CHAPITRE XXIII
CHBYAUX.
L*ancienne espèce du pays, vigoureuse, infatigable, manquait de taille et de poids pour le trait; cependant les travaux et les charrois devenaient plus considérables « il fallait aviser à les remplacer ou à les grossir par des croisements et par la nourriture , on a préféré faire venir des juments bretonnes. Elles sont excellentes pour le travail, mais au lieu des jarrets d*acier et des bons yeux de nos anciens chevaux , nous avons eu des jambes empâtées et
(1) Étant à Lyon en 1821 je voulus me procurer des greffes des célèbres marrons de Lyon et je m'adressai au directeur des pépinières du département, je fus très-surpris de trouver en lui un compatriote (nommé Madiot] qui m'assura que les marrons de Graon, notamment de certaines châtaigneraies qu'il m'indiqua, étaient aussi bons que ceux du Lyonnais.
des fluxions périodiques; nous avons voulu corriger ces dé&uts par les étalons pur sang el demi-sang , nous n'avons obtenu que des chevaux décousus, également rejetés par la remonte et par les cultivateurs.
Aujourd'hui nous employons Tétalon percheron qui a bien un peu les défauts de la race bretonne , mais qui du moins donne de bous chevaux de trait, et dont les poulains à 10 mois se vendent très-facilement 150 à 300 fr. pour la Normandie où le Perche : nous ne vendons guère que les mfties.
Nos écuries sont pavées, bien aérées et munies de râteliers et de mangeoires en madriers de chêne.
Les chevaux sont nourris avec la paille, le foin, le trèfle vert ou sec , Tigonc haché; ils reçoivent un peu d*avoine quand ils vont à la chaux ou quand ils font mouvoir la machine à battre. A 2 ans on commence à les atteler avec leurs mères pour de petits ouvrages , à 4^ ou 5, on les fait travailler huit ou dix heures, on les étrille chaque jour. Quand ils ne vont pas au pâturage sur les vieux trèfles ou sur les regains de pré , on les panse trois fois le jour au râtelier.