‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 12 sur 125 · WILSON, BRUCE ET HUTCHINSON · texte numérisé non relu

WILSON, BRUCE ET HUTCHINSON

Accmés cTtfoîr procaré FéYaiioB de LâVALsirs, compris dans l'ordonnance do 24 juillet 1815, et condamné à mort comme ayant trahi le Gonvenemeat do loL

23 avril 1816.

Parmi les nombreux procès politiques intentés sous la Restauration , il n'en est pas qui aient excité la curiosité publique plus vivement que l'aflaire des trois Anglais Wilson , Bruce et Hutchins(m. a C'est à Voci> casion de celte affaire , dit l'éditeur du procès ' , y> qu'on a commencé à donner des cartes d'entrée, )) signées du Président de la Cour d'assises et du pro- » cureur général.

» On a dû à cette mesure la réunion brillante des f) personnages distingués de toutes les nations qui oc- )> cupaient la première enceinte de la salle d'audience. ii Plusieurs Anglais de marque sont venus exprès de y> Londres pour assister aux débats ; on y remarquait n des Princes 9 des Ambassadeurs (même celui de la » Porte Ottomane), des Généraux, des Pairs, des » Députés, des femmes élégantes ; — la foule occupait » le reste de la salle ; un public innombrable assiégeait » toutes les avenues du palais. y>

Le même auteur continue en ces termes : a Quelle est cette cause, en effet? Tout y est extraordinaire, la

* Imprimé à Paris chez Guillaume, 5 volumes in»8. 11 y a eu deux éditions.

qualité et les relations des accusés ^ le genre du délit, les moyens de défense.

» Ce sont trois étrangers, trois Anglais, dont Tun est général, décoré des croix de plusieurs ordres qui annoncent de nombreux services; tonales trois appartiennent à de grandes iamilles et jouissent dans leur pays d'une haute considération ; ils correspondent far milièrement avec ce qu'il y a de plus distingué dans toute l'Europe, ila ont l'estime et même l'amitié de plusieurs souverains dont ils produisent les lettres honorables.

n L'action dont on les accuse, quoiqu'elle rentre dans un genre de délit prévu par nos lois, est un acte de générosité. Ils ont facilité, sans autre motif, disentils, que celui de l'humanité , à leurs frais, et en s'exposant à des dangers de plus d'une espèce, l'évasion d'un homme condamné à périr sur un échafaud.

p Cet homme est-il donc un parent, un ami, une connaissance , ou un compatriote au moins ? — Non ;

c'est un Français qu'ils n'avaient jamais vu , mais

c'est un homme, il est malheureux I... Il est sauvé! Aussi se glorifient-ils du délit qu'on leur impute.

» Jusque-là tout homme impartial ne pourra s'empêcher d'applaudir au motif qui semble avoir dirigé la conduite des trois Anglais. Mais écoutons l'accusation : « — On a saisi leur correspondance ; on y a trouvé la » révélation de leurs plus secrètes pensées, et l'on croit » y voir que l'évasion de Lavalette et sa fuite hors de » France ne sont, pour ainsi dire, que l'accessoire » d'un projet beaucoup plus coupable. Ils se déclarent y> les chevaliers du genre humain ; ils rêvent Tindérf pendance universelle ; ils sont, dit-on, à la tête d'un y> complot dirifféen général contre le système politique

» de r Europe, et ayant pour but spécial de détruire » ou changer le gouvernement français. »

Tel fut en effet, dans Torigine, le caractère assigné à Paccusation ; ce système avait même été adopté par l'ordonnance de la Chambre du conseil.

Wilson, Bruce y Hutchinson, voulant rester unis dans leur défense comme ils Pavaient été dans l'action pour laquelle ils étaient poursuivis, me choisirent d'un conunun accord pour leur seul et unique défenseur.

Mon premier soin fut de m'enquérir de toutes les circonstances du fait. Je me fis donner par mes clients les détails les plus circonstanciés sur la part qu'ils avaient prise à l'évasion de Lavalette, et je rédigeai, pour mieux fixer tous ces faits , la relation de sa fuite.

Je m'attachai à donner à cette pièce le double caractère d'une simplicité et d'une sévère exactitude. Elle a été imprimée dans le temps et a paru avec la traduction en langue italienne qu'en fit ma femme, qui, dans une affaire dont le souvenir est si honorable pour les Dames, voulut, s'associer à mes travaux \

L'accusation était assez menaçante pour mériter d'être conjurée dans son principe. Aussi, dès que l'ordonnance de la Chambre du conseil fut connue, je m'empressai de rédiger un Mémoire destiné à la Chambre d'accusation, pour réfuter l'imputation gigantesque de ce complot prétendu subversif de tous les gouvernements européens!

* LMUastre madame de Staël, à qui j^en avais adressé un exemplaire, me répondit le 17 décembre 1816, « qu^elle avait été fort n intéressée par la lecture de ce petit écrit. » — Depuis , la reine Marie-Amélie Fa lu dans la version italienne, et en a également marqué sa satisfaction. — Voyez ci- après, page 88 et suivantes, le texte de cette relation avec la traduction itaiif nne en regard.

Ce Mémoire fut aussitôt traduit en anglais et recherché avec avidité. Dans les deux premiers jours, il s'en vendit à Londres plus de dix mille exemplaires.

A Paris, il produisit Teffet que je m'en étais promis, il dissipa ce fantôme de conspiration européenne , et fit réduire Faccusation à ce qu'elle était réellement, au chef d'avoir procuré F évasion d'un prisonnier.

Ramené à ces termes, le procès, sans entraîner le même risque pour les accusés, n'en offrit pas moins d*appât à la curiosité publique.

L'intérêt s'accrut encore par les scènes de l'audience.

On entendit, comme une chose nouvelle, invoquer en France les principes de la jurisprudence criminelle anglaise dans ce qu'elle a de protecteur pour les accusés.

On eut une idée nette de Vhabeas corpus^ lorsqu'on entendit Wilson et ses deux amis réclamer contre l'odieuse pratique de là mise au secret^ qu'ils qualifièrent de torture morale substituée à la torture physique.

On apprit qu'un accusé n'était pas obligé de s'incriminer lui-même dans ses interrogatoires , et qu'il pouvait licitement se refuser à en accuser d'autres , lorsqu'on les entendit répondre à toutes les questions qui auraient pu compromettre des tiers : Notre mé-moire n'est pas organisée pour trahir la confiance et ïamitié.

Dans leur débat à l'audience, soit avec le Président de la Cour, soit avec l'avocat général, ils prouvèrent que, sans cesser d'être respectueux, l'homme accusé peut se défendre avec noblesse et fierté, et que si toute la force du pouvoir est du côté de l'accusation, toute la protection des lois doit environner la défense.

Aussi la leur fut libre ; j'avais à cœur qu'il en fût ainsi y et j'en fus peut-être redevable à ce mouvement oratoire dans lequel je m'écriai : a Mais je connais ma » nation; elle est grande, elle est généreuse, elle a le » sentiment des convenances, elle sait bien qu'il est » de son honneur que des étrangers accusés parmi » nous y soient défendus aussi librement qu'ils le se- T9 raient dans leur propre pays par des avocats de leur n nation, n — Après cela toute interruption devenait impossible.

Et en effet, les développements de cette cause furent écoutés avec une attention qui ne fut troublée que par des applaudissements, indiscrets sans doute , puisque la loi les réprouve ' , mais qui, par cela même, attestaient la puissance d'intérêt exercée par cette cause sur un auditoire qui s'y laissait entraîner.

