SEANCE DU 7 NOVEMBRE
Présidence de M. Domont.
La séance est ouverte par la lecture quo donne le Secrétaire général du procès-verbal d'août, lequel est adopté sans réclamation.
Le bureau est couvert des ouvragi^s reçus pendant les vacances , de dififérentes sociétés françaises et étrangères. Le Président signale spécialement à l'attention de l'assemblée la collection presque complète et formant 13 volumes in-8«, de la 2* série des Mémoires de la Société liné-
raire et philosophique de Manchester ; un traité surunnou- YeausyslèmedephilosophiechimiqueeidiiiirescBuvresAeiohu DaltOQ en 3 vol. in So; le tome V in 4«-avec planche gravée des Mémoires de laSodéU des sciences naturelles de Strasbourg; les Hémoires de la Société d'histoire naturelle de Colmar etc., qui pour la première fois viennent prendre place parmi les envois des correspondants.
Le Président à cette occasion fait connaître qu'un catalogue complet et détaillé de la bibliothèque, a été rédigé par les soins de MM. Boreau et Henière, et que ce dernier tient un registre dans lequel chaque Société aen quelquesorteuncompteouverl où sont inscritsaufur et mesure les envois qu'elle fait et ceux qui lui sont adressés. Les publications des correspondants sont déposées dans la bibliothèque, dans le même ordre alphabéthiqûe« si bien que désormais la vérificatipn en peut toujours être instantanément faite. Grâce au zèle de ces deux membres, la Société est ainsi parvenue, sans le secours d'un employé spécial dont le concours eut été plus ou moins onéreux pour ses finances , à assurer pour sa bibliothèque de la façon la plus satisfaisante, la couservation, le classement et Tusage facile de tous les ouvrages qui y seront déposés.
Le Président adresse à ces Messieurs des remcrcîments au nom de la Société.
Il est ensuite procédé au dépouillement de la correspondance.
Trois Soci(^tés savantes : la Société hàvraise d'études diverses, celles de Whashington (Etats Unis), et la Société royale de Bruxelles, font parvenir leurs remercîmeuts pour un volume des Mémoires de la Société qui leur a été adressé et annoncent l'envoi prochain de la suite de leurs publications.
La Société des sciences naturelles de Strasbourg en adressant le volume dont il vient d'être fait mention, écrit
pour demander l*écbange des publications des deux So ciélés.
Le sieur Baudon, concierge de la Société, sollicite un supplément de traitement, et sur l'avis du bureau illui est accordé à ce tilre une somme de 20 francs à partir du !•» janvier 1861.
M. Bineau, professeur de cbimie à la faculté des sciences de Lyon, nommé correspondant à la séance d'avril, remercie la Société de cette distinction h laquelle il a élT extrêmement sensible, et promet sa coopération scientifique.
H. Parrot, peintre à Angers, fait hommage d'une notice sur la ville de Nice, qu'il a récemment publiée. Le Président est chargé de lui adresser des remercîments.
M. Jolys, de Cherbourg, envoie à la Société son Catalogue imprimé des végétaux des environs de cette ville,
M. Guéranger (Edouard), du Mans, fait hommage de son ouvrage intitulé : Leçons de chimie appliquée à f agriculture,
M. Ghistel, professeur naturaliste, deRatisbonnc, a envoyé divers opuscules en lalin et en allemand sur des sujets de zoologie; ils ont été examinés par H. Herb'el, qui. a fait un rapport à leur sujet au conseil d'administration de la Société. Des remerciments sont votés à ces Messieurs.
Le Président fait alors connaître que ces trois savants ayant manifesté le désir d'appartenir à la Société comme membres correspondants, le bureau a admis à l'unanimité leur candidature.
Il propose également , au nom du bureau, deux autres candidats au tilre de membres titulaires non résidants, savoir : MM. Auguste Riobé. docteur-médecin à Morlagne (Vendée) et Ernest Frémy, licencié en droit et naturaliste, demeurant à Tours.
11 est procédé en conséquence, et par voie de srutin indi-
viduel, à Télection de ces Messieurs, qui sontàrunaaimité admis à ces divers litres.
Celle opération terminée, le Président, toujours au nom du bureau, propose de décerner spontanément le titre de membre houoraire à H. le docteur Halagutti, doyen de la Faculté des sciences' de l'académie de Rennes. Ce savant cbirnisle est trop connu d'ailleurs de toutes les personnes attentives aux progrès des sciences dans les départements de rOuesl, pour que le Président croie devoir insister sur rhonneur qui doit rejaillir sur la Société académique de pouvoir inscrire un nom de tous points si recommandable sur la liste de ses associés honoraires, et à côté de ceux de M. le comte Jauberl et du docteur Leveillé.
L'assemblée, voulant en celte circonstance manifester la spontanéité avec laquelle elle s'associe à cette proposition, refuse de procéder au srutin secret et s'empresse d'admettre immédiatement, et par acclamation, H. le docleur Malagutti au nombre de ses membres honoraires.
Le Secrétaire-Général est chargé, en lui expédiant le diplôme, d'exprimer les sentiments qui se sont manifestés à celle occasion au sein de l'assemblée.
Le Président appelle ensuite l'attention sur la distribution qui doit être faite au cours de cette année du prix fondé par le conseil général, et de Turgence de nommer une Commission pour examiner Icb ouvrages*envoyés au concours. L'assemblée consultée sur le nombre et le choix des membres qui doivent la composi^r, décide qu'elle sera formée de trois personnes, HM. Pagnien, Adville et Dumonl fils. Ils présenteront un avis motivé à la prochaine séance.
