société ^journée au mois de novembre prochain.

Le secritaire-giniral,

T.-G. BtiRAUD.

SÉANCE DU iO NOVEMBRE 1858.

Priridenee de M. Planchbiiault.

Lecture est donnée du procès ?erbal de la dernière séance.

L^archiviste présente les publications adressées à la Société, parmi lesquelles on remarque les collections complètes des Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, où se trouvent des travaux d'un grand intérêt sur les sciences mathématiques et physiques, ainsi que sur la botanique cryptc^amique, et celle du recueil de la Société académique de rAvejrron non moins intéressant sous le rapport de la géologie et de Tarchéologie.

Le Secrétaire-général donne commuqtcation d*une lettre reçue de M. le Secrétaire de la Cammissian de la Topographie des Gauks, instituée près du Ministre de Tinstruction publique, annonçant que le mémoire publié par M. Béraud en 1846 et qui , dans les foits nouveaux qu*il a constatés et interprétés, a été déjà pris pour point de départ ou de repère par MM. Matty de la Tour, Bizieux et Faye, dans leurs travaux spéciaux sur le tracé des voies romaines de TOuest, doit aussi servir de base aux études de cette Commission.

R fait en outre connaître que la Commission des Sociétés savantes près du même ministère a accordé une attention toute particulière aux travaux scientifiques et littéraires que renferment les deux premiers volumes du Mémoire de notre Société, les seuls qui lui aient encore été soumis. Le Rapporteur leur a consa-

cré an long compte-rendu dans lequel il s^est occupé d*une façon spéciale du Mémoire de M. Béraud sur les causes accidentelles de la mortalité des arbres des promenades publiques. Il déclare adopter les opinions émises par Tauteur du Mémoire.

Le Président présente au nom du bureau comme candidats au titre de membre titulaire, MM. Lebreton, Dugué» propriétaire, ancien notaire à Saint-Rémy, et Delaveau, chevalier de la Légion d*honneur, commissaire du gouyernement près le chemin de fer, résidant à Angers. Clés Messieurs sont reçus à Funanimité.

M. le docteur Ridard se fait remplacer par le Secrétaire-général dans la lecture de son mémoire intitulé : La médecine préventive.

L*auteur paraît avoir pris pour justification de cette thèse : que la science du médecin doit avant tout 8*attacher par l'application et la diffusion des préceptes d'une hygiène raisonnée, à défendre Thomme contre Tinvasion des maladies , cette considération à la fois plus générale et d'une plus haute portée : que dans le monde physique comme dans le monde moral, le mal ne peut être qu'une exception accidentelle dans Tordre naturel, et que partout où il peut tendre ainsi par une cause quelconque à se substituer à ce qui est le bien, il est à la fois plus rationnel, plus humain, et non moins méritoire et glorieux, de s'attacher tout d'abord à rechercher les causes perturbatrices de l'harmonie générale, afin d'en prévenir le développement, que d'attendre dans l'inaction la manifestation du mal, dût-on môme avoir la certitude de pouvoir l'anéantir plus tard.

L'auteur qui semble vouloir poursuivre cette pensée

90118 toutes ses formes et dans toutes ses applications, éroque d*une part les souvenirs du passé pour leur demander leurs enseignements, et de Fautre interroge les faits que chaque jour ?oit naître autour de nous, pour les discuter et les apprécier avec la sagacité scrupuleuse du praticien et la sage discrétion du moraliste. Ses éludes le conduisent ainsi à cette conclusion consolante, qu*en bien des choses il peut être donné à la raison et à la science, en se prêtant un mutuel secours, d*augmenter parleur action combinée la somme du bien-être moral et matériel à laquelle il a été accordé à Thomme de pouvoir aspirer sur cette terre.

Ce morceau, qui se fait remarquer par la brillante facilité du style, la variété de la pensée, la vivadlé des faits et des aperçus, est renvoyé à la Commission de rédaction.

Le Président de la section des sciences phjrsiques et naturelles, abandonnant cette fois ses savantes communications sur la botanique firançaise et vcîulant ré« pondre au désir manifesté par Son Excdlence M. le Ministre de Tinstruction publique, que la Société académique ne cessât de coopérer par ses travaux à rélucidation des questions qui se rattachent à la topographie des Gaules, s*est efforcé en réunissant e^ étudiant de nouvean, des matériaux dès longtemps par recueillis au cours de ses explorations scientifiques, de porter la lumière sur un point capital de Tancienne géographie des Andes resté jusqu*ici d*autant pi us obscur que plus d*opinions s*étaient produites à cet égard pour se combattre mutuellement et avec des avantages souvent partagés.