Aussi cette plaidoirie est une de celles qui m'ont fait le plus d'honneur et m'ont laissé de plus agréables souvenirs. Les auteurs de la Galerie des contemporains, imprimée à Bruxelles, tome IV, page 276, lui ont donné un caractère historique par le jugement qu'ils en ont porté :

a En plaidant cette cause qui rappelait, au milieu des scènes sanglantes de cette époque, ce que la tendresse conjugale avait de plus sublime et l'humanité de plus héroïque, M. Dupîn (disent ces biographes) porta dans toutes les âmes l'attendrissement et l'admiration pour ses nobles clients, et obtint ainsi le

' Le président, M. Romain de Sèze, homme de cœur et d'emphase, se contenta de dire : « Huissiers, faîtes faire silence.— « On applaudit au théâtre; devant la justice on écoute et on se » tait. » (Hist du procès.)

triomphe le plus doux auquel Téloquence puisse aspirer. »

Mes trois clients voulurent me laisser un témoignage écrit de leur reconnaissance en m'adressant la lettre suivante à Tissue de Paudience :

« Prison de la Force , ce veodredi foir.

y» Très-cher Dupin, — nous n'avons point d'exprès- » sions pour vous témoigner notre reconnaissance pour » le noble courage et la belle éloquence que vous avei y» déployés dans notre cause.

y* Vous avez acquis des droits à Testime de notre y^ nation.

yi Agréez les sentiments de noire amitié.

» Signé Mie. Bruce. — Capitaine J. Hély Hutchimsov. » — Robert Wilson, major général. »

Lors du voyage que je fis à Londres en 1834, le souvenir de ce procès contribua beaucoup , j'en suis sûr 9 à m'attirer le bon accueil et les témoignages de sympathie dont je fus Tobjet au Barreau quand je visitai les Cours de justice , et dans les différentes réunions où je rencontrai les hommes politiques les plus marquants de cette époque.

In che modo Lavalette è uscito di Francia dopo la suafuga da prigione.

Lavaktte era stato condannato a morte.

Sua moglie non aveva potuto ottenere la sua grazia :

Egli stava per essere giustiziafo.

Non prendendo consiglio che da se stessa , forte nei suoi doveri, esaltata dal suo amore, incoraggiata dal riscbio stesso, ella salva il suo sposo !

Sene sparge subito la nuova ; ma le perquisizioni sono vane : confidato aile cure delF amicizia la più discreta, Lavalette ha evitato la spada di oui la sua testa era minacciata,

I giornali danno le particolarità délia sua fuga; lo fanno viaggiare ora in Baviera, ora in Belgica ; citano Fabito che portava, i luoghi per dove ë passato, le persone che ha visitate, gli aneddoti del suo viaggio.

Ognuno si conferma nel pensiero che Lavalette non solamente ë fuggito dalla prigione, ma in oltre che ë passato in paese straniero. Si cessa, per cosi dire, di pensare a lui; e, con un vivo sentimento dMnteresse, tutte le anime sensibili rîportano la lor soUecitudine a queir eroica Donna che sta in carcere y in vece del suo sposo.

I custodi ed i servidori di Lavalette si trovano parimente arrestati.

a La Signera di Lavalette ë prevenuta d'aver fatto f uggire suo » marito :

» I custodi ed i servidori prevenuti d^aver favorito la fuga, e » d^avervi cooperato. n

Sono interrogati :

Varii testimonîi sono uditi; la figlia stessa di Lavalette^ appena in età di quattordici anni, ë interpellata!

Per dirla in brève, si forma il lor processo, sul fatto della^^y e sarebbero stati giudicati per questo fatto, quand' anche Lavalette non avesse abbandonato Parigi , e quand' anche fosse stato poscia ripreso.

Ma altri era convinto che non era più possibile di raggiugnerlo ; e in questa persuasione, si facevano diggià i preparativi délia sua esecuzione per effigie.

Insensibile al proprio suo pericolo, la Signera di Lavalette, prigioniera c di più al segreto, sempre dubbiosa sul destino del suo sposo , tremava ch' egli non fosse scoperto , e non doveva trovare la quiète che nella certezza che era uscito da Francia.

Essa ignorava che il zelo il più disinteressato , entrava con ardore nel desiderio d'assicurare il suo trionfo e di colmare le sue brame.

Gli amici di Lavalette avevano posto la lor speranza in un

LES TROIS AXGLAIS. 89

Comment M. Lavalette est sorti de France après #oti évasion de

prison,

Lavalette avait été condamné à mort ;

Sa femme n*avait pu obtenir sa grâce,

11 allait être exécuté.

Ne prenant conseil que d*elle-méme, forte de ses devoirs, exaU tée par son amour, enhardie par le danger même, elle sauve son époux.

Le bruit s'en répand aussitôt, mais les recherches sont vaines : con6é aux soins de Famitié la plus discrète , Lavalette a échappé au glaive dont sa tête était menacée.

Les journaux donnent les détails de son évasion. Ils le font voyager tantôt en Bavière, tantôt en Belgique; ils citent le costume qu*il portait, les endroits oà il a passé, les personnes qu'il a visitées, les anecdotes de sa route.

Chacun s'affermit dans Fidée que Lavalette ne s* est pas seulement évadé de prison, mais encore qu'il a passé en pays étranger. On cesse, pour ainsi dire, de penser à lui, et c'est avec un vif sentiment d intérêt que toutes les âmes sensibles reportent leur sollicitude vers cette femme héroïque qui occupe en prison la place de son époux.

Les gardiens et les domestiques de Lavalette se trouvent également arrêtés :

« Madame Lavalette est prévenue d'avoir fait évader son mari.

» Les gardiens et les domestiques prévenus d'avoir favorisé Fé- 9 vasion et d'y avoir coopéré. »

On les interroge ;

On entend les témoins ; la fille même de Lavalette, à peine Agée de quatorze ans, est entendue.

Bref, on instruit leur procès sur le fait de Vévasion, et ils auraient été jugés pour ce fait, quand même M. de Lavalette n'eût pas quitté Paris, et alors même qu'il eût été ensuite repris.

Mais on était convaincu qu'il n'était plus possible de Fatteindre, et , dans cette persuasion , on faisait déjà les préparatifs de son exécution par effigie.

Insensible à son propre danger, madame de Lavalette , prisonnière et même au secret, toujours incertaine sur le sort de son époux, tremblait qu'il ne fût découvert, et ne devait trouver le repos que dans la certitude qu'il était sorti de France.

Elle ignorait que le zèle le plus généreux et le plus désintéressé entrait avec ardeur dans le désir d'assurer son triomphe et de combler ses vœux.

Les amis de Lavalette avaient placé leur espoir dans un jeune

giovioe gentiluoDio Inglese, che la sua nobiltà, la sua fortuna, la sua indipendeDza, ed il nio carattere cavalleresco, lor presentavano corne solo capace di secondare il disegno che avevano concepito di allontanare Lavalette.

