‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 55 sur 120 · CONTENANCES · texte numérisé non relu

CONTENANCES

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Par ce moyen et sans embarras, le colon et le propriétaire savent, tant qu'ils le veulent d'avance, quels champs en telle ou telle année porteront une récolle quelconque.

reste seulement la latitude de varier ad libitum, dans la sole de jachère, la place des racines, de la pâture, du colza ou de la jachère nue, et dans la sole d'orge, la place de rayoine et des choux de Poitou.

Dans cet assolement on remarquera aussi que le froment, notre principale récolte, et sans lequel nous n*aurions ni litière ni fumiers, est placé dans les conditions les plus avantageuses pour la réussite , c'est-à-dire après la jachère et après le trèfle.

Aussi grâce à cet assolement ai-je presque partout une grosse tête de bétail , ou son équivalent, par hectare.

En effet comme nous Tavons déjà indiqué, j'ai un cinquième de mes terres en prés naturels; un sixième en trèfle, ray grass et choux de Poitou ; un sixième en racines et coupages soit en tout 8/t5, ou plus de la moitié de mes terres consacrép à la nourriture du bétail.

D*autre part, si on évalue le produit en foin de mes prairies à 4.000 kil. de foin à rheclare,cequi est, je pense,au-dessous de la réalité, et qu'on multiplie ce produit par le cinquième de 400 hectares soit 80 hectares de prairies naturelles, on obtient 320 milliers de foin, ci ... . 320

En joignant le produit de 53 hectares de trèfle ou de ray grass formant le sixième de mes terres labourables évalué aussi à 4000 kil. par hectare, nous aurons . . , 2t2

Total des foins naturels et artificiels ^32

Et comme le produit en paille do froment des deux cinquièmes de mes terres labourables soit 128 hectares, à raison de 3100 kil. l'un, doit être de ^00 milliefs, plus 50 hectares de paille d'orge et d'avoine à 2000 kil. l'un, soit 100,000, j'arrive à 500,000 de paille, c'est-à-dire à un poids égal à celui des foins naturels et arlifîciels, proportion reconnue excellente par les meilleurs agronomes.

Maintenant si l'on voulait calculer la perte et la production des matières azotées données par mon assolement,

je pense qu'on pourrait y arriver par le calcul qui suit : je prendrai pour exemple deux fermes de moyenne grandeur (la Jacopière et la Parnière) ; contenant chacune 22 hectares de terre labourable et 5 hect. 33 de prés naturels.

Pertes en azote.

8 hectares en froment donnant 160 hect. à 1 k. 500 d'azote 240 kil-

2 hect. d'orge^ donnant 40 hectol. ou 2,520k., contenant à raison de 13 p. Vei355 k. de gluten et d'albumine, cl 355

1 hect. d'avoine rendant 20 hectol. ou ( *"^ 1,920 kil. contenant en glulen et albumine à raison de 11 p. Vo 10^

Ces 463 k. de gluten et d*albumine dosant 16 p. Vo d'azote (selon H. Boussingault) donnent. 65

1 hect. sarrazin 20 hectol. à 55 kilo l'un, 1100 kil. à 2 p. Vo d'azote 22

1 hect. colza, 20 hectol. à 4,500 d'azote ... 90

Total de l'azote enlevé par les matières vé-

gétales 417

1 poulain d'un au pesant environ .... 200^ 4 bœufs de 3 à 4 ans 2000

1 vache de six à neuf ans 300

2porcsde 18 mois 220

3 id.de 10 mois 210

4 porcelets de. 6 semaines 32

2 veaux de 4 semaines . 70

5 à 6 moutons de fi ans 100

40 volailles à 1 k. 125 45

8 oies à 3 kil 24

1500 œufs, 20 au kil/ 75

Total de la matière animale 3276

Lesquels à 2 k. 6 d'azote p. % donnent. . . . . 117 Total de l'azote enlevé annuellement 534

Pour reslitDer cet azote à chaque ferme il faudra cent IreDte-qualre eharriots de mille kIL de fumier à raison de

Or, les !^8 grosses léles de bétail ou leur équivalent existant sur chaque ferme, donneront à 5 tombereaux chacune, 140 mille kil, de fumier, sans compter les engrais eitraordinaires, guanos, noirs de raffinerie, charrées et 160 heclol. de chaux en composts.

Si Ton voulait faire encore le compte des proQts et perles en azote au moyeu des fourrages, on peut admettre que chacune de ces fermes ayant 7 à 8 hecl. de prés naturels et artiQcielSj recueille annuellement au moins 24 milliers de foins secs, donnant suivant les cah culs généralemeul adopl^Js le double de leur poids en ftimicr, ci ... , , , , , , . 48

Un hectare de choux, donnant 40 mille kîL de vert et produisant poids pour poids en fumier. . . 40

Quatre hectares de trèfle en vert, en vesces et fourrages à 30 milliers Tun, donnant poids pour poids en fumier . , , , , 120

Total des charriots, ou mille kil. de fumier 208

Sans compter comme ci- dessus les pommes de terre, les betteraves, les navels et les carottes qui ne sortent jamais de la ferme et les engrais étrangers.

Donc si ces métairies au lieu des 134 milliers de fumier qui leur sont nécessaires pour couvrir leurs perles en azote en produisent 140 k 200, il y aura annuellement 35 mètres cubes do fumier ou 140 kil, d^azotc en excédant. Mon assolement est donc aussi améliorant que productif

Peut-être observera- ton que mes fumiers étant produits par les foins, les pailles, en un mot par la nour* rîlure des animaux et par leur litière, sortent eux-mêmes du sol de la ferme, et qu'en y renlrant ils ne fonl que lui rendre ce qu'il avait perdu ; que par conséquent Tazotc en-

levé par la venle des divers produits et par Texhalation des animaux demeure toujours une perte réelle. Là sansdoufe se trouve une question encore obscure dont la solution appartient à la science; toutefois on sait par les expériences de M. Barrai, que Teau tombée annuellement à Paris peut donner au sol de 25 a 30 kil. d'azote, çoit en moyenne 28 k. 500 par hectare : doue en supposant même qu*il ne tombe pas davantage d*eau à Craon qu'à Paris, ce qui n'est pas exact, mes 28 hectares réuniraient annuellement 795 kil. d'azote, c'est-à-dire plus qu'il n'en sort de la ferme (1).

Nous pouvons donc conclure de ces faits ainsi que de l'amélioration évidente de nos récoltes et de nos bestiaux, qu'il n'y a pas appauvrissement, mais accroisement de fertilité sur nos terres, et que l'eau et l'atmosphère sont d'inépuisables réservoirs de principes fertilisants dans lesquels le sol et les plantes puisent avec d'autant plus de facilité et en quantité d'autant plus grande, que l'on favorisera davantage cette absorption par les laboufs, les cbaulages et par la multiplication des surfaces exposées à l'air.

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