PORCS
La réputation méritée du porc craonnais est assez connue; mais précisément cette réputation s'oppose aux améUoralions dont cette belle espèce serait encore susceptible, car une partie du produit de ces animaux consiste dans la vente des porcelets, que le commerce répand dans le Poitou et ailleurs, et dès que les acheteurs s'aperçoi-
yent que TeBpëee eA modifiée , ils n'en veulent plus ; il faudrait donc se résigner, soit à sacrifier le produit des porcelets , soit à les élever tous , et aucune de ces atternatives n*e8t du goût de nos fermiers.
Dans le fait, sans être aussi fadie à engraisser que les Leycester ou les Midiesez etc., nos porcs ont néanmoins beaucoup de disposition à Tengraissement. Aus^ avonsnous à Craon des spéculateurs qui font de très-beaux I>énéfices, en ne faisant rien autre chose que d'engraisser des porcs craonnais par oeniaines. En trois mois ils gtignent de 20 à 30 fr. par tête ; disons aussi que le lard rose, ferme et appétissant de nos porcs, est plus estimé que celui des races anglaises, généralement trop gras; mc^s le croisement de ces espèces avec la nôtre, rendrait celle-ci plus profllable encore. Je Tai constaté moi-môme en 1852, époque à laquelle je fis Tacquisition d'un verrat et d'une truie New-Leycester , les produits de leurs croisements forts recherchés des engraisseurs, se reconnaissaient encore après plusieurs générations, mais les porcelets, que trahissaient toujours les oreilles droites» restant invendus , m'(d>ligèrent de renoncer à poursuivre ces croisemeûts. En attendant que le commerce s*habitue à ces races , on pourrait améliorer notre espèce craonnaise par des sélections judicieuses, et ce moyen serait plus prompt, si nous conservions nos truies et nos verrats plusieurs années, au lieu de les tuer comme nous le faisons, quelque beaux qulls soient, au bout de 18 mois à 2 a ns.
Chacune de nos fermes garde pour Thiver deux truies d*un an, on les fait saillir à quelques semaines de distance Tune de l'autre vers octobre ou novembre. Si la première portée réussit, c'est-à-dire si elle donne Six 7 porcelets au moins, on vend la seconde truie ; cependant si la nourriture est al>ondante, on garde quelquefois la seconde pour vendre les porcelets. En tous cas il est rare que cha-
que terme en élève plus de 7. Les porcelets sont Tendus à 6 ou 8 semaines. Les mâles sont castrés aussitôt aprôs le sevrage , les femelles plus tard vers septembre , à Tezception bien entendu de celles gardées pour la reproduction ; celles-ci après la mise bas, et vers la fin de Tallaitement» sont castrées à leur tour et sont engraissées à 18 mois pour la provision des fermiers. Hais la plus grande partie des porcs castrés, mâles ou femelles, sont vendus à 7 ou 8 mois vers la Toussaint.
Les porcelets de 6 à 7 semaines se vendent depuis 5 Cr. jusqu'à 20 et 30 flr. la pièce.
Les porcs de 7 à 8 mois de 30 à 60 fr.; les mâles se vendent toujours de 5 à 10 fr. plus cher que les femelles.
Les truies de 18 mois qui ont porté se vendent de 70 à 100 fr. et plus; engraissées, elles pèsent 140 à 200 kil. en moyenne.
La nourriture habituelle des porcs se compose de pommes de terre, de légumes cuits avec du son de sarrazln, et des déchets de la laiterie; le pâturage, le gland, le trèfle, les marcs de pomme etc. aident encore à leur entretien.
C'est pour eux que je fais semer dans toutes mes fermes un demi-hectare au moins de sarrazin de Tartariequi depuis remploi de la chaux produit davantage que le sarrazin ordinaire et que je laisse entièrement pour leur nourriture.
C'est pour eux aussi en partie que nous semons des pois gris qui les engraissent à merveille.
L'engraissement dure 2 à 3 moîs et coûte environ 14 fr. par mois.