Ai trenfuno dicembre, fra sette ed otto ore deila mattina, Bruce ricevë un viglietto anonimo che portava in sostanza : « Si- » guore, ho tan ta fiducia nella vostra lealtà, che voglio farvî parn tecipe d^un segreto che non posso dire che a voi solo. Il Signor » di Lavalette ë ancora in Parigi : Rimetto la saa vita nelle vostre » mani : voi solo potete salvarlo. »

Bruce era ancora a letto. Questa Icttera lo pose nella pîù grande sorpresa : dopo avervi pensato per qualche tempo , disse al poriatore del viglietto : « Non posso rispondere per ora; ma se la 9 persona che mi scrive vorrà trovarsi a taie luogo... a tal ora... n le farô parte délie mie riflessioni. »

Queste riflessioni assediavano in foUa Tanima di Bruce,

Non credele fratlanto ch'egli si sia detto : ProfitUamo di quesf occoêione per nuocere al Gaverno francese. Bruce ha assai viaggiato ; conosce i doveri che il dritto politico ed il dritto naturaie impongono agli stranieri; e certamente avrebbe rigettato senz* esitare, ogni proposizione che avesse rassomigliato ad una conspirazione contro lo Stato che esercitava verso di lui Tospitalità.

Ma ei si rappresentava quel che la posizlone di Lavalette aveva d^orribile. Ammirava il nobile sacrifizio délia sua generosa sposa : Lavalette rimetteva la sua vita nelle sue mani; ed infatti, un rifiuto lo rendeva alla morte : sua moglie ella stessa non poteva

sopravvivergli Bruce non aveva la forza di negare; la pietà,

l'umanità avevano troppo imperio sul suo cuore; la sua immagiuazione gli mostrô il disonore e la viltà accanto d*un rifiuto; che dissi io! vide una specie di gloria nel salvare un infelice, ed assicurare alla Signera Lavalette il frutto délia sua beir azione.

Ma, nel medesimo tempo, non si dissimulé tutto quel che Tesecuzione d'un tal progetto aveva di pericoloso : se Lavalette fosse ripreso , si poteva imputar ciô alla cattiva combinazione del suo disegno; ed al pericolo deir intrapresa in se stessa, si sarebbe unito il dolore d'un cattivo successo.

Agitato da questi sentimenti diversi , Brtu:e portossî nel medesimo giorno , verso il mezzo di , al luogo ch' egli stesso aveva indicato. L'intermedio vi si trovô. Bru^e gli disse : « Farô il n possibile per salvare Lavalette, ma non bisogna comprometn tere chicchessia : non voglio conoscere il nome délia persona » che m'ha scritto; non voguo anzi che mi diciate dove ë nascosto }) Lavalette : lasciatemi prima meditare sui mezzi di salvarlo.»

Bruce confessa che avrebbe voluto salvarlo da se solo : ma bentosto ne riconobbe Timpossibilità.

Era ancora in questa perplessità quando ai due gennajo il générale WilsQn venne a vederlo. Egli ebbe subito Tidea di commu-

«entilhomoie anglais qoe ta noblesse, sa foriune, son indépendaooe et son caractère dievaleresqoe leur présentaient comme sral capable de seceoder le dessein qn*ib aYaient formé d'éloigner Lavalette.

Le 31 décembre, entre sept et boit heures du matin, Bmce reeot an billet anonyme qui portait en substance : • Monsienr, j*ai !> tant de confiance en votre loyauté, que je veux vous faire part » d*un secret que je ne puis dire qu*à vous. M. de Lavalette est » encore à Paris; je mets sa vie entre vos mains; vous seul pou- 9 vei le sauver. «

firace était encore au lit Cette lettre le jeta dans le plus grand étonnement Après y avoir rêvé quelque temps, il dit au porteur du billet : « Je ne puis répondre pour le moment, mais si la per- » sonne qui m'écnt veut se trouver à tel endroit... à telle heure... 9 je loi ferai part de mes réflexions. »

Ces réflexions assiégeaient en foule Tâme de Rmce.

Ne croyex pas cependant qull se soit dit : Saisiuans ceUe oua^ siondenuireau gouvemementfrançais, Bruce a beaucoup voyagé ; il connaît les devoirs qoe le droit politique et le droit naturel imposent aux étrangers, et certes il aurait rejeté, sans hésiter, toute proposition qui eût ressemblé à une conspiration coutre TEtat qui exerçait envers lui Thospilalité.

Mais il se représentait ce que la position de Lavalette avait d affreux ; il admirait le noble dévouement de sa généreuse épouse. Lavalette remettait sa vie entre ses mains, et en effet un refus le rendait k la mort : sa femme elle-même ne pouvait lui survivre. ... Bruce n'avait pas la force de refuser : la pitié, Thumanité avaient trop d'empire sur son cœur; son imagination lui montra le déshonneur et la lâcheté à côté d'un refus; que dis-je? il vit une sorte de gloire à sauver ce malheureux , et à assurer à madame Lavalette ce qu'il appelait le fruit de sa belle action.

Mais en même temps il ne se dissimula point tout ce que l'exécution d'un tel projet avait de dangereux : si Lavalette était repris, on pouvait l'imputer à la mauvaise combinaison de son plan, et au risque de l'entreprise en elle»méme se serait jointe la douleur d'un mauvais succès.

Agité par ces sentiments divers , Bruce se rendit le même jour, vers midi, à l'endroit que lui-même avait indiqué. L'interméoiaire s^y trouva. Bruce lui dit : « Je ferai mon possible pour sauver » Lavalette, mais il ne faut compromettre qui que ce soit; je ne » veux pas connaître le nom de la personne qui m'a écrit; je ne » veux pas même que vous me disiez où est caché Lavalette; lais- » sez-moi d'abord aviser aux moyens de le sauver. »

Bruce avoue qu'il aurait voulu pouvoir seul le sauver, mais il en reconnut bientôt l'impossibilité.

11 était encore dans cette perplexité , lorsque le 2 janvier le général Wikon vint le voir; il eut aussitôt l'idée de lui communiquer

nicargli il suo progetto : ma riflesse che si trattava del segrelo ahrui, e si contentô di dirgli : « Vorrei commuoicarvi qualche » cosa ; ma mi abbisogna prima il consenso délia persona che » men' ha parlato. »

IVilson gli domandô se quesf era una buona od ana caltiva nuova? tt Spiacevole, rispose Bruce; ma cène riparleremo do- » maoi. n

Nella serata Br\ue rivide Tintermedio, ed ottenne facilmente la permissione di confidarsi a IVilson.

Questi essendo ritornato in casa di Bruce alV indomani mattino, tre gennajo , Bruce gli raccontô ciô che sapeva di Lavalette : u Ëgli si rimette, disse, fra le aostre mani : come fare per saU » varlo? »

Questa confidenza eccitô la sorpresa di IVilson : a Ah ! mio )' Dio! sclamô egli : voi aveste molta ragione, dicendo jeri che » questa nuova era dispiacevole ! lo lo credeva fuori da Francia , » ed egli è ancora in Parigi »

Qui IVilson provô le stesse inquietudini di Bruce : non ch* egli avesse catliva opinione delF azione in se stessa ; non vi vedeva che la salvezza d*un uomo; ma temeva dinon riuscire, e che non s*imputasse la mancanza del successo ad imprudenza o mala&lta.

Frattanto non esitô a rispondere alla proposizione che gli faceva il suo giovine amico, u che vi penserebbe maturamente, e che quindi ne parlerebbero. »

Da qualche tempo in qaà , Bruce e ÏVilson si erano accorti che erano pella politica Francese un oggetto dMnquietudine e dMnvigilanza ; e quest* osservazione che gli obbligava a più circonspezione, fece loro sentire la nécessita dMnteressare un terzo alla lor intrapresa.

IVilson propose ad un suo compatrîotto (che noi nomineranno anche Ellister poichë il traduttore non ha potuto indovinare il suo vero nome) d*accompagnare Lavalette fino alla frontiera; El' lister vi si sarebbe impiegato volentieri; ma era miiitare, e non potè ottenere un congedo dal suo reggimento.

