‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 60 sur 120 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

RÉCOLTES, FEIfàlSOIf, MOISSON, BIOTETTBS.

Fenaison, Si le temps est chaud , le foin est étendu et fané aussitôt qu'il est coupé , sinon , on le laisse en ondains jusqu'au beau temps. Il nous arrive souvent, quand les beaux jours sont intermittents^ de faire faucher par la pluie aQn de profiter des premiers jours de soleil pour foner. Quoi qu il arrive , on a toujours soin de ne point laisser le foin étendu pendant la nuit, mais de le relever en petits monceaux avant que la rosée ne tombe , pour les étendre le lendemain. Lorsqu'on le juge assez sec, c'est-à-dire quand il commence à se briser entre les mains, on le met en petites meules de 250 à 300 kil. Alors il est considéré comme sauvé : pour arriver là il faut au moins deux^jours de fenaison.

La faux dont nous nous servons est à manche contourné se relevant à hauteur de cuisse (sa lame étant contre terre); ce manche est muni de deux poignées horizontales en avant.

On coupe les foins quand la rosgorité des graminées est en fleur, ce qui arrive dans la dernière quinzaine de juin.

Moisson, Les blés dans nos contrées s'élèvent souvent n plus de deux mètres, ce qui aide le veut et la pluie h ies brouiller et à les verser; de là vient que remploi de la faux ne donne aucun avantage , par la raison qu il foui toujours une femme pour relever et ranger les ja* velles.

Tai vainement aussi essayé d'introduire dans le pays la mpe belge qui est fort expéditive et range bien les épis, mais die ne peut être maniée que par des hommes^ il faudrait donc un atelier séparé pour les hommes et un autre pour les femmes , ce qui est souvent impossible et en tous cas rendrait la surveillance difficile* C'est ce qui nous a déterminé jusqu'ici à nous en tenir à la grande faucille sans dents, aiguisée comme la faux sur renclume et dont les hommes et les femmes ses erventcommo de la sape* Avec cet instrument, quatre h six personnes des deux sexes et deforce Irès-inégaîe peuvent, sous la surveillance du mé tayer, couper un hectare de froment par jour, aussi ras que possible, en laissant iesjavelles parraîtemeot rangées.

Avant remploi de cette faucitlc , qui ne date que d'une vioglaîne d'années, on se servait exclusivement de Tantique faucille à dents, avec laquelle on était forcé do laisser plus ou moins de chaume et qui exigeait huit on dix personnes pour couper un hectare*

L'époque de la moisson est du 15 juillet au 15 août année ordinaire*

Noire climat pluvieux exige les plus grands soins pour sauver nos récoltes* Si le temps est beau , J'ai pour règle de faire charroyer les gerbes dès qu'il y a assez de froment coupé pour occuper les attelages une journée, ou une demi-journée.

Quand le temps est pluvieux ou menaçant» je fais enjaveler aussitôt le grain coupé pourvu toutefois que le

pied de la paille ne soit pas trop vert (i), et les gerbes sont mises en croix les épis au centre , de manière à se couvrir les uns les autres. On place ainsi 12 gerbes les unes sur les autres, alternativement, de sorte que chaque bras de la croix est formé de 3 gerbes superposées, une 13** répi en bas, et penchée vers Touest est placée par dessus le centre de la croix. Par cette méthode Tair circule trèsbien autour des gerbes, et le grain se conserve aisément une ou deux semaines ou davantage. Si la terre était trop humide et qu*on craignit pour les épis de la première gerbe placée contre terre, on peut, en remontant le lien de cette gerbe, ployer une partie de son pied , de manière ù le placer sous ces premiers épis.

Nous avons essayé des moyeltes normandes si préconisées , en effet le grain s*y conserve bien , mais elles demandent beaucoup de temps dans un moment où Ton en manque toujours; de plus, quand on les démonte pour les lier en gerbes, nous avons reconnu qu*il s'^^renait beaucoup d*épis.

Les beUeraves sont laissées en terre jusqu'aux premières gelées. On les conserve dans des granges et, s*il est néces saire, sous un abri de paille et de fumier. Ces moyens suffisent pour la quantité de racines que nous faisons, car pour nous elles ne sont qu'une récolte auxiliaire destinée à fournir du vert au bétail, lorsque la neige, la pluie et le froid trop vif empêchent d'effeuiller nos choux de Poitou. Ce sont ces choux que nous considérons comme la première de nos récoltes fourragères, tant pour Téconomie de leur culture que pour leur rendement.

Quant aux carottes elles se conservent comme les bet-

(1) C'est en grande partie pour cette raison que je ne sème jamais de trèfle dans le froment.

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lera?es et, si le terrain qu'ciles occupent ne iloil pas être ensemencé riiivor, on les laisse en terre et on les arrache au fur et à mesure des besoins,

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