Après avoir discuté avec autant d'impartialité que de précision , les hjrpothèses qui ont été successivement présentées sur la position de la station RoMea, et dont il n'en est aucune de complètement satisfaisante smt sous le rapport de Tétymologie, soit au point de vue de la conciliation des distances admises entre Robrica et les capitales des Andes, des Turones et des Bituriges, Tauteur expose les motife qui militent en faveur de la position nouvelle, qu'à son tour il vient assigner à Robrica, et qui correspond avec une exactitude matiiématique, aux^ indications en lieues gauloises, données par la carte de Peutinger, pourladistancede Robrica, aux stations de la voiede la Touraine et du Berry. L'étymologie empruntée aux racines celtiques comme celle de beaucoup de lieux de la période gallo-romaine , conviendrait alors à l'emplacement qu'eût occupé la station, à Saumur, avec un passage fortifié sur le Ttiouet, endroit où s'observent des restes d'un pont, des ruines, des débris antiques de diverses natures qui attestent suffisamment qu'il existait là un établissement qui dut être considérable. Ces preuves, en quelque sorte matérielles, sont corroborées par des considérations politiques et stratégiques d'un ordre élevé, et de nature à justifier le choix que les Romains avaient dû faire ainsi de Saumur avec cet avant-poste fortifié sur le Thouet, pour y établir une station militaire importante, à une distance convenable du grand camp d'Angers et de manière à pouvoir surveiller à leur jonction les grandes voies qui pénétraient au centre de toutes les provinces environnantes, pour de là traverser la France jusqu'à ses firent ières de terre et de mer.

Un tel ensemble de motifs donne donc à Tbypothèse produite aijuourd'hui un caractère de probabilité qui doit paraître d'autant plus suffisant pour lui obtenir la préférence, que Ton ne peut plus guère espérer d*6tre jamais complètement fixé à ce si^get par des preuves directes.

La Société renvoie ce travail d*un haut intérêt devant le comité de rédaction.

La Commission chargée d^élaborer un questionnaire départemental sur la rage^ n*ayant pas encore terminé son travail, la Société en prend occasion de lui a(yoindre deux autres membres^ et déâgne à cet effet MM. les docteurs Thouet et Ridard. M. Victor Ch&tel fait observer que la Société protectrice des animaux, qui a été saisie postérieurement à la nôtre de la même question, a aussi reconnu Futilité d*un questionnaire constituant une enquête permanente pour recueillir des observations sur la maladie de la rage, etc.

M. Guittet fait connaître à la Société les résultats qu*il a obtenus dans la culture du chanvre de l'emploi avant leur dessication des matières fécales. Il a fumé ainsi un terrain jusqu'alors improductif et dont la stérilité naturelle ne semblait pas pouvoir promettre une amélioration quelconque; mais bien que cette expérience eût été tedte dans les circonstances défavorables d*une sécheresse et d'une chaleur excessives, elle n'en a pas moins réussi. M. Guittet présente comme échantillon, unebotte de chanvre remarquable par la vigueur de la végétation, la finesse et l'égalité du brin, et qui n'a pas moins de 3 mètres 33 centimètres de hauteur.

Un membre fait remarquer que l'agriculture de

Flandre qui, depuis un temps immémorial, applique celte sorte d'engrais à la culture des plantes oléagineuses remploie préférablement, et on peut môme dire exclusivement a Tétat frais, ayant reconnu qu'ainsi que renseigne la théorie, il perd par Tévaporation du gaz, dans sa dessication et cela dans une énorme proportion, son action fertilisante. C'est aussi sous la même forme que dans la plaine de Nîmes, où sont les plus vieux et les plue beaux oliviers de la Provence, cet engrais est employé à la culture de cet arbre dont il développe au plus haut point la vigueur et la fertilité. L'ordre du jour se trouvant épuisé la séance est levée.

Le Secrétatre-général^

T.-C. BÉRAOD.

SËANCE DU 8 DÉCEMBRE 1858.

Le Secrétaire général donne lecture du procès-verbal de la séance de novembre dernier qui est approuvé.

H. l'Archiviste présente les publications adressées par la Société smilhsonnienne de Washington et par les académies de Bruxelles , Lille , et les Sociétés savantes de Cherbourg, Rhodez, etc.

H. l'Archiviste, qui a fait un examen approfondi des trois volumes publiés au cours de la présente année par l'Académie royale de Bruxelles, en signale brièvement les principaux mémoires, et particulièrement

ceul qui se rapportent aux études spéciales de plusieurs membres de la Société.

Le Président appelle Tattention de rassemblée sur une exposition d'ignames provenant des tubercules distribués par la Société. On remarque surtout celles qui ont été récoltées par M. Cbeux, dans sa culture de la Baumelte, près Angers. Ces ignames ont été plantées avec les mêmes façons que les pommes de terre dites précoces, sauf qu'elles n'ont pas été butées et qu'elles ont été placées dans une terre de jardin meuble, légère et suffisamment ftraîcbe.

M. Yictor Chfttel qui, comme président de la section d'agriculture, avait été chargé de tout ce qui concernait riniroduclion de l'igname dans nos potagers, fait remarquer que dans ces conditions, qui n'avaient rien d'exceptionnel, elles ont cependant donné des produits qui l'emportent de beaucoup par le volume sur celui des tubercules distribués par la Société et qu'elle avait fait venir de Versailles. Ceux-ci étaient d'ailleurs fusiformes et semblables à ceux de certains dahlias, tandis que les tubercules exposés affectent une forme plus ou moins sphérique. On pourrait donc espérer qu'en persévérant dans cette culture on arriverait à obtenir des produits qui atteindraient les énormes proportions que diverses espèces d'ignames acquièrent dans l'Australie , en Chine et dans l'Amérique méridionale. Il résulte d'ailleurs des explications verbales données par plusieurs des membres qui ont tenté cette culture avec moins de succès, que s'ils ont en partie échoué c'est qu'ils ont planté dans une terre forte, argileuse, et qui a eu à souffrir d'une sécheresse prolongée.

