RÉSUMÉ DE LA QUATEIÈMS PARTIE
Nous commençons par essayer de tenir compte de rinfluence de la température dans le phénomène des actions mutuelles de deux molécules gazeuses.
En nous appuyant sur la formule de la pression que nous avons proposée dans notre premier mémoire et sur la loi de la dilatalion des gaz, nous arrivons par le calcul à la formule suivante :
J<x(l + jre)N
P désigne la pression ; f, A^ B ei a, désignent des constantes ; k le coefficient de dilatation des gaz, 6 la température et r la distance de deux molécules gazeuses voisines.
Dans la couche brillante du soleil, le numérateur de H peut acquérir des valeurs très grandes.
Nous examinons ensuite Taction d'une molécule gazeuse sur les particules qui Tenvironnent, et le calcul nous apprend que dans une certaine région de la distance à la molécule, certaines particules doivent osciller indéfiniment entre certaines limites , et que d*autres particules doivent fuir indéfiniment de la molécule.
Nous avons donc autour d'une molécule gazeuse des particules oscillantes et fusantes. Des particules oscillan-
les peuvent devenir fuyantes par l'élévation de la température. Les particules fuyantes et certaines particules oscillantes ont des vitesses considérables, comparables aux vitesses de la chaleur et de la lumière.
Cela nous conduit à cette conséquence que la couche brillante du soleil est environnée d'une atmosphère de particules que nous décomposons en atmosphère oscillante et atmosphère fuyante.
Pour les particules oscillantes , Tamplitude des oscillations varie depuis zéto jusqu'à l'infini.
Il y en a dont l'amplitude s'étend jusqu'à la terre, d'autres jusqu'à Mars , etc. Les particules oscillantes et fuyantes emportent avec elles la chaleur et la lumière dans toutes les régions de l'espace.
Les planètes et les étoiles envoient aussi des particules fuyantes, qui, en pénétrant dans l'atmosphère solaire, peuvent être renvoyées par le soleil ou absorbées par ce même astre en raison de leur entrée au milieu des molécules solaires dans l'intervalle chimique.
Nous ne pouvons résister au désir de citer ici un passage du Cosmos du 7 juin dernier; voilà ce qu'on lit à la page 635 :
« H. Plana fait hommage à l'Académie des sciences » de deux mémoires récemment publiés par lui, et rela- » tifs, l'un à la théorie de la lune, l'autre à la théorie des » comètes. A l'occasion de ce second mémoire, M. Paye, » de passage à Paris, entre deux inspections des étaji blissemenls universitaires , nous laisse eu passant les » remarques suivantes :
9 Vous m'avez vous-même signalé dans la correspon- » dance dépouillée par M. le secrétaire perpétuel un » important Mémoire de M. Plana sur l'intégration des » équations différentielles relatives au mouvement des t comètes, et établies suivant l'hypothèse de la force ré-
» pulsive définie par H. Faye et suivant rbypotbëse d'un • milieu résistant dans Tespace. »
A la fin de cet article rédigé par M. Tabbé Hoigno, H. Faye demande « si le milieu résistant do M. Plana est » en mouvement ou en repos ; les équations de M. Plana » sont écrites dans Tbypotbèse d*un milieu immobile. Or » un tel milieu ne saurait exister ; toute particule de » matière pondérable , placée dans le système solaire , » doit tomber vers le soleil ou circuler autour de lui. »
Cette critique de M. Faye est parfaitement juste à notre point de vue ; et nous sommes beureux de voir un bonorable membre de l'Académie des sciences énoncer fermement ce dernier principe qui nous a toujours servi de guide.
Aujourd'bui deux camps sont en présence : les partisans de la force répulsive et les partisans du milieu résistant; nos calculs, nos principes et nos recberches nous conduisent à admettre à la fois et une force répulsive et un milieu résistant mobile.
Ce milieu oscillant doit en outre être animé d'autres mouvements, car dans nos calculs nous n'avons tenu aucun compte du mouvement de rotation du soleil et de son mouvement de translation.