Ilgiovedi, quattro gennajo, IVilson parlô di questa difficoltà con Bruce^ e gli disse : a Vedo bene che farà d'uopo che compisca n io stesso la commissione; ciô sarà più diflQcile; ma ne prenderô » Fassunto. »

Convengono dunque che Bruce chiederà alF intermedio la misura délia taglia di Lavalette, e che IVilson s' inge^nerk per avère i passaporti.

Bruce avendosi procurato la misura di Lavalette, la rimise a IVilson. — JVilson ando in casa del capitano Hutchinson^ Tinstrusse dell^affare, e gli chiese la sua cooperazione. Le sue parole avevano tutto il peso che le dava la sua quaiilà di générale : gli parlava in oltre in nome deir amicizia che, da lungo tempo, Funiva coi suoi zii IVilson non dubita che Hutchinson non

son projet, mais il réfléchit qu'il s^a^issait du secret d*au(rui, et il 86 contenta de lai dire : « Je voudrais bien vous communiquer 9 quelque chose, mais auparavant il me faut Tassentiment de la D personne qui m'en a parlé. »

Wilson lui demanda si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle, t Désagréable, répondit Bruce, mais noos en reparlerons 9 demain. »

Dans la soirée, Bruce revît Tintermédiaire et en obtint aisément la permission de s'ouvrir à Wilson.

Celui-ci étant revenu chez Bruce le lendemain matin, 3 janvier, Bruce lui raconta ce qu'il savait de Lavalette : « 11 se remet, « dit-il, entre nos mains : comment faire pour le sauver ? «

Cette confidence excita la surprise de Wilson : t Ah! mon n Dieu, s'écria-t-il , vous aviez bien raison de me dire hier que n c'était une nouvelle désagréable! Je le croyais bien hors de » France, et il est encore à Paris !.... »

Ici Wilson éprouva les mêmes inquiétudes que Bruce, non qu'il eût mauvaise opinion de l'action en elle-même ; il n'y voyait que le salut d'un homme, mais il craignait d'échoner et que Ton n'imputât le défaut de succès à imprudence ou maladresse.

Cependant il n'hésita point à répondre à l'ouverture que venait de lui faire son jeune ami , u qu'il y songerait mûrement, et qu'en- » suite ils en reparleraient »

Depuis quelque temps, Bruce et Wilson s'étaient aperçus

3u'ils étaient pour la police française un objet d'inquiétude et e surveillance , et cette observation , qui les engageait à plus de circonspection , leur fit sentir la nécessité d'intéresser un tiers à leur entreprise.

Wilson proposa à l'un de ses compatriotes (que nous nommerons Ellister, puisque l'interprète n'a pas deviné son véritable nom) d'accompagner Lavalette jusqu'à la frontière ; cet Anglais s'y fût employé volontiers, mais il était militaire, et ne put obtenir un congé de son régiment.

Le jeudi 4, Wilson parla de cette difficulté à Bruce et lui dit : u Je vois bien qu'il faudra que j'accomplisse moi-même la com- » mission ; cela sera plus difficile, mais je m'en chargerai. »

Ils conviennent donc que Bruce demandera à l'intermédiaire la mesure de la taille de Lavalette , et que Wilson se procurera « les passe-ports.

Bruce s étant procuré la mesure de Lavalette, la remit à Wilson. Wilson alors se transporta chez le capitaine Hutchinson, le mit au fait, et lui demanda sa coopération. Ses paroles avaient tout le poids que lui donnait sa qualité de général. Il lui parlait d'ailleurs au nom de l'amitié qui depuis longtemps l'unissait à ses oncles.... Wilson ne doute pas que Hutchinson n'eût adhéré à la

94 LES TROIS ANGLiUS.

avesse aderito alla proposixione pel solo effetlo délia sua bnona îndole; ma rileva egli stesso lutte queste cireostanze per mostrara che se il fatto è divenulo punibile » il daiiiio ne dovrebbe ricadera sopra lui piuttosto che sopra Hutchinson.

Che che ne sia, HtUchmsùn consente ad ajutare Wil$<m e Biruce nel loro progetta S*incarica délia miaura di LataUUêj e per non compromettere verun sartore francese , la rimetle ad un sartore tedesco al qnale ordina nn uniforme di quarUer-moêlro del reg^ gimento délie guardie,

Questo buono Tedesco, vedendo la misnra, disse tosto : Quasta nUsura non essere statapreâa d^un sartore. A quest' osservazione, Hutchmson non potè contenersi di sorridere ; ma faoendo qnindi a poco riflessione aile consequenze che potrebbero da ciô risultare , pigliô cura di traviare i sospetti deir ariista, dkendogli : tt Fatti chesaranno i vestiti, voi gl îmbalkrete, perché il qoar*- I) tier-mastro, non av endo potuto aspettarli, è già partito» ed io » gli spedirô la cassa. »

D'un altra parte Wilson s'era proeurato due passaporti Senza entrare a queato soggetto in verun particolarità, ci contentiamo di dire che qoesti passaporti non sono stati sorpresi aile autorîtà francesi; che sono stati accordati d*una cancelleria straniera; e che se lo sono stati sotto altri nomi che quelli di IVilson^ ciô non poteva sembrare sorprendente, poichè nulla è più fréquente dalia parte degr Inglesi che il viaggiare sotto nomi supposti.

Non si ristabiiiranno qui questi nomi che sembrano non aver

Sotuto essere deciferati dal traduttore : la sola cosa interessania a rilevarsi , si ë che le lettere iniziali di quei due oomi erano pre* cisamente un' L e un W afiinchë se, per evento» i bauli foasero visitati, il marchio délia biancheria non contradicesse Tenuttcia^ zione dei passaporti.

Il venerdi, il sabbato e la domenica (cinque, sei e sette gennajo) furono impiegati a fare i preparativi délia partenza.

HuUJnnson ed Ellister andavano a riconoscere il paese , ora sopra una via, ora supra un' altra; ed il risultato délie lor ricogni^ zioni fu che bisognava preferire la barriera di Clkhy.

Afa corne passare qnesta barriera senza essere osservato?

Non potevano pensare a partire in posta. Perdiè, in esecuzione d'un ordine stabilito dopo la fuga di Lavalette^ un gendarme assisteva alla partenza d'ogni viaggiatore, verificava i passaporti, spiava i sffgnali, seguiva anche la vettura fino ad una certa distanza.

Uscire a cavallo parevala cosa la più semplice; ma, altra difficolla : gl' Inglesi hanno un' andatura particolare che LÎwakite non avrebbe mai imitata.

Partiranno dunque in vettura : non già in una berlina ermelicamente diiusa , nemmeno in un bireecio coperto , ma in un bog^ guey, sorfa di vettura che, avendo meno faspetto misterioso, do» vrà perciô eceitare n»eno sospetto.

Ï proposition par le seul efTel de son bon naturel, mais il relère ui-mtoie tontes ces circonstances pour montrer que si le fait est devena punissable, le tort en devrait retomber sur lui plutôt que sur Hotcbinson.

Quoi qu'il en soit, Hutcbinson consent à aider Wilson et Bruce dans leur projet 11 se cbarpe de la mesure de Lavalette , et pour ne compromettre aucun taillenr français, il la remet à un tailleur allemand auquel il commande un uniforme de qmrtkr*maUr€ du régiment des gardes.

