Tome I. — Lettres. p
à gorge d^lojrée de li liœnciease c Ftrce du Meooier ^ », qui rérélen aux lodileors da In¥st^^e, les tmours du curé et de la meunière el d autres choses qu oo ne peut guère essayer même de désigner.
Étudions maintenant la conduite et les mœurs des joueurs : ceux-ci se jalousaient et se disputaient pour la distribution des rôles, et il bllut parfois leur donner pour commissaires :
Trois ou quatre bourgeois tiien saiges Pour départir les personnaiges K
L^esprit de clocher s'en mêlait. Et la diablerie de Saiot- Maixent se flattait de dépasser la diablerie de Saumur, de Langres ou de Poitiers 3. Voyez comme les diables traitent ce pauvre firère Tappecoul, qui a refusé de prêter des costumes ecclésiastiques pour la « Passion » de saint Maixent. Ils entourent sa jument, lui jettent des fusées en sonnant de leurs cymbales et hurlant à la mort. La jument se cabre, s'effraie, renverse son cavalier et le traîne ainsi à a écorche-cul » par les haies, buissons et fossés. La jument ne ramena au couvent que le pied droit du pauvre moine *,
Souvent, semble-t-il, les représentations aboutissaient à des débauches sans nom, que Rabelais ne manque pas de nous rapporter, et il y a peut-être quelque chose devrai dans son récit:
a Hais à la Passion qu'on jouoit à Sainct-Maixant, entrant un jour dedans le parquet je vis... soudainement tous, tant joueurs que spectateurs, entrer en tentation si terrificque
* Publié par P.-L. Jacob, dans son Recueil de farces, soties et moralités du XV' siècle. Paris, Dalahays, 1859, in-8« (Bibliothèque gauloise . pp. 233 à 265.
* Guillaume le Doyen, apud P. de J ., t. II, p. 64.
* Cf. Rabelais, livre IV, chapitre XIII, dans rédition Moland. Paris. Garnier.
* Rabelais, livre IV, chapitre XIII; Tanecdote est rapportée par luit sans raison suffisante, à Villon.
qu'il n'y eut ange, homme, diable ou diablesse qui ne voulut
biscoter ( !) Le portecole (régisseur-souffleur) abandonna
sa copie; celuy qui jouoit saint Michel descendit par la vollerie ; les diables sortirent d'enfer, et y emporloient toutes ces pauvre femmelettes; mesmes Lucifer se deschayna ^. »
A quoi bon ajouter un trait à ce tableau? Quelques instants après ces désordres, les acteurs se sont peut-être ressaisis et ont exécuté avec gravité et dans une pensée parfaitement pieuse un beau mystère.