‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 62 sur 120 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

BSSàlS TBI«TÉS, CULTURE DE DIFFÉEBIfTBS PLÂIfTBS, AMÉLIORATIOIfS.

Dès 1841 , j*avais semé pour essai difiérentes céréales dont la Société horticole d* Angers avait bien voulu , sur ma demande, m*envoyerdes échantillons. Voici leurs noms :

Froment carré rouge,— d'Odessa,— lammas ou Saint- Pierre, — compressum denudatum , — brun velouté , — touzelle, — Bengale carré, — grand blé velu, — blé velu compacte,— breton à six rangs, — tuelle, — renflé cendré, — grillé,— géant de Ste.-Hélène,— meunier de Provence,— Taogarock.

Depuis cette époque j'ai encore essayé : le Victoria, prince Albert d'Australie,— hicling, - Constantine et les blés dits anglais blanc et rouge, et de Picardie, etc.

Ces deux derniers froments seuls m'ont paru présenter un avantage réel , je joins à ceux-là le blé blanc pour les terrains frais , dans les autres terres : le Saint-Laud, le chicot et le vert bâtard.

J'essaie en ce moment le froment 6{eu à paille pleine el

résistante ; on vante son rendemenr plus que sa qnaldPl^ mais TanoL^c 1861 ne lui a pas èié favorable.

Mns blés sani souvmU mélai^és. y m remarqué que les annét'SniManl pas toujours favorables aux mêmes variéiés de froment, il y avait avantage à mêler les espèces pourvu qu'elles mûrissent ensemble, parce que l*espèce qui se Irouvail favorisée par l'année, se développait aux dépens des autres espèces et donnaîl ainsi un rendement moyen meilleur. Dans les bonnes années notre froment pèse 75 kilog* rheclolitre, et rend de 20 à 30 hectolilrcs k rhectare.

J'ai essayé vers 1841, treize variétés d'orge et 19 d'avoioe (1 ), je ne fatiguerai pas du délait de ces expériences, il sufïït de dire qu'aucun de ces grains de printemps ne m'a paru valoir pour notre pays (^orge commune et r avoine fmire.Li': premier de ces grains pèse ordiDairenieul 62kil* 1/2 et le second 50 rhecloliïro.

Nous avons aussi essayé, maïs sans succès, les seigles : mullicaule de la Saint-Jean— et le grand seigle fromenlai de Russie.

Comme plantes fourragères, les féverolles, le rutabaga, !e panais, la navette et la moutarde blanche, m'ont donné de faibles produits. Dans des terrains très-riches rœillettû ou pavot oléifère, me réussit fort bien.

J'ai fait longtemps un peu de madîa, cette planle donne

(1) Voici lenrs noms: or§€$ â longs é^h, — de bîsso, — carrée nue,— aucrion, — escourgeoa. — de Norwégê, -— hâtive paumeile»

— noe hécreatiquG , — - céleste nue , ^ — d'hiver , — évenlail rit , — commuai.

Aminés ; conunune,^ petite noire, — blanche, — courlei — ékoeée , ^ fk Gasliiies , — de Toscane , — de Géorgie , — d'hiver , — Â 3 grains, — de Chine, ^ d'Urlent,— de PhiUddphie, — noire d*0rienl, — d'Espagne, — froinenUle . — d*Au¥ergne hrnne ou rousse,

— unilalëraie de Hongrie.

— ao6 -

une bonne huile bien préférable à celle que nos colons tirent de la graine de lin, mais elle ne réussit pas toujours et son odeur repoussante ne favorise pas sa propagation.

Dans les terres pauvres , Tajonc (ulex europœus) est d'une grande ressource , ses pousses de Tannée hachées menu au moyen de mes forts hache-paille, donnent aux chevaux une excellente nourriture trop négligée dans les terres où le trèfle ne réussit pas.

Une culture qu*à Texemple de H. Dezeiroeris , nous avons avec la [flus grand succès contribué à répandre , c'est celle des fourrages mêlés, composés suivant la saison : d'avoine et de pois gris, d'avoine^ de pois et de sarrazin,— et dans les bons fonds de pois, de vesces et maïs ; nous les semons presque en tous temps de mars à novembre.

Hais la culture fourragère sur laquelle j'ai par-dessus tout attiré l'attention et à laquelle j'attache la plus grande importance c^mme particulièrement appropriée à nos terres , c'est celle du chou de Poitou.