Ce bon Allemand, voyant la mesure, dit de suite : Cette mesure fia pas été prUeparun tailleur. A cette remarque, Hutcbinson ne put s*empècber de sourire ; mais faisant bientôt après réflexion aux suites qu'elle pourrait avoir, il prit soin de détourner les soupçons de l'ouvrier en lui disant : « Quand les babils seront » faits, vous les emballerex, parce que le quartier-mallre n'ayant n pas pu les attendre, est déjà parti, et je lui expédierai la caisse* n

D'un autre côté, Wilson s'était procuré des passe-ports: sans entrer à ce sujet dans aucun détail, on se borne à dire que ces passe-ports n'ont point été surpris aux autorités françaises ; aulb ont été délivrés par une chancellerie étrangère, et que s'ils 1 ont été sous des noms antres que celui de Wilson , cela ne pouvait pas paraître étonnant, puisque rien n'est plus fréquent de la part des Anglais que de voyager sous des noms supposés.

La seule chose intéressante à relever au sujet de ces noms qui étaient ceux du général Walys et du colonel Laussac , c'est que les initiales de ces deux noms étaient précisément un L et un V\', afin qae si, par événement, les malles étaient visitées, la marque du linge ne contredit pas renonciation des passe-ports.

Le vendredi, le samedi et le dimanche (5, 6 et 7 janvier) furent employés à fiiire les préparatifs du départ

Hutcbinson et ElUster allaient à la découverte, tantôt sur une route, tantôt sur une autre , et le résultat de leur reconnaissance fut qu'il fallait préférer la barrière de Glichy.

Mais comment passer cette barrière sans être remarqué?

On ne pouvait songer h partir en poste ; car, d'après un ordre établi depuis l'évasion de Lavalette, un gendarme assistait au déart de chaque voyageur, vérifiait les passe-port!», épiait les signalements, suivait même la voiture jusqu'à une certaine distance.

Sortir à cheval paraissait le plus simple, mais un autre inconvénient : les Anglais ont une allure particulière que Lavaletle n'eût jamais attrapée.

On partira donc en voiture , non pas dans un carrosse hermétiquement fermé, non pas môme dans un cabriolet couvert, mais dans un boguey, genre de voiture qui, ayant le moins Tair du mystère, devra aussi exciter le moins de soupçon.

LavaleUe vi si porrà con WiUon,

Hutchinson ed an senridore seguiranno a cavallo, affinchè, in caso d'allarmi, Lavalette e WiUon possano gettarsi giù dal Ifogguet/y pigliare i lor cavalli di scorta, e fuggire a tutta briglia.

Nel medesimo tempo Ellister^ munito del passaporto consegaato sottoil nome del colonnelio L.. salira neUa beriina di Wilson, ed nscirà da una barriéra différente, perandare a raggiugnerii a Compiègfie.

Là, cambieranno di vetture. EUister e Hutchinson ricondurranno il hogguey a Parigi , e gli altri due proseguiranno il lor viaggio oella beriina. Compiègne era stata sceita per farvi il cambio délie vetture : 1*^ perche quella cîttà stava ad una distanza assai grande da Parigi, perché questo cambio non fosse osservato; 2° perche Bruce, avendo inteso che la brigata di suo cugino Brichaut era a Compiègne, e che il suo ajutante di campo abbandonerebbe Parigi ai sette gennajo per portarsi in quella città , coi cavalli ed i bagagli del Générale , il quale era allora in Inghilterra : Bruce ^ diciamo, aveva pregato qurst' ajutante di campo di] ricevere Wilson al suo passaggio, quel che quest' uffiziale aveva promesso con molta garbatezza, e senza chieder altro.

Sabbato la sera , Bruce disse air intermedio che ogni cosa era preparata, afûnchè la partenza avesse luogo dopo domaui mattino.

Convengono insieme di regolare i lor orologii sul quadrante délie Tuilerie, la domenica a tre ore in punto;

£ che la stessa sera, a nove ore e mezzo précise, Lavalette si portera in casa di Hutchinson^ strada del Helder, n® 3.

Si prese pel luogo délia partenza Talloggio di Hutchinson, perché Tabitazione di Wilson e quella di Bruce erano invigilate da presso dagli agenti della politica : ed anche perché la strada del Helder era più vicina alla barriéra di Clichy; e che, in oltre, Hutchinson soleva alzarsi di buon mattino , ora per andare alla caccia, ora per andare alla parata.

Ë da osservare che Wilson e Brtue ignoravano ancora compiutamente dove era nascosto Lavalette»

La domenica, Brme va aile Tuilerie per confrontar Tora.

A nove ore e mezzo précise , un biroccio nel quale era Lavalette con un suo amico, giunge nella strada Helder, n° 3.

Si bussa, e Bruce che usciva al medesimo minuto, si présenta a lui, e gli batte leggiermente la spalla, dicendo : «Goddem M » perché venite tanto tardi?é molto tempo chev^ aspettiamo ; abn biamo già bevuto la nostra prima tazza di ponce. »

E nel medesimo tempo, lo prende sotto il braccio e lo conduce neir appartamento di Hutchinson,

^ Si M hene che queit* eipreiiione non è del baon nio in Inghilterra ; ma Bruee dovette proferirU , per ingannar meglio le penone che erano nel caiotto

La?alette s*y placera avec Wilson.

Hutchioson et un domestique suivront ù cheval, afin, en cas (Talerte, que Lavaletle et Wilson puissent se jeter à bas du bogaey, prendre leurs chevaux d escorte et fuir à toute bride.

Dans le même temps Ëllîsler, muni dn passe-port délivré sons le nom du colonel Laussac, montera dans la berline de Wilson, et sortira par une autre barrière pour aller les rejoindre à Cornpiègne.

Là on cbangera de voilure. Ellister et Hutchinson ramèneront le boguey à Paris, et les deux autrea poursuivront leur voyage dans lu berline. On avait choisi Compiègne pour y faire rechange des voitures , 1® parce que cette ville se trouvait à une assez grande distance de Paris pour que cet échange ne fût pas remarqué ; ^o parce que Bruce ayant appris que la brigade de son cousin le général Brkhauld^ était à Compiègne, et que son aide de camp quitterait Paris le 7 janvier pour se rendre en cette ville avec les chevaux et les bagages du général, qui était alors en Angleterre, Bruce, disons-nous» avait prié cet aide de camp de recevoir Wilson à son passage, ce que cet officier avait promis avec beaucoup d*obligeance et sans en demander davantage.

Le samedi soir, Bruce dit à T intermédiaire que tout élait préparé pour que le départ eût l!eu le surlendemain matin.

Ils conviennent ensemble de régler leurs montres sur Thorloge des Tuileries le dimanche à trois heures sonnantes;

Et que le même soir, à neuf heures et demie précises, Lavaletle se rendra chez Hutcbinson, rue du Helder, n** 3.

On prit pour point de départ le logement de Hutchinson, parce que le domicile de Wilson et celui de Bruce étaient surveillés de près par les rôdeurs de la police, et aussi parce que la rue du Helder éiait plus proche de la barrière de Clichy, et que d ailleurs Huichinson avait Thabitude de se lever malin, tantôt pour aller à la chasse, tantôt pour aller à la parade.

Vous remarquerez que W'ilson, Bruce et Hutchinson ignoraient complètement où était caché Lavaletle.

Le dimanche, Bruce va aux Tuileries pour y prendre Theure.

A neuf heures et demie juste , un cabriolet , dans lequel élait Lavaletle avec un de ses amis, arrive rue du Helder, n° 3.

