‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 3)Chapitre 59 sur 95 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le lieu de la scène.

Nous l'avons fait pressentir déjà, le lieu de la scène n'est plus seulement l'église et le parvis. Cependant à Amiens, en 1496, le chœur retentit encore des scènes animées du jeu de Joseph, représenté par les vicaires; en 1533, le môme mystère

* Cité après beaucoup d'autres historiens, en dernier lieu par M. Roy dans son travail très documenté sur les miracles de Notre-Dame inséré dans son volume d'études sur le théâtre français du XIV» et an XV« siècles, LaComédie sans titre. Paris, Bouillon, 1902, in-8», p. cxxxD-

* M. MoRTENSEN (Le théâtre français du moyen âge, trad. Philippot* Paris, Picard, 1903) a eu raison d'insister sur rinfluence de la mise en scène des mystères mimés sur celle des mystères parlés.

î8t exécuté par eux sur le parvis ^ ; il faut mentionner aussi e mystère joué dans l'église de Saint-Maclou, à Rouen, 3n 1451 2.

Le cimetière qui entourait la cathédrale de Rouen servit de cadre à la représentation du mystère de saint Romain 3. On sait d'ailleurs que, par une opposition singulière, par une de ces ironies qui lui sont familières, le moyen âge n toujours réveillé ses champs de repos par des rondes folles, des jeux et des danses.

Plus souvent c'était sur la place publique que l'on dressait les larges échafauds où s'étalait la mise en scène que nous allons décrire : à Laval, c'est a le grand pavé », à Romans la cour des Cordeliers dont on arrache le gros orme et où l'on émonde les arbres pour ne pas gêner les charpentiers dans l'édification de leur ouvrage 4. Le lieu était plein d'ombre étant abrité au nord, au midi et à l'occident par des hautes murailles et à l'orient par le couvent et l'église de Saint-François, grand et bel édifice du XIII^» siècle.

A Bourges, en 1536, c'est le circuit de l'ancien amphithéâtre romain dont on se sert pour la splendide représentation des Actes des Apôtres dus aux frères Gréban, et à laquelle nous ferons de fréquents emprunts. Sur le a fossé des vieilles arènes » on avait bâti à l'usage des spectateurs un amphithéâtre à deux étages, voilé par-dessus pour préserver les spectateurs de l'intempérie et de l'ardeur du soleil ^. Cet amphi-

* Cf Sbpet, Les prophètes du Christ ^ cité par Petit de Julleville, Les Mystères. Paris, 4880, in-8'', 2 vol., t. II, p. 66.

* Cf. Leverdier, op. cit., Inlrod, p. xlv.

* Ibidem, p lu. Un mystère est joué à Vienne dans le cimetière de * abbaye de Saint-Pierre en 1400, et à Romans la Passion est exécutée ^^us les ormes du cimetière des Frères mineurs, p. 1435. Cf. Mystère ^ trois Dams, joué à Romans en 1509, publié par Giraud et Ulysse Chevalier. Lyon, Brun, 1887.

* Mystère des trois Doms, p. xliv.

* Lassay, Histoire dv Berry, cité parJuBLNAL, p. xll

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