‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 68 sur 120 · BÊTES À CORNES · texte numérisé non relu

BÊTES À CORNES

L*abondance des fourrages donnés par mon assolement m*a permis bientôt d'augmenter mon bétail en nombre et en qualité.

Quand je pris la direction de mes métairies, on y élevait 3, rarement 4 veaux ; on vendait 2 bœufs à 5 ou 6 ans et 1 ou 2 bouvillous ou génisses de 2 ans. Aujourd'hui ces mêmes métahries élèvent 5 à 6 veaux , vendent 2 hœut^ de 4 ans aux rai-carèmes et 2 autres en été , plus 1 ou 2 vaches.

Je répéterai au (iiùel de mes bestiaux ce que j*ai dit pour mes bâtiments : on n'en trouvera pas de très-remarquables dans mes fermes. J*ai des animaux dans Tétat que mes terres peuvent comporter, mais non de ces b6tes magnifiques de conformation et de graisse, nourris à la fleur de farine et au lait, et donnant à leur (Nropriôtaîre plus de satisfaction d*amour-propre que de bénéfice. D'ailleurs s'il est déjà très-difficile de recruter pour une seule étable des élèves capables de produire ces animaux d'élite, que serait-ce s'il fallait en approvisionner 14 établés de 24 à 26 têtes chacune? Quand nos vaches ne nous donnent pas suffisamment de veaux mâles, ce qui n'ar' rive que trop souvent, nous sommes forcés d'en acheter aux fermes qui n'élèvent que des génisses; à 2 ans n6us mettons nos bouvillons au joug , nous les fedsons travailler modérément de 3 à 4 ans. On les force de nourr riture 3 ou 4 mois avant les mi-carèmes, foires auxquelles nous les vendons 350 à 450 Ar. pièce.

Quand à Tengraissement il n*est pratiqué dans le canton que par exception.

Pour améliorer notre bétail, nous ne pouvions négliger les croisements durham ; notre espèce manéelle s'y est prêtée admirablement; elle avait t>eaucoup de fanon, la poitrine étroite , la côle abattue, les hanches et la culotte peu développées; une partie de ces défauts a disparu par les croisements avec le Durham.

Pendant le temps que j'ai eu l'honneur de présider le comice de Craon, cette association a acheté à la vacherie du Pin, cinq taureaux de 1843 à 1851, moi-même, au moyen d'une vache pur sang, achetée en 1852, j'ai obtenu cinq taureaux et deux génisses qui ont aussi beaucoup contribué à diminuer l'ossature de mon bétail, au prràt de la partie musculaire , à donner plus de développement à la poitrine^ aux parties lombaires et fémorales, et enfin

à produire cette-coQfèrmfttion géiifralement plas carrée , plus massive, qui fait facilement reconnaître tes bestiaux améliorés. Ces croisements ont eu pour résultat, d^ame* ner mes bœufs du prix de 400 à 7 et 900 fktmos la paire, et pour qu'on ne puisse pas attribuer entièrement cette plus-value à Taugmentation de toutes les denrées^ j'ajouterai «que leur poids, qui en 1830 était en moyenne de 300 kil. poids vif, est aujourd'hui de 600 , et qu'au lien de les vendre à 6 et 7 ans, nous les'vendons à 4.

Mais à côté de ces avantages , il s'est prodoit un grand inconvénient. Malgré que chacune de mes métairies possède 2 ou 3 vaches de plus que le nombre de veaux annuellement élevés, il arrive que presque jamais nous n'en obtenons le nombre de veaux mâles que nous devrions naturellement espérer, et que souvent même nous avons des avortements.

Ceci tient selon nous, à deux causes : 1* à la nature plus lymphatique par conséquent plus facile à engraisser, mais aussi moins prolifique de la race Durham ; 2» au petit nombre de taureaux.

M. Girou de Buzaringues, membre de l'institut, a fort bien démontré par ses expériences sur l'espèce ovine, que des mftles en trop petit nombre produisaient beaucoup plus de femelles que de mftles.

Aussi depuis 2 ou 3 ans, je fais conserver mes meilleurs veaux demi ou trois-quarts sang , pour en faire des tau* reaux , et je pense en obtenir d'autant plus sûrement des produits, que suivant mes observations la présence du taureau dans une ferme excite davantage les femelles, et qu'étant mieux à leur disposition , elles sont plus sig^^tes à retenti.

Dans quelques-unes de mes métairies , on n'attelle pas du tout les bcBufe , ce sont celles où les chevaux sont en assez grand nombre pour faire sente les labours; la dé^

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