‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 2)Chapitre 12 sur 129 · SÉANCE DU 5 JANVIER · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 5 JANVIER

Présidence de H. le docteur Dumort.

Le procès-verbal, de la séance de décembre est lu et adopté, après quoi le Secrétaire-général rappelle les noms des membres qui composent le bureau, pour Tannée 1859.

En prenant la présidence de rassemblée, M. le docleur Dumont prononce une allocution pleine de chaleur et de conviction, et dont nous regrettons de ne pouvoir donner qu'une analyse incolore. Le texte lui en était naturellement fourni par une lettre de H. le Ministre de rlostruction publique, témoignant le regret déjà plusieurs fois manifesté par Son Excellence, que les efiforts tentés par la Société académique pour conduire à une fusion des corps savants d'Angers, n'aient pas encore été couronnés de succès. La Société académique, a dit M. le Président, n'a certes pas perdu l'espoir de voir se réaliser un progrès que le temps doit infailliblement amener, et elle ne négligera aucun moyen, et ne sera arrêtée par aucun sacrifice, quel qu'il puisse être, pour en hftter l'accomplissement. Elle seule au reste peut offrir, par la généralité de son titre et l'étendue de son cadre, une place à tous les genres de spécialité^, à tous les sujets d'étude : fidèle aux espérances sous l'empire desquelles elle s*est fondée, elle n'a cessé et ne cessera pas de marcher dans la voie de conciliation qu'elle avait ouverte, n'arborant aucun drapeau, ne cherchant à se recruter

dans aucun sens exclusif, el faisant appel à tous les hommes honorables sans distinction de couleur et de secte. C*est cette ampleur de vues qui Ta soutenue au milieu des difBcullés inhérentes à toute oiganisatien naissante; c*est à cette sagesse qu'elle a dû de pouvoir produire en moins de ses deux années d'existence, des travaux importants et variés qui pour rétendue et rintérèt ne redoutent la comparaison avec ceux d'aucune autre association analogue, et qui lui ont valu la sympathie et les encouragemenls du Gouvernement dont elle secondera toujours les vues élevées. Que la Société académique devienne donc pour ce département un foyer de lumière; que les jeunes littérateurs qu'elle compte en grand nombre dans ses rangs ne craignent pas de s'avancer dans la lice où les ont précédés leurs aînés, ils y trouveront plus d'un motif de louable émulation, et un moyen facile de se livrer aux nobles spéculations de l'intelligence.

H. Dumont termine son allocution en adressant au nom de la Société des remerciements à M. le comte de Las Cases etàH. Planchenault, qui dans leurs fonctions de Président et de Directeur, ont mis un zèle constant à aider à son organisation, à lui conquérir le rang qu'elle occupe, et à diriger ses travaux, en y prenant une part plus ou moins active et personnelle.

Le Secrétaire-général présente quelques observations sur la nécessité pour la Société d'adopter comme toutes les autres Sociétés savantes, un cachet qui puisse servir d'estampille pour la correspondance et la bibliothèque. On a proposé une devise qui paraîtrait uiieux qu'aucune autre caractériser l'association :

Diversa $ed una. L^assemblée adopte celte propoiitton du bureau pour le choix de la devise.

M. le professeur Bouché présente la première partie d'un mémoiresurrattrac^tonmol^cttlatreet eu donne lecture. Cherchant depuis longtemps parrobservation et parle calcul les formules des lois qui régissent rat(rac- (ton muludle des particules gazeuses, et jugeant qu'elles ne doivent être qu'une manifestation particulière d'une loi plus générale et commune à tous les phénomènes de l'attraction, il a voulu déterminer le lien commun qui existe entre ces manifestations de Vattraction dans les deux intervalles gazeux et planétaire, pour en induire la formule de cette loi unique.

Cette partie du travail de M. Bouché qui en contient tous les prolégomènes et qui n'est pas d'ailleurs susceptible d'analyse, est renvoyée devant le comité de rédaction.

M. Thouvenel lit un rapport sur un recueil de gravures publié sous ce titre : Ttisùr de tArt, dont vient de s'enrichir la bibliothèque publique d'Angers. Il est consacré à reproduire les tableaux les plus remarquables, que les galeries étrangères sont venuesexhiber h notre Exposition universelle. Ce recueil ne concentre pas son intérêt dans la révélation pour les artistes et amateurs français de chefs d'œuvre , qu'autrement ils eussent pu ignorer, ou qu au moins ils n'eussent pas été à même de pouvoir étudier et consulter suffisamment et à tous moments, mais il joint encore à ce mérite déjà si grand , celui de reproduire par le buriaavec une incontestable perfection et une fidélité aussi intelligente que scrupuleuse, le caractère propre

à chaouoe des compositions capitates qu*il prétend ainsi illustrer.

H. Tbouvenel saisit œtte occasion pour établir un parallèle entre les productions du burin et celles de la photographie : les premières, œuvres de Tesprit et de la main d'un homme qui vient interpréter les créations d*un autre homme, tout en les dépouillant du prestige du coloris; celles-ci, reproduction fidèle, trop fidèle peut-êlre, froide et automatique de la ligne et de la forme, ainsi que des jeux de Tombre et de la lumière, et enlevant à la composition ainsi décolorée, rapetissée et circonscrite , une partie de ses effets primi ti fs sans y pouvoir rien substituer, tandis que le graveur, s*inspirant de Tespri t du modèle et appliquant toutes les ressources de son génie à lutter contre Tabsence de la couleur, parvient parfois à ajouter une valeur nouvelle à la composition originale, et à mettre mieux en relief en certaines parties le caractère que le peintre voulut primitivement imprimer à son œuvre, lorsqu'il demanda au pinceau une manifestation pour sa pensée et comme un enfantement pour le fruit de son imagination ; Fun enfin procédé matériel, aveugle et passif, comme la matière inerte, Tautre acte d'une intelligence qui veut associer une part de sa puissance créatrice à celle d'une autre intelligence, tout en lui prêtant un autre langage. Quiconque voudra étudier comparativement les tableaux de Lebrun et les gravures d'Audran , comprendra bien mieux que par nos paroles ce que nous voulons dire ici,en cherchant à expliquer ^opinion manifestée par H. Thouvenel,au regard de burin et de la photographie.

L'assemblée renvoie ce rapport qui sort du cadre

habituel des comptes-rendus au comité de rédaction. H. Plancbenault n*ayant pu assister à la séance, la lecture annoncée est renvoyée à la prochaine réunion et la séance est levée.

Le SmrHaire'généralj

T.-C. BâRiUD.

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