Nous en cultivons deux variétés, celle dont les feuilles atteignent souvent 70 cent, de long sur 50 de large, mais un peu sensible à la gelée; la seconde, dite à milletôtes.y résiste mieux mais ses feuilles sont bien moins larges : il est bon d'en avoir des deux variétés.

Depuis un an nous essayons une troisième variété, le chou moëllier, importée par un fermier de mes voisins et qui parait plein d'avenir. Ses tiges grosses comme le bras sont succulentes comme le rutabaga et, après avoir donné passablement de feuilles en été, se ramassent l'hiver commodes racines. Avant l'existence du comice les choux de Poitou ne se cultivaient qu'en piMits enclos d'une vingtaine d'ares ; les genêts s'opposaient à toute extension en grand des fourrages , on ne croyait même pas qu'ils

pussent réussir en plein champ. Dos primes furent données aux cuHures en choux , relalivemonl les plus ékndues et les mieux cultivées, et aujourd'hui il n'est pas une métairie qui n'eu piaule tous les ans un ou deux hectares. Rien n'égale le produit de celle piaule; en outre elle a lavanlage ineslimable de donner ses feuilles pendant Vâutomne, Tliiver et le printemps, et à des époques où les fourrages verts foui défaut.

On calcule qu'un hectare planté de 16 à iS mille choux donne aisément pendant six mois^ de septembre à mars , 140 mille kiL do feuilles et de branches, lelout équivalent h S mille klL de foin.

Mais comme les choux exigent d'abondantes fumures et que certaines fermes ne sont pas touyours en étal de les fournir, j'ai pensé qu'au lieu de prodiguer à tout le terrain une fumure qui en réalité ne peut être utilisée quï^n parlie par des plantes espacées à un mètre les unes des autrès, on pouvait obtenir d'aussi bons résultats avec une grande économie en appliquant rengraisîudivîduellement à chaque pied. À cet effet, la terreétant mise à plal et un compost de chaux étant répandu comme h rordinairoje fais faire un labour de deui raies qui renferme l'engrais dans sou milieu comme pour les betleraves, puis en outre, au moment do la plantalion, une femme ou un enfant glisse derrière la bêche avec le plant de chou une petite poignée d'un mélange de terreau , de charrée et de noir animal : rcffet de ce compost est prodigieux- Il résulte de cette innovation, maintenant adoptée partout , que les plus pauvres fermes qui, faule de fumier, ne pouvaient avoir que peu de choux, peuvent aujourd'tiui en cultiver une grande quanlilé i pour eîles cet avantage est immense. Cette culture exige trois labours profonds dont un peudanl rhiver et un défonceraent. Les choux sont placés à i\i) ceiit* dans le rang sur des billons larges d'un mètre, du

laisse entre les billoDS une bande de terre au moyen de laquelle on renchausse 1 ou 2 fois les choux à la charrue.

J*ai dit à Tarlicle 10 que c*est à mon initiative qu'en 1841 la culture du colza a pénétré dans le Craonnais : je Pavais essayée déjà en 1831 (au Haut-Menay), mais étant seul à en faire , mes colzas étaient le rendez-vous et la pâture do tous les oiseaux de la contrée. Cette culture ne pouvait réussir que lorsque bon nombre do cultivateurs supporteraient leur quote-part de ces brigandages , c*est ce que nous avons obtenu avec Taide du comice.

J*ai essayé de planter les colzas au lieu de les semer ; chaque plan est devenu plus fort , plus beau , mais en définitive le rendement à Thectare a été beaucoup moindre et le travail beaucoup plus coûteux.

Je fume les colzas avec 4 hectol. de noir de raffinerie; leur rendement dans les bonnes années est de 20 hectolitres au prix moyen de 20 fr.

Au nombre de mes plus importantes améliorations est le défrichement des landes de la Borderie. Jamais la charrue ne les avait retournées ; en y joignant de vastes châtaigneraies d*un rapport insignifiant , j*en ai composé une métairie dont les bâtiments sont complètement nouveaux; les terres ont été défrichées , assainies, divisées en champs réguliers clos par des haies et plantés de pommiers,

Aujourd'hui cette métairie nommée r Avenue rapporte toute seule autant que rapportait en 1830 la métairie entière de la Borderie dont elle a été tirée , ainsi qu'on le verra aux résultats. ,

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