Le Président termine ces communications par la lecture d'une lettre de M. le docteur Ridard ayant pour objet de provoquer une intervention quelconque de la Société vis-à-vis des autorités compétentes, afin de provo-
quer des mesures pour opérer renfouissement immédiat des animaux. Ce serait le moyen de prévenir les accidents graves et souvent signalés qui sont occasionnés par la piqûre de certaines mouches (Stomoxiscalcitrans. Lat.) qui inoculent à Tbomme les virus délétères qu'elles vont puiser dans ces chairs putréfiées.
L'assemblée, tout en reconnaissant ce qu*a de fondé la sollicitude de notre honorable confrère, ne pense pas toutefois que la Société puisse s'adresser ainsi spontanément à Tadministratiou^ et dans le cas actuel elle croit d'autant mieux qu'il y a lieu de s'abstenir, que H. Herbel affirme qu'il existe déjà à ce siyet des règlements de police sanitaire.
M. le professeur Boreau commence la lecture d'une Histoire de rancienne académie d'Angers, fondée en 1685 par lettres patentes de Louis XIV. Ce travail, entièrement neuf et qui promet d'être aussi complet dans son ensemble que scrupuleusement fidèle dans l'exposé des faits, n'a été rédigé qu'à la suite d'études sérieuses, impartiales et approfondies des nombreux matériaux provenant en grande partie du fonds Grille qui existent à la bibliothèque de la ville d'Angers, matériaux précieux en ce qu'ils consistent surtout dans des manuscrits contemporains, originaux et inédite. L'auteur nous initie cette fois aux diverses circonstances qui déterminèrent et accompagnèrent la création de ce premier des corps savants qu'ait pos" sédés l'Anjou. Il retrace dans une esquisse rapide, mais fortement burinée, l'état où se trouvait la Société angevine à cette époque, peu éloignée de nous sans doute par le temps, mais dont la rénovation politique, sociale et intellectuelle de 1789 nous est venue si largement distancer. Il indique le niveau déjà élevé qu'avaient ai teint les études locales dans certaines branches des sciences humaines, rinfluence qui était exercée sur leur progrès et
sur rémancipation de la pensée en général par le contact habituel des savants étrangers que la renommée de nos écoles attirait de toutes parts dans nos murs, enfin ce besoin impérieux qu'éprouvaient tant d'esprils d'élite de pouvoir concentrer dans un môme foyer, pour s'en éclairer mutuellement, des lumières qu'ils ne pouvaient encore que faire jaillir par des efforts isolés, et qui trop souvent s'éteignaient faute d'air et d'aliment. Aussi les premiers magistrats de la cité qui figuraient au nombre des esprits les plus distingués de la province, de même que d'autres citoyens à la voix desquels le rang ou le savoir pouvaient donner quelque autorité près du pouvoir, se réunirent-ils dans un commun accord pour réclamer la fondation de notre Académie. C'est avec un vif attrait que l'on suit le récit des incidents, des péripéties qu'eut à traverser l'œuvre nouvelle avant de pouvoir se faire définitivement accepter, ainsi que les détails plus intimes qui se rapportent à sa réglementation, à Tordre et la nature de ses travaux, aux précautions et aux restrictions dont était entourée soti action, et jusqu'aux nécessités d'adulation servile et périodique qui lui étaient imposées comme condition essentielle de son existence.
Cette partie se termine par des détails la plupart entièrement nouveaux sur les discours, le caractère particulier des fêtes, les manifestations et cérémonies officielles qui célébrèrent l'inauguration de ce corps savant, et qui sont d'autant plus curieux et piquants, qu'ils saisissent sur le vif les habitudes, les mœurs et la tendance du vieil Angers.
La deuxième partie, qui sera lue à la prochaine séance, fera connaitre les travaux qui par leur valeur littéraire, scientifique et économique, jetèrent sur l'Académie d'Angers, vers le milieu du xvni* siècle, un lustre incontestable, et qui depuis furent trop injustement oubliés ou méconnus.
Il est remis à stafuer sur le renvoi au comité de rédaction après Tachèvement de ce mémoire.
H. Quris,sousle iiire de première Lettre sur la philosophie moderne, lil une réponse vive et pressante auicriliquesdirigées dans la Revue Européenne conire un ouvrage récent de U. Renan, ce qui lui donne occasion d^examiner et de discuter dans leurs principes et leurs conséquences les plus logiques, les opinions qui se sont explicitement produites ou peuvent être naturellement dégagées de cette controverse. Ce morceau de haute critique philosophique, et qui sort des limites où s'étaient de tous temps renfermées les études au sein de nos Sociétés locales, n*en excite que plus vivement l'intérêt de l'assemblée, si bien que Tun des membres, H. Pagnien, croit devoir demander la parole pour remercier l'auteur d'avoir assez bien présumé de son auditoire, pour prendre l'initiative d'un pareil sujet, et en même temps pour le féliciter d'avoir su pénétrer d'un pas aussi libre et assuré dans cette voie nouvelle, dont il est parvenu d'ailleurs à rendre l'accès aussi attrayant que facile pour ceux qu'il a conviés à l'y suivre.
L'assemblée décide le renvoi de ce travail au comité de rédaction.
L'ordre du jour étant épuisé, !a séance est levée à dix heures.
Le secrilaire général, T. -G. Béràud.