SUR UNE ESPÈCE NOUVELLE D'ANGEUCA
PAR M. i. IXOTD, correspondant de la Société académiqae.
ANGELICA HETEROCARPA Nob. Tige de 1 à 2 met. très creuse, lisse, excepté dans le haut où elle est cannelée et rude-pubescente. Feuil. très grandes, 2 3 fois ailées, les radie, pétiolées a?ec rachis en^outtière ainsi que les pétioles largement dilatés a la base en gaine quelque fois rougeâtre, fol. ovales-lancéolées, plus foncées et luisantesen dessus, à dents de scie terminées en pointe blanchâtre-scarieuse. Oml>elle à rayons nombreux, striés, pubescents-rudes. Involucre nul ou à 1 — 3 fol. plus ou moins caduques; folioles de Tinvolucelle linéaires en alêne. Fleurs blanches, pétales ovales à pointe infléche. Carpelles ovales ou elliptique-oblongs à côtes^ latérales un peu plus grandes, quelquefois dilatées en forme d*aile plus étroite que le corps du carpelle.
¥ . Juillet et août , commua au dessous de Nantes sur les bords vaseux de la Loire baignés par les marées.
Obi. Cette espèce se distingue de Ang. sylvestris L. dont elle a le port , par sa floraison plus précoce, les fol. des feuilles plus étroites et surtout par le fruit. Dans Ang. êylveêiris le flruit est uuiforme , comprimé par le dos, à carpelles elliptique-arrondis, bordés d*une large aile membraneuse, ondulée, plus large que le corps du carpelle. Dans Ang. heterocarpa le fruit est variable; mûr mais non sec il est un peu plus large sur le côté que sur le dos, chaque carpelle elliptique-oblong a cinq côtes obtuses, les latérales un peu plus fortes; plusWement, et cela dans les ombelles des individus robustes, le fruit est
comprimé par le des, parce que les côtes latérales sont développées en aile épaisse de largeur variable. C'est celte plante que j^avais eu vue lorsque, dans la Flore de TOuest delà Francei j'iadiquais Ang. i^lvestris commun au bord des rivières, elle en a tout le port, et j avais négligé d'en eiamiaer le fruit jusqu'au jour où H. Horiceau, médecin à Nantes, m'en a apporté une ombelle qui même sans être mûre, a suffi pour me faire croire à une espèce nouvelle pour rOuest. EUe^babitefiuesiles t>ard6 i^ la Garonne (et de la Gironde), où cette année H. Ducoudray-Bourgault, de Nantes, appelait sur elle Tattention des membres du Congrès des botanistes. A la suite de celte herborisation, H. Durieu, qui depuis plusieurs années se promettait d'étudier cette plante, l'examina avec soin et reconnut,' de son côté, un Angelica nouveau. Déjà Bory Saint- Vincent, l'avait recueilli dans l'Entre-deux-Hers, ainsi que l'alléstent un échantillon et une note dans Therbier du Jardin botanique de la ville d'Angers.
Je ne doute pas que notre espèce n'habite encore l'embouchure des rivières marines,' comme la< Cbarente,'la Vilaine; il serait encore plus utile de noter jusqu'où elle remonte dans les rivières indiquées, afin de prouver, comme je le suppose, que c*esl une espèce submarilime.
Le signalement dans l'Ouest de la France, d'une plante nouvelle de 1 à 2mèl. de haut, d'une plante commune que tout le monde a vue, ne doit^il pas feire supposer qu'il existe encore d'autres espèces à découvrir dans ce/ paysv surtout parmi les plantes communes, sur lesquelles nos yeux passent trop légèrement et comme machinalement.
J. LLOtD.
a le ^ novembre 1859.
Lu à la Société Académique de Maine et Loire ,