On frappe, et Bruce qui sortait à la même minute, se présente à lui et lui donne un léger coup sur Tépaule en disant : u God^ V dem^l pourquoi venez-vous si tard? il y a longtemps que nous 9 VOUS attendons; nous avons déjà ba notre premier bol de n punch. •

Et en même temps, il le prend par-dessous le bras et le conduit dans Fappartement de Hutchinson.

^ Nom mal la par rinterprète.

^ On sait bien qoe celte expression n'est pas dabon aiage en Angleterre ; nuis

Lavaleile aveva un pastrano lurchino, coo alamari , un panta lone dcllo stesso colore, stivall di sopra cogli sproni, ana parrucca corta ed un cappello rotonde.

Non vî erano da Hutckinson che BrucCy IVilson ed EUisler, coi fervidori di Hutchinson,

Lavalette, corne si puô credere, era agitatissimo ed aisai commosto di rtconosceuza per questi stranieri che s^interessavano tanloliberalmenle al suo destino.

Doe minuti erano appena pasaati che ai bnssa; un nomo entra nella prima stanza e domanda il colonoello L..... (questo era il nome sotto il quale LavaleiU doveva viaggiare).

Il servidore di Hutchinson ne awisa il tuo padrone.

Coslai esceirincogniloripetech'egli domanda il oolonnelloL...»

Pregale il colonnello di venire, dice HuUhinson al suo senridore.

Quesf ultimo che, senza essere a parte del segreto, aveva sentito dare ad EUisler * il nome di L va a dirgli ch* è domandato.

Eliister si présenta e dice air uomo che lo domandava : Non vi conosco,

Quest' uomo parve sorpreso perché credeva che LavaleiU si presenterebbe al nome di L.....

Frattanto Hutchinson che non sapeva cosa pensare di questa visita, serrava un poco Tincognito dalla parte deila finestra, quando scorse sotto il suo pastrano socchiuso una pistola a due col pi di cui s*impadroni bruscamente.

In vece di lagnarsi di questa violenza, Tincognito si contentô di dire : t Vedo bene che siete un nostro amîco ; siete un uomo generoso. » E si ritirô.

Quest* episodio non era fatto per rassicurare. Hutchinson corse nella stanza in cui era Lavalette; ed erano già tutti a commnnicarsi i lor allarmi, sAlorchè Lavalette, riconoscendo la pistola che Hutchinson teniva nella sua mano, per essere una délie sue, li rassicurô dicendo loro ch'egli T aveva lasciata nel hiroocio del suo amico, il quale, accorgendosi deila sua dimenticanza, era stato soUecilo a riportargliela.

(Questa pistola è rimasta nelle mani di Hutchinson^^eà ha da(o luogo ad alcune quislioni nei suoi interrogatorii.)

Resi tranquilli sulle consequenzc di quest' incidente, Lawslette si mette gli abiti che glt erano stati preparati.

Ciô fatto, Eliister si ri lira.

Wilson fa Tistesso : e va alla conversazione ûno a mezza notte, aftin di non dare verun sospetto a quelli che sarebbero stati tentati di spiarlo da presso.

del portière ; ed io ho dovuto rapporlarla per cooiervare al racconto tatta la sua esattezza.

1 Era stato convenuto che Eliister prenderebbe il nome del colonnello L...., e che lo conserverebbe sino a Compiègnef ove cedercbbe qaello itesso nome a Lavalette, col passaporto in conferma.

LES raOIS AIMSLAI&

Laf«l«tte mw9Ài «m èénle blrae 4 btimlebow^, nm pantalon àè méoM «oaftMT, ImUm par-^htsut cfee épnrow , «ne perra^we courte et un chapeau rond.

il a*y avaU ekealUrtdiîiMM q«e Bnm, Wilâm H EUîiler, avec les domestiques de HutdiHHOii.

Lavaletle, comme on peut le croire» éUM Mt-agilé el iori ému de reofMnuMMnoe powr cet étoangeri ^i a'wléneiaaitiit ai kbéralernent à son sort.

De«K MKifas a'iéUieMt à paàM écoaléet qu*Mi a*o»e ; un

homme entre dans la première pièce et demande le colonel Laas- •ac (Celait k «oiii aiMS lequel LaTaietIa devail voyager.)

Le daoïealHiaa de Hatdbîasoa afiertii ton «allff».

Celui-ci sort : T inconnu répète qu'il demande b «aloseJ faMisae.

Priez le cotooel de veoir, dît Hutchinaon i aea doBeati^ve.

Ce dernier qui, sans être dans le secret, avait entenda donner & EUitler le boiii de Laussae ^ va hii dira qu'on le demande.

EUisler se présente et dit à rhoaiaie q«i le demandait : Je na votif connais pas.

Cet honuM panrt aarpris « parce qu'il crof ait que Lavaletta se présenterait au DfMDi de Liutsae. Cependant Uatdiioson , qui ne savait que pfitr le cette vitîtf, presaait »m peu TiiiooaBu du côté de la fenêtre, lorsqu'il aperçut sous sa redingote entr'ourerte un pistolet à deux ee«pa dont il ae aaiik bcvaqueMeot.

Au lieu de se plaindre de cette violence , l'ieconnii se contenta de dire : m Je vois bia« qne vous êtes de bb» amis ; veas êtes un n homme généreux ; » et il se nrtira.

Cet épisode n'était rien moins que rassurant. Hutchinson se hâta de rentrer dans la pièce «ù était Lavaiette, et ils allaient tous se eemmuniquar leara alarmes, lorsque Lavalette, reconnaissant le pistolet que Hutchinson tenait à. la main paur être on des siens* les rassura en lemr disant qu'il l'avait laissé dans le cabriolet de son ami, qui, s'apercevant de son oubli, s'était empressé de le lui rapporter.

(Ce pistolet est resté dans les mains de Huichîason, et a donné lieu k quelques questions dans ses interrogatoires*)

Tranquillisé sur les suites de cet incident , Lavalette revêt les habits qu'on lui avait prépsrés.

Cela fait, Ëllister se retire.

Wtlson se retire aussi et va en société jusqu'à minuit, afin de ne donner aucun soupçon à ceux qui auraient été tentés de i'ecpionner. Quant à Bruce, il est resté chez Hutchinson jusqu'à mi- Bruce dut U proférer, pour nieax tromper les personnes qui étaient dans la loge du portier ; el j'ai du la rapporter pour conserver au récit toute son exactitude. {H' Il avait été convenu qa'Ellister prendrait le nom de colonel Laossac, et qu'il le garderait jnsqn'à Compiègne , où il céderait ce mime nom i Lavalette, avec le passe-port à F appui.

In quanto a Bruce, è stato da Hutchimon sino a mezza nolte. A qaeir ora, egli ha abbracciato SiîfeiiuossLmenie Lavalette, e Vha. lasciato, augurandogli un felice viaggio.

Ilbisogno di riposo facendosi imperiosamente seniiref LavaletU si è gettato sopra an letto senza spogliarsi.

Lo stesso fece Hutchinson,

Appena erano distesi , che sentono bussare alla porta oon violenza...

Lavalette si alza con subitaneo terrore, ed esclama : Siamo perduti!

Ma non tardano ad essere rassicurati. Hutchinson verifica che questo rumore era cagionato da un ufBziale ubbriaco che si era ingannato di porta.

Termina finalmente questa terribile notte : è già per battere Fora della partenza.

