‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 3)Chapitre 52 sur 95 · LIVRE II i mise en scène dans le drame seml-llturglque · texte numérisé non relu

LIVRE II i mise en scène dans le drame seml-llturglque

Nous l'avons dit déjà, c'est du Jeu d'Adam qu'il 8*agira esque uniquement ici. Au milieu de l'aridité irrémédiable sans fin du théâtre du moyen âge, parmi cette stérilité des isertations tbéologiques, des lamentations, des Salutations des bouffonneries, l'historien, plein de lassitude, s'arrête comme à une iratche oasis : de Tesprit sans recherche, esque involontaire, un style pur, un rythme agréable, des uflQes de poésie qui font onduler joliment certains dialogues, e psychologie très fine, voilà tout ce qui distingue cette ^e du XII® siècle ^, de celles des siècles antérieurs et des icles suivants.

Le diable apparaît ici beaucoup plus comme un agréable lucteur, comme un don Juan infernal, que comme le onstre grimaçant qu'ont connu par la suite les mystères. »utez comme le perfide médit sournoisement du mari :

a J'ai vu Adam, il est trop fou ! »

Eve rectifie :

(K II est un peu entêté. »

' S*il faut en croire l'opinion dominante. Ce n'est pas Tavis de M. Paul yer, qui n'admet pas non plus que le texte soit anglo-normand. « Je ne is |)as, écrit le savant romaniste, de raison positive pour attribuer à ngleterre ce petit mystère qui ne parait pas antérieur à la première >itié du Xm« siècle. [Rorrumia, octobre i903, p. 637.)

Le diable :

a Je le ferai bien plier,

» Il est plus obstiné que Tenfer. »

La femme, par un reste de pudeur, défend faiblement son mari :

« II est très franc. »

Hais entendez comme le démon sait parler le langage de la . flatterie à la femme coquette et vaniteuse :

« Oui, mais de mœurs serviles;

» Il ne prend pas à cœur ses intérêts.

)) Prends au moins soin des tiens,

» Tu es faiblelte et tendre chose

1» Et es plus fraîche que n'est rose,

» Tu es plus blanche que cristal

)) Et que la neige qui couvre la glace dans la vallée;

)> Le créateur vous a mal assortis,

» Tu es trop tendre, et lui trop dur;

» Mais cependant tu es plus sage

» Et ton cœur est plein de sens,

» Il fait bon se livrer à loi,

» Je veux le parler*. »

Hélas! on n'entendit plus de longtemps, au théâtre, un semblable langage. Et cependant ce jeu d'Adam est presque encore un office : il commence par la leçon à laquelle réplique un répons bien connu; Dieu, qu'on ne nomme point mais que, respectueusement, les rubriques latines désignent sous le nom de Salvator ou Figura, est revêtu d'habits ecclésiastiques et le chœur mêle sa voix à toutes les parties du drame, que termine la procession des Prophètes du Christ; lorsqu^îl a fini ses exhortations aux aïeux des races humaines, Dieu se retire dans l'église. C'est assez dire que le drame a débordé sur le parvis, la nef étant trop étroite pour contenir la foule qui se

* Nous analysons le Jeu (fAdam d'après le texte de M. Grass. (Romà- N1SCHE BiBLiOTHEK, no 6. Halle, Niemeyer, i89i«)

pressait à ces spectacles; peut-être aussi le chapitre estimait-il que ce drame était trop. profane pour se mouvoir parmi les colonnes du temple.

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