SÉANCE DU 2 MARS
Le Secrétaire-général donne lecture du procès-yerbal de la dernière séance qui est adopté.
Après que le dépouillement de la correspondance est terminé, M. le Président Dumont prend la parole pour rappeler la double perte que la Société vient d*éprouver au commencement de Tannée parmi ses membres titulaires. MM. Laroche, plus qu'octogénaire, docteur-médecin et longtemps chargé de la clinique des hôpitaux, chevalier de la Légion-d*Honneur, et Harion, chef de bataillon en retraite, soldat des grandes guerres de la Révolution et de TEmpire et chevalier de la Légion-d*Honneur, sont morts, à peu d'intervalle, sous le poids des ans et des longs travaux.
M. Dumont consacre à leur éloge quelques mots bien sentis, et qui caractérisent ces existences si diverses dans leur carrière, mais qui se confondent cependant par des traits communs, une même abnégation personnelle^ un désintéressement constant, un amour du devoir qui ne rendait pénible aucun sacrifice de fortune ou de repos, une pensée toujours présente d'être utile à leurs concitoyens, de servir avec dévouement leur pays, et de s*associer à tous les sentiments généreux et à toutes les aspirations qui peuvent aider aux progrès de l'humanité. Aussi la fondation de la société académique trouva-t-elle en eux des cœurs et des esprits dignes de comprendre et d'accepter le noble but qu'elle se proposait, et les vit-elle constamment suivre
a?ec un iolérfit et une assiduité qui ne 8*est pas démentie ses séances et ses autres travaux.
M. Bouclié continue la lecture de ses recherches sur l'attraction moléculaire et traite de Tintervalle gazeux. On renvoie ce travail à la commision de rédaction.
H. Hénière est chargé par M. le docteur Ouvrard de donner communication de sa notice sur une crypte antique découverte à Beauvau. Ce tombeau en maçonnerie, avec voûte à plein ceintre, renfermait un squelette entouré d*os appartenant à d'autres hommes* et près duquel avaieut été déposés des restes de charbon de bois. Ces indices doivent en faire attribuer Torigine au V* ou au vi« siècle où eut lieu Tinvasion des hommes du nord dans la Gaule chevelue, peuples qui seuls eurent Thabitude de déposer du charbon dans l'intérieur des tombeaux. Cette notice intéressante est renvoyée k la commission de rédaction.
M. le Président Planchenault, abandonnant momentanément l'analyse des œuvres de Bodin, revient sur l'époque la plus importante peut-être de sa vie politique, l'ambassade près d'Elisabeth, du duc d'Alençon dont Bodin fut à la fois le secrétaire, le confident et le conseil. Ce morceau, d'un intérêt à la fois puissant et soutenu, est renvoyé devant le comité Je rédaction.
Le trésorier. M* Janin, présente les comptes de la Société, et une commission composée de MM. Piquelin, Dulos et Bouché est chargée de les examiner.
Cette séance remplie par des lectures d'un si grand intérêt scientifique, historique, archéologique et littéraire, est dignement et agréablement terminée par une pièce de poésie pleine de charme et de sentiment de M. Dumont fils.
M. Qoris continue la lecture d'un coropte-rendu et d'une analyse des œuyres posthumes et encore inédites de M. Hiron qui s'est spécialement liyréà l'étude des poètes satjrriques latins et qui a traduit les œuvres complètes de Perse, de Juvénal, et la plus grande partie des œuvres d'Horace.