Le Secrélaire général fait observer que cette plante, par ses feuilles cordiformes, lisses et luisantes, sa tige volubile, sa racine tuberculeuse, ressemble à s'y méprendre au Tamus communis des vieilles baies de TAnjou. Ne pourrait-on pas induire de cette analogie que rigname demanderait aussi un sol léger, substantiel, formé de détritus de végétaux, un peu humide et garanti des ardeurs solaires, tel que le cboisit exclusivement son sosie végétal? Ce sont d'ailleurs les conditions dans lesquelles il prospère dans la Nouvelle-Calédonie et les lies environnantes. On doit croire que les sables fins et limoneux , et les lieux abrités des lies de la vallée de Loire lui seraient particulièrement favorables.

Ce sujet élanl épuisé, rassemblée procède au renouvellement du bureau général pour 1859. Le Président rappelle que Tart. du règlement s'oppose à ce que le Président puisse être réélu avant une année d'inlervalle, et qu'ainsi la Société aura le regret de ne pouvoir conserver à sa léte H. le comte de Las Cases. M. le directeur Plancbenault, pour ce qui le concerne personnellement, fait observer qu'ayant pendant deux années remplacé le Président durant ses absences dans l'administration et la direction des travaux et des séances de la Société, il croit se conformer à l'esprit sinon à la lettre du règlement en déclinant l'honneur que ses collègues veulent lui conférer en lui confiant les fonctions de Président. Le scrutin est ouvert sur ces observations ; il maintient le Secrétaire général, l'Archiviste et le Trésorier dans leurs fonctions, et désigne M. Plancbenault comme président, et M. de Lens comme directeur. M. Plancbenault persistant dans son

refus, il esl procédé à un second tour de scrutin, et M. le docteur Dumont est alors proclamé président.

M. PlanchenauU prend la parole et propose de TOter des remerciements à M. le comte de Las Cases pour les éminents services qu'il n'a cessé de rendre à la Société en toutes les occasions où son concours a pu être utile et aussi pour les marques de générosité qu'elle en a reçues lorsque se trouvant abandonnée à ses seules ressources^ elle avait à pourvoir à Tapproprialion du local que la ville lui avait concédé. L'assemblée, par un mouvement unanime, donne son adhésion à cette proposition, et sur la demande d'un de ses membres déclare comprendre dans la même manifestation de gratitude les autres membres du bureau, qui, pendant deux années et lorsqu'ils avaient à subir toutes les difficultés inhérentes à la création et à la constitution d*un corps savant, ont, selon la mesure de leurs forces et de leurs fonctions, coopéré aux mesures qui ont donné à notre Société une place désormais aussi bien assurée que distinguée parmi ses émules.

Le bureau, en raison de l'extension qu'acquiert chaque jour la collection de minéralogie départementale et aussi des détails de la correspondance et des écritures, propose à la Société de pourvoir à la nomination d'un secrétaire-bibliothécaire chargé des collections en exécution de l'art. du règlement. M. Henière , le créateur de notre collection minéralogique, voulant bien accepter ces fonctions gratuites, est présenté par le bureau et admis à l'unanimité. Cette place n'est pas astreinte à une réélection annuelle.

L'ordre du jour indiquait deux lectures.

M. Bouché présenle le manuscrit d'un nouveau syslème de tables de logarithmes à cinq décimales, précédé d*une notice explicative. Plusieurs noembres, bien capables d*apprécier ce travail et qui en ont pris connaissance, prennent la parole pour attester son mérite et son utilité. Toutefois, à raison de cette importance scientifique même et de son caractère particulier, comme on ne peut guère en donner une lecture qui ne pourrait le faire suffisamment apprécier que d*un trop petit nombre d'auditeurs , le Bureau le renvoie â une Commission composée de MU.Thouvenel, Dulos et Dauban, qui est chargée d'en faire un rapport.

M. le président Plancbenault continue à entretenir la Société de ses études sur Jean Bodin, et commence Texamen du livre de la République, qui est resté la plus large et la plus solide base de la réputation du publiciste angevin , source abondante d'érudition et de pensées originales, où tant d'autres sont venus puiser, soit des idées pour les produire ou les développer comme leurs, soit les objections les plus graves qu'ils aient eu à combattre. Ce travail, tout d'analyse raisonnée et philosophique , n'est pas par cela même susceptible d'être resserré dans le cadre étroit d'un compte- rendu.

La Société déclare le renvoyer devant le Comité de rédaction, après quoi la séance est levée.

Le Secrétaire général,

T.-C. Bérâud.

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