Nous aspirons à donner ensuite un premier aperçu de la théorie mathématique des mélanges gazeux; c'est un premier essai qui devra être suivi d'un travail plus complet et plus détaillé.
Nous nous demandons d'abord en quoi peut consister la différence entre deux molécules gazeuses qui ne sont pas de même nature , et nous remarquons qu'elles peuvent difiRérer et par le nombre des particules de même poids qui les composent et par la valeur du symbole ».
En supposant «constant, nous disons quelques mots des actions mutuelles de plusieurs molécules gazeuses différentes et en ligne droite.
Nous essayons ensuite de donner la formule qui lie les intervalles moléculaires, et le rapport des poids des molécules de deux masses gazeuses de natures diflTérentes à la même température et à la même pression.
Nous passons après cela à Texamen et à la discussion de la première question élémentaire relative au mélange de deux gaz. Concevons deux gaz différents en présence et au moment où ils commencent à se mélanger; une molécule de Tun d'eux , prise sur la surface de séparation, se dirige^ ou bien vers une molécule de Taulre (auquel cas il y aura obstacle infranchissable), ou bien vers rinlérieur d'un polygone formé par plusieurs molécules voisines de ce dernier. Et cette remarque nous conduit à poser le problème élémentaire suivant :
Trouver la loi du mouvement d*une particule ou d*une molécule gazeuse soumise à Taction de deux molécules gazeuses égales et fixes.
Comme cela suffit pour la question qui nous occupe, nous n'examinons que le cas où la particule ou molécule sollicitée est placée sur la perpendiculaire menée sur le milieu de la droite qui joint les deux molécules fixes , et ne reçoit de vitesse ou d'impulsion que suivant la même droite.
Le calcul nous apprend d'abord que si la molécule sollicitée est située à l'origine du mouvement à une distance des centres d'action appartenant à l'intervalle planétaire, et part sans vitesse , elle ne peut jamais franchir l'obstacle offert par les deux molécules fixes.
Mais si la molécule sollicitée a reçu un<» impulsion initiale ou bien est soumise à l'action d'une autre force , telle que la force répulsive d'une masse gazeuse qui la pousse suivant la même perpendiculaire, le calcul démontre que dans ces cas la molécule en mouvement peut surmonter la résistance des deux molécules fixes.
En appliquant cette proposition élémentaire à deux masses gazeuses de natures différentes, on reconnaît que à la surface de séparation , dans le voisinage de laquelle les deux gaz ont dû se dilater, certaines molécules de la masse dont Tintervalle moléculaire est le plus petit, doivent traverser les premières molécules de Tautre masse.
C*esl à ce moment que nous avons été conduit à faire la remarque suivante :
Des volumes égaux de deux gaz différents à la même température et à la même pression, doivent peser le même poids dans rbypotbèse d*une valeur constante pour le symbole «. Comme Texpérience nous enseigne le contraire , nous en concluons que « varie d*un gaz à un autre; s'il y a des molécules gazeuses de natures différentes, il en est de même des particules qui les composent.
Après avoir (ait pressentir comment les deux gaz doivent se mélanger intimement , nous terminons par quelques considérations sur les mélanges des gaz et des vapeurs, et sur le passage des liquides à Tétat de vapeur et des vapeurs à Tétat liquide.
L*œuvre que nous avons entreprise est remplie de dif- Acuités. Ce n*est pas sans peine que Ton peut parvenir à mettre des principes sous un nouveau jour et à rester fidèle avec soi-même.
Un esprit plus solide, plus libre de son temps, plus instruit dans les sciences d'observation et de calcul, pourrait peut-être obtenir des succès dans la voie que nous avons' suivie.
Pour nous , modeste travailleur , nous ne pouvons que livrer ce second mémoire à la critique, et faire des vœux pour qu'elle soit indulgente.
Angers, le i«r juillet 1861.
A* Bouché.