Tome 1. — Lettres, e
théûtre rappelle un peu les amphithéâtres de terre, à forme circulaire, dressés en Cornouailles, au milieu des champs et désignés sous le nom de a Rounds » ; de là les spectateurs, assis sur des bancs de gazon, contemplaient les mystères de rancien et du nouveau Testament ^.
On joua même la Passion au Colysée à Rome (Cf. La Passione di Cristo... in... Coliseo, 1866, pet. in-4*»). Qu'on se rappelle les belles pages de M. d'Ancona dans ses Originidel Teatro Italiano (2« éd., t. I, pp. 354, 355) : « Quelles évocations, quels sentiments, dit le savant historien italien, devait provoquer le jeu sacré de la Passion, dans le lieu même qui avait été le théâtre du martyre des premiers chrétiens * »!
Enfin, dès 1411 3 pour les mystères, dès le XIV* siècle peut-être pour les miracles, les représentations eurent lieu dans une salle fermée. La raison en était fort simple : beaucoup des drames exécutés étaient des pièces de circonstance en l'honneur d'un saint, ou célébraient l'anniversaire d'un événement mémorable; or, comme ces fêtes ou ces annive^ saires tombaient souvent en hiver, le froid engourdissait les acteurs et les spectateurs; même en été, la pluie mettait souvent obstacle à l'achèvement du jeu ; aussi, pour remédier à ces inconvénients, les confrères de la Passion s'installent-ils dès le début du XV^' siècle à l'Hôpital de la Trinité, dont la grande salle leur était louée par les Prémontrés qui en étaient intendants. Plus tard, ils émigrèrent à l'Hôtel de Flandre, et c'est là notamment qu'eurent lieu, en 1541, les somptueuses représentations des Actes des Apôtres. Ce n'est que plus tard que les confrères passèrent à l'Hôtel de Bourgogne.
f The ancient Cornisk drama, edited and translated by M. ï^nyixs NoRRis. 2 vol. Oxford, t I, pp. 248 219, 479; t. U, pp. 201, 463, sqq.
Cf. aussi sur ce point Vattasso, Per la storia del dramma sacro in Italia, 4903, in-S», p. 74.
Abbé Lebûeuf, Histoire de la ville de Paris, 1. 1, p. 74, cité par Roy. La Comédie sans litre, p. ccxvii.
Quant aux miracles de Notre-Dame de Liesse, œuvre de Jean Louvet, ils ont été joués, pour des fêtes de la confrérie, dans de grandes maisons particulières ^.