A sette ore della matlina, Totto gennajo, il servidore di IVilson va a cercare il hogguey di Bruce, e rilorna a trovare il suo padrone, strada della Puce, n° 21.

ÎVilson si mette nel hogguey; il suo servidore lo segue.

Vanno cosi alla strada del Helder, n^ 3. Wilson monta air apparlamento di Hutchinson eàice & Lavalatte : Andiamo, ognicosa è pronta.

Lavalette si accommoda nel hogguey alla sinistra di JVilson.

HutcTiinson ë a cavallo , e parte con loro.

Il servidore di Wibon va dopo.

Hutchinson si teniva accanto aile ruote, andando ora ad un lato , ora ad un altro , e lor parlando inglese.

Lavalette ne sapeva appena alcune voci, e fingeva frattauto di capirlo. Per altro, come parlava passabilmente il tedesco, erasi convenuto che al bisogno, egli si dichiarerebbe, uffiziale tedesco attaccato allô stato-maggiore inglese.

Wilson aveva il suo uniforme di générale inglese, con un cappotto turchino ed un cappello rotondo.

Lavalette ^oriava parimenle il suo uniforme di quarlier-mastro, sotto un pastrano bigio, ed aveva un schakos inglese coperto d'una tela incerata. Teniva sopra i suoi ginocchi il capello d'uniforme di Wilson, il di cui pennaccbio bianco serviva maravigliosamente a fissare Tattenzione della gente che passava.

Traversarono la barriera ad un passo moderato; i gendarmi li riguardarono fissamente; ma il movimento della presentazione deir armi facilité à Lavalette il mezzo di coprire il suo profilo, nel renderc il snluto.

Fu in questo modo che, il lunedi, otlo gennajo, ad ott' ore della mattina, in picno giorno, Lavalette, raso di fresco, col viso scoperto, e non avendo anche passaporlo seco, usci da Parigi, senz' inspirare il più lieve sospelto, senza provare il minore ostacolo.

Buit. A cette heure, il a embrassé afrectueusement Lavalclle, et Ta quitté en lui souhaitant un heureux voyage.

Le besoin de repos se faisant impéneaseoicnt sentir, I^valette s* est jeté sur le lit de Hutchinson sans se déshabiller.

Hutchinson en a fait autant.

A peine étaient-ils étendus, qu^ils entendent frapper à la porte avec violence.... Lavalelte se lève en sursaut et s*écrie : Août sommes perdus !

Mais ils ne tardent pas à être rassurés. Hutchinson vérifie que ce bruit était occasionné par un ofGcier ivre qoi s* était trompé de porte.

Enfin cette terrible nuit s'achève ; Theure du départ va sonner.

A sept heures du matin, le domestique de VVilson va chercher le boguey de Bruce et revient trouver son maître, rue de la Paix, n»2L

Wilson monte dans le boguey; son domestique à cheval le suit Ils vont ainsi rue du Heider, n® 3. Wilson monte h Fapparlement de Hutchinson, et dit à Lavalette : Allons, tout est prêt,

Lavalette se place dans le boguey, à la gauche de Wilson.

Hutchinson monte à cheval et part avec eux.

Le domestique de Wilson marche après.

Hutchinson se tenait à la hauteur des roues, allant tantôt d'un côté, tantôt de F autre, et leur parlant anglais.

Lavalette en savait à peine quelques mots, et feignait cependant de Tentendre. Du reste, comme il parlait assez bien l'allemand, il était convenu qu'au besoin il se déclarerait officier allemand at' taché à l'état-major anglais,

Wilson avait son uniforme de général anglais, avec une capote bleue et un chapeau rond.

Lavalette avait également son uniforme de quartler-mailre sous nne redingote grise, et portait un schako anglais recouvert d'une toile cirée. Il tenait sur ses genoux le chapeau d^uniforme de VV^il- 8on , dont le plumet blanc servait merveilleusement à fixer l'attention des passants.

Ils passèrent la barrière à un pas modéré; les gendarmes les regardèrent fixement, mais le mouvement de la présentation des armes facilita à Lavalette le moyen de couvrir son profil en rendant le salut.

C'est ainsi que le lundi 8 janvier, à 8 heures du matin, en plein jour, Lavalette fraîchement rasé, le visage découvert et n'ayant pas même de passe-port sur lui, sortit de Paris sans inspirer le plus léger soupçon, sans éprouver le moindre obstacle.

102 LE» TKOIS iINGLAlS.

Sttl p&nto di ginngere &}ki Cappella, Hutchinson, distaccossi ionanzi, per andare alla seoperta.

Trovô quattro gendarmi a cavallo dirimpetto air osteria ove sî era gîÀ dSsposto 11 eaai^î* iki eava^^

Udo di questi genéaron i^znvnhno e gti cbmandô se vi fosie un movimento di truppe sulla via : u Ne, glrrispese HuUkmmyii; n questo ne» sarà pef eggk Ma vene sarà ir» p««]i» gîoritk II ge-

9 nerftle arrivera a momentt per ieegKere î canton amentî délia Ma » divisione. »

Intanto, il hoggiiey giungc ; Hutchinson fa cenno a IVilson che

10 coA^iieava d*e)»lrar« si>b^ Btl tmiiAB^

Id «a batte* d'eeebî», eaiiM«n# di cavi^ e partons di inMV«»

Appena erano sul cammino , qaando s*accorsero ancora di Imsitano, d*uiia vettiir» scortala d'altri gendarmi.

Ma Hutchinson vl si accostô , e lor fece tante quistioni , che erano interamente atàeniî a ritpood^gli, f|iiando il Jtogguey passo leggierÉieste accanio a ioro.

Come si avvîcinavano a Compiègne, Hutchinson ed il servidore dî Wèistm raiddoppiaroiio il passo per Mdare a ricoDOiicere Ftfllogio. Air eairata délia eittà, Iroraroi^o vu sergeste inearicftlo dl condurli al ifnarliere ove aUta Fajiilaate di campo in easa dt c» dovevano metter piede.

Incanlafo di quési' inconfro, Hutchinson aspeilô allora il hogguey, di cui la mossa era atata impediia «n instante, perekè^ Wil-^ son y essendosi accorto che i captlli canati cfâ Lmvalette paseavano per di soUola sua parrncea, »Vra fernato per tagliargli^*

Quiiidi tutti insieme entrarono a Cwkpiègn^ a dee are dopo il metso giorno, eon pioggia s-trabocche?ole , e traversarono tutta la ciUà per andare air abitazione che era lor preparala.

11 stgnor F (Tajutante di eampo) li recefe cod una mat-

sima cortezia, ed offerisce loro una eoUazione che aeeettarono, aspctiando in tanto ElUster,

Quest' ultime era venuto la domenica a sera ad aUogiare nella strada e easa deir Helder, sotfoil nome del colonDello L....»

Wilson aveva falto condarre e nsettere la soa vcttnra ntikt rimessa di questa ca»a«

ÉUister era stato egli steaso col suo passaporto di d^onnello L... a domandare alla prefettura di politica dei cavaili di posta* Mentre che si spediva Tordine solto i suoi ocehi, aveva vedutosul tavolino un gran numéro di foglii stampati portando il segnale di Lavulette. Si distribuîvano a cbiunque veiiiva, e non aveva potutoscusarsi d'accellarue un esemplare.

Gli si era stato rioMsso an ordine per îre cavaili ad una ber- Una dovendo contenere lui ed il suo servidore. Conduceva seco ^el servidore nella berlina stessa, affinchè, cedendo il posto a Lavalette ed a Wilson, il numéro dei viaggiatori non paresse aamentato.

