NOMS DES TRUSTS
Tadminira àl& boine de Kew-Tork.
Goiin troUmoit
aprèi ridminon i la bMrse.
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Americao Car and Foundry. . .
American Ice .
American Mailing
American Smelting and ftefining .
American Steel Hoop. . . . American Steel and Wire . . .
American Tin Plate
Continental Tobacco . . . . .
Fédéral Steel
International Paper . . . . , International Si 1 ver . . • .
National Biscuit
National Steel
ftep. Iron and Steel ....
Union Bag and Paper . . .
U. S. Flour MiUing
40 15-16 5;^ 3-4 63 1-8 57 1-2 32 7-8 32 il-16 52 3-8 25 ia-16
Nul 4«/o.
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La concurrence entre les divers États de l:i Confédération pour la fondation ou V « incorporation » sur leur territoire des sociétés anonymes et surtout des trusts fiivorise les abus. La constitution de VUnited States Steel Corporaiioti sous les lois de l'État de New-Jersey a rapporté au trésor une recette brute de 220,000 dollars ; la taxe sur les sociétés anonymes est de 20 cents par 1,000 dollars, payables à la fondation, r/est une ressource facile pour les finances des États et l'on conçoit qu'ils cherchent à s'en assurer le bénéfice. Aussi les voit-on rivaliser de libertés dans le régime légal des sociétés anonymes. Les États de la Delaware, de la Virginie occidentale
et de New-Jersey, notamment, ont promulgué des lois les plus favorables les unes que les autres à la fondation des trusts. Pareil système n'est possible que grâce à la pratique des tramp corporations, ou, en traduction littérale, des « sociétés anonymes vagabondes ». Les Américains nomment ainsi les sociétés qui exercent leur industrie en dehors de l'État sous les lois duquel elles sont constituées. Le trust de Tacier, par exemple, a été incorporé sous les lois de New-Jersey, bien qu'il n'y possède aucun établissement industriel ou commercial. L'administration centrale du trust est à New- York ; mais il lui suflSt de tenir quelques livres de comptabilité générale dans l'État de New-Jersey.
La loi de New-Jersey ne fait aucune restriction à la surcapitalisation; pleine liberté est laissée aux promoteurs; l'émission d'obligations est illimitée; les porteurs d'actions privilégiées ont des droits beaucoup plus considérables que les porteurs d'actions ordinaires; enfin, des pouvoirs très étendus sont conférés aux administrateurs, sans responsabilité proportionnée.
Les partisans des trusts ont fait valoir que les abus financiers ^nt communs à beaucoup de sociétés anonymes; ils sont indépendants de la nature particulière des trusts. On sait dailleurs quels sont les abus auxquels donnent lieu, en Europe comme en Amérique, l'émission de nouveaux titres, la création de parts de fondateurs, la rémunération des apports et la spéculation. Le mal est tel, que dans plusieurs pays il a fallu le refréner par une législation spéciale.
Nous n'aurions donc pas soulevé dans ce mémoire ce côté de la question des trusts, si ces abus financiers ne pouvaient ^voir des conséquences générales. Le trust n'est pas une ^été anonyme quelconque; nous l'avons défini en disant V^*'\\ réunissait les entreprises concurrentes pour les fusionner ^ une société unique. Si les entreprises concurrentes perdent leur individualité, elles cessent de concurrencer entre elles. ^ trust restreint donc la libre concurrence; il tend vers le
monopole. De ce fait, les directeurs des trusts détiennent un pouvoir beaucoup plus considérable que dans les sociétés anonymes.
Nous verrons en détails le rôle des trusts dans la production, dans la distribution et dans l*emploîment. Qu'il nous suflSse ici de constater leur puissance ; l'intérêt des consommateurs, la prospérité du commerce, le bien-être de la classe ouvrière sont subordonnés à la gestion des trusts. Les abus financiers influencent nécessairement cette gestion. S'il y a surcapitalisation en dehors de toute proportion avec le profit normal des entreprises fusionnées, le choix entre deux alternatives s'imposera : ou bien les directeurs seront forcés d'accroître les bénéfices par des moyens artificiels; ou bien ils laisseront le capital-actions sans dividende, et même l'intérêt des obligations restera impayé. Dans ce cas, le crédit de l'entreprise sera atteint ou la faillite deviendra imminente. Pour relever le profit, le trust ne pourra donc disposer d'autres moyens que la hausse artificielle des prix ou la réduction excessive des prix d'achat des matières premières ou des salaires des ouvriers. Il ne peut guère être question de la diminution du prix de revient par le progrès technique; c'est un moyen trop lent et trop incertain dans des 'circonstancesaussi pressantes.
La spéculation sera d'autant plus vive que les promoteurs^ les banquiers, les directeurs et tous ceux intéressés dans I^ trust en retireront moins de profit direct. Ils chercheront un^ compensation dans la spéculation. Aussi les jeux de bourse d^ toute espèce se manifestent-ils aux États-Unis sur les titres A& nombreux trusts. Le danger de la spéculation est aggravé par* l'union intime des spéculateurs et des directeurs du trust ; souvent même les directeurs spéculent personnellement. Dans ces conditions, la gestion des trusts est souvent inspirée plus par des mobiles de spéculation que par le réel succès industriel et commercial de l'entreprise.
Nous avons ainsi résumé le mode de fondation des trusts S
nous avons fait ressortir les abus financiers et leurs consé* quehces; nous conclurons en constatant que la spéculation peut prendre dans Tadministration des trusts une prépondérance telle qu'elle étouffe leur véritable rôle industriel et commercial et leur fonction économique essentielle.