‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 3)Chapitre 28 sur 95 · PAH · texte numérisé non relu

PAH

G. DE LEENER

Chargé de eoan i l'OniveniU de Braxelln, instant à rinititnt de Sociologie SolTty.

(Couronné par la Classe des lettres et des sciences morales et politiques, dans la séance du 9 mai IdO'i.)

ToMB I. — Lettres, etc.

Concours de l'année 1904. — Sciences morales et politiques.

Première question : « Étudier le rôle des trusts dans Torganisation économique actuelle ».

INTRODUCTION

Nous nous proposons de répondre par ce mémoire à la question : « Étudier le rôle des trusts dans Inorganisation économique actuelle ».

Nous croyons utile de débuter en déânissant, tels que nous les avons compris, les divers termes de la question.

L'organisation économique actuelle s*étend depuis le milieu du XIX* siècle jusqu'au temps présent; la libre concurrence y est prédominante, mais un double caractère différencie cette période de la première moitié du siècle : l'ère des grandes inventions est passée et l'industrie a pris possession des marchés mondiaux.

Nous nous bornerons à envisager le rôle des trusts dans l'organisation économique proprement dite; nous ferons donc abstraction de leur influence politique et sociale; Pour saisir leur rôle, nous distinguerons lar production, la distribution et l'emploiement.

Il nous reste à déâqir lejrust. Le langage courant en fait

soarent le terme générique de toutes les tentatives de

(Donopole industriel ou commercial. Cependant les ouvrages

^ Spéciaux appellent particulièrement du nom de trust, les

Of^anisations industrielles nées, aux États-Unis, de la fusion

des entreprises concurrentes. Les encyclopédies d'économie politique sont unanimes sur ce sens restreint (^).

Le mot trust s'explique par des raisons d'ordre historique. 11 a servi à désigner les premières fusions industrielles réalisées aux États-Unis sur le principe juridique du trust.

Pour ces diverses raisons et surtout dans un but de précision, nous appellerons donc trust, toute organisation ayant pour but la Tusion et la gestion des entreprises industrielles concurrentes sous une seule direction commerciale et technique (^).

iSotre étude se fondera principalement sur les observations faites aux États-Unis, où les trusts se sont développés beaucoup plus que partout ailleurs. Us sont restés k l'état d'exception en Europe, sans y être l'objet d'études systématiques. Nous sommes persuadé d'ailleurs répondre aussi complètement à la question qu'en étendant notre travail à l'ensemble des syndicats de producteurs. Le trust proprement dit est l'aboutissement d'une évolution dont les syndicats ne sont généralement que les premières phases; leur rôle s'affirmera donc dans le trust avec toute la force de fonctions qui, rudimentaires dans leurs premières manifestations, onC atteint leur entier développement.

(^) Cf. Uandwôrierbuch der StaaUwissenschafttn, Gorauu), Elsteb.* Lexis et LoENiNG, 2« édiu lena, 1901, vol. VII, p. 213. — Guyot et Raffalovicu, Dictionnaire du commerce, de Vindustrie et de la banque- Paris, 1901, vol. Il, p. 1565. — Say et Chailley, Nouveau dictionnaire d^économie politique. Paris, 1892, t. II, p. 1119. — Falgravb, Dictionartf ofPolitical Economy. Londres, 1901, vol. III, p. 586.

(*) M. von Halle écrit que trust signifie : « complète union à la fois financière et technique dans toute l'étendue de la production ». — to.v Halle, Trusts or industrial combinations in United States. Londres, 1899, p. 29.

Noire mémoire comprendra sept parties. La première partie sera consacrée aux moyens d*organisation des trusts; elle fera connaître les principes qui président à leur constitution.

La seconde partie aura pour objet le mécanisme de la fondation des trusts; nous y noterons comment, en dehors de leur rôle économique essentiel, ils peuvent servir à des buts de spéculation.

Les troisième, quatrième et cinquième parties comprendront Tétude des trusts aux points de vue respectifs de leur rôle dans la production, dans la distribution et dans Temploiement.

La sixième partie sera consacrée à révolution syndicale; les fonctions du trust y apparaîtront dans leur développement parallèle au progrès des syndicats industriels; les abus de ceox-ci, leurs lacunes, les détails d'organisation s'effaceront poar faire mieux ressortir les caractères fondamentaux du trust.

Une septième et dernière partie, enfln, développera nos ((inclusions. Nous y résumerons nos observations en une tendance unique, une résultante de toutes les forces mises en œuvre; nous croirons avoir ainsi dégagé le rôle des trusts dans l'organisation économique.

LE

EÔLE DES TRUSTS

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