‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 3)Chapitre 49 sur 95 · CHAPITRE VI Auteur et libretto · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Auteur et libretto

L'auteur? presque toujours un inconnu, qui a tenté de rendre plus évidents les grands faits bibliques et puis s'en est allé, enseveli dans l'oubli, sans que jamais sonne, pour son nom, l'heure de la résurrection. Peut-être Tutilon est-il l'auteur du trope dramatique de Pâques; dans ce cas nous savons quelque chose de ce poète, musicien, peintre et ciseleur, très tendre ami de Radpert et Notker dans ce monastère de Saint-Gall, que nous nous plaisons à évoquer dans le lointain des IX® et X« siècles, et d'où se sont élevées quelques-unes des plus belles harmonies humaines.

Nous connaissons mieux l'intéressante figure de cet Hiiaire, auteur de plusieurs compositions dramatiques, la « Résurrection de Lazare », « le Miracle de saint Nicolas » et « l'Histoire de Daniel » qui toutes se font remarquer par la beauté du style, le rythme de leurs vers et le sens dramatique qui les anime.

Hiiaire, que l'on croit d'origine anglaise, semble avoir été le vrai type de l'étudiant au XII* siècle. Il imita son maître Abélard, encore plus dans cet art de la poésie et du chant, qui l'avait aidé à séduire Héloise, que dans les graves dissertations philosophiques qui occupaient les loisirs de la petite communauté des environs de Notgent. Pièces lyriques, satiriques et dramatiques, souvent très licencieuses, se succèdent sous la plume du folâtre clerc, qui composait une épitre farcie de

latin et de français en Thonneur du pape scolaire dont le règne était d'une semaine.

Peut-être ses petits drames furent-ils joues dans la communauté que présidait Abélard. Celle-ci fut le siège de tant de désordres qu'Abélard dut la dissoudre, et Hilaire devait être mal fondé à Ten blâmer dans l'élégie où il chante

Tort a vers nos li mes ire *.

Les auteurs du drame contenu dans le manuscrit de Kioster Engelbergâ nous sont connus aussi, mais en 1372, on était peut-être déjà moins modeste. Ce sont les deux frères Grebler et un nommé Walther Stôffacher.

Le livre que tenait en main le chantre était TOrdinaire qui décrivait les offices, mais nindiquait souvent que les premiers mots des répons et des tropes bien connus. Parfois il donnait in extenso^ sur la portée de quatre lignes, que Gui d'Arezzo avait introduite 3, la notation complète de la musique qui accompagne les phrases. Mais pour ce qui était de la mise en scène, certains de ces livres sont aussi précis qu'une pièce de Hugo ou de Dumas; c'est le cas, par exemple, pour celui de Rouen; les indications de mise en scène sont presque toujours écrites ou soulignées à l'encre rouge, et cet usage est encore observé plus tard, par exemple dans la Passion du manuscrit Didot ^, qui date du XIV« siècle.

* Harius Sepbt, Saint'Gildas de Ruis, Paris, Douniol, 1900, in-8*>, pp. 4(k> sqq.

« MoNE, p. 22, 1. 1.

» Cf. Manuscrit de la Késurreclion de Tours (XII« siècle), cité plus haut.

* Bibliothèque Nationale, n. a. fr. 4232. L'encre rouge étant le plus souvent eifacée, ce manuscrit, déjà en mauvais^état, en devient encore plus confus.

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