LES TROIS ANGLAIS. iOI

Sar le point d'arrîfer à U Chapelle, Halchinson se détacha en avant et fut à la découverte.

U tronva quatre gendarmes à cheval vis-à-vis de Tanberga oè Ton avait disposé le premier relais.

Un de ces gendarmes s'approcha de lai, et lai demanda sH y avait an moavement de troupes sar la route. « Non , lui répondk » Hotchinson, ce ne sera pas pour aujourd'hui, mais il y en aura » soos peu de jours ; le général ne tarde que le moment d'arriver » poar choisir les cantonnements de sa divisioa. n

Sur ces entrefaites, le hoguey arrive; Hutchinson fait signe & Wilson qui le conduisait d'entrer de suite dans la cour.

En un clin d'ceil, ib changent de chevaux et repartent.

Ils débouchaient sur la route, quand ils aperçurent encore aa loin une voiture escortée par de nouveaux gendarmes.

Mais Hutchinson les accosta et leur fit tant de questions, qulb étaient entièrement occupés à lui répondre quand le hoguey passa légèrement à côté d'eux.

Comme ils approchaient de Compiègne, Hutchinson et le domestique de WiisoB doublèrent le pas pour aller reconnaître le logement. A l'entrée de la ville, ils trouvèrent un sergent chargé de les conduire au quartier où était logé l'aide de camp ches lequel îls devaient mettre pied à terre.

Charmé de cette rencontre, Hutchinson attendit alors le hoguey dont la marche avait été retardée un instant, parce que Wilson s'étant aperçu que les cheveux gris de Lavalette passaient pardessous sa perruque, s'était arrêté pour les lui couper.

Ils firent ensuite tous ensemble leur entrée à Compiègne, pluie battante, et traversèrent toute la ville pour se rendre au logement qui leur était préparé.

M. Franel (l'aide de camp) les reçut avec une extrême courtoisie, et lear offrit une collation qu'ils acceptèrent en attendant Ëllister.

Ce dernier était venu le dimanche soir loger, rue et hôtel du Helder, sous le nom du colonel Laussac.

Wilson avait fait conduire et remiser sa voiture dans cet hôtel.

Ëllister avait été lui-même, avec son passe-port du colonel Laussac, demander à la préfecture de police des chevaux de poste. Pendant qu'on expédiait l'ordre sous ses yeux , il avait vu sur le bureau un grand nombre de feuilles imprimées portant le signalement de Lavalette. On les distribuait à tout venant, et il n'avait pu se dispenser d'en accepter un exemplaire.

On lui avait remis un ordre pour trois chevaux, sur une berline devant contenir lui et son domestique. Il emmenait ce domestique avec lui dans la berline même, afin que cédant la place à Lavalette et à Wilson , le nombre des voyageurs ne parût pas augmenté.

Faite cosi queste disposizioni , Ellister che , corne si ë vedato , aveva passato una parte délia serata délia domenica in casa di Hutchinsan, era pronto a partire rindomani mattino^ luoedi^ aile dieci ore.

Un gendarme era présente, che gli aveva domandato il suo passaporlo per esaminarlo, e non glielo aveva reso chedopo aver eâattamente collazionato la sua figura con tutle TenQnciazioni dcl

Dopo questa verificazione ^ Ellister era montato nella berlina, indicândo al postiglione la via di Compiègne pella barriera di San Dionisio.

Intanto il gendarme non Tavetra perduto di vista; egli aveva seguito la vettura sino al Bourget; ivi, era stato rimpiazzato da un uomo di politica, in cappolto, armato d'una scimitarra^ e col capo coperto d'un cappello chiamato claque; maquest* agente non aveva tardato ad abbandonarlo.

A Louvres, Ellister eia sceso da vettura. Un gendarme gU aveva domandato il suo passaporto ; e dopo averlo rignardato , aveva detlo ai suoi camerati : u Per Bacco , costui non è un uffiziale inglese. » Certissimo del contrario, Ellister aveva ripreso il discorso con ardire, e gli aveva risposto d*un tuono fermoioVingannate. » Ë la cosa passô cosi.

Ellister glunse senz* altro accidente a Compiègne, a cinque ore précise, e si fececondurre al quartiere dove sapeva che Lavalette e Wilson Taspettavano.

Furono ordinati subito nuovi cavalli.

L^ajutante di campo voleva ritenerli a pranzo; ma Wilson accelerôla partenza.

Ellister sot(o nome del colonnello L aveva fatto domandare

tre cavalli * ed un corriere innanzi.

Era già notte; e Toscurità doveva proteggere i viaggiatori; ma Wilson, convinto che per dare meno sospelto, bisognava tanto che era possibile, andare allô scoperto, face accendere le tre lanterne délia sua vettura.

Tutto è pronto alla partenza; il corriere parte innanzi per cornmandare i cavalli freschi.

Il servidore di Wilson si mette sul seggio délia berlina.

Lavalette vi entra munito del passaporto del colonnello L

che Ellister gli aveva rîmesso.

Wilson vi si posta accanto suo : egli aveva un pajo di pistole.

Lavalette ne aveva una sokmente; Tallra era restata in casa di Hutchinson,

Non avevano sciabla ne Tuno ne Taltro ; e benchë decisi a difen-

^ Quattro cavalli avrebbero mostrato (roppa impazienza , ed an (roppo gran bisogDO di celeritii. Con Ire cavalli solamente , si evitava il seconde postiglione che sarebbe sfato necessario di prendere. Era un Argo di meno.

Ces dispositions ainsi faites, Ellister, qui, comme on Ta ra, avait passé une partie de la soirée du dimanche chex Hulchinson, était prêt à partir le lendemain matin lundi à dix heures.

Un gendarme qui était présent lui avait demandé son paste-port pour le viser, et ne le lui avait rendu qu* après avoir exactement collationné sa figure avec toutes les énonciations du signalement.

Après cette vérification, Ellister était monté dans la berline, en indiquant au postillon la roule de Compièçne par la barrière Saint-Denis.

Cependant le gendarme n* avait point lâché prise; il avait suivi la voiture jusqu au Bourget; au Bourget, il avait été remplacé par un homme de police en capote, armé d*un sabre et coiffé d*un claque, mais cet agent n* avait pas tardé à Tabandonner.

A Louvres, Ellister était descendu de voiture; un gendarme lui avait demandé son passe-port, et après Tavoir regardé, avait dit à ses camarades : a Quand le diable y serait, ce n*est pas là un officier anglais. » Bien certain du contraire, Ellister avait relevé le propos avec assurance et lui avait répondu d*un ton ferme : tt Vous vous trompez. » L'observation n'avait pas été plus loin.

Ellister arriva, sans autre accident, à Compiègne à cinq heures précises, et se fit conduire au quartier où il savait que Lavalctte et Wilson Tattendaient.

Aussitôt le relais fut commandé.

L'aide de camp voulait les retenir à dîner, mais Wilson pressa le départ.

Ellister, sous le nom du colonel Laussac, fait demander trois chevaux^ et un courrier en avant

Il était nuit, et son obscurité devait protéger les voyageurs; mais, convaincu que pour donner moins de soupçon il fallait nu* tant que possible aller à découvert, Wilson fit allumer Ips trois lanternes de sa voiture.

Tout est prêt : un courrier français part en avant pour corn* mander les rélais.

Le domestique de Wilson monte sur le siège de la berline.

Lavalette y entre muni du passe-port du colonel Laussac, qu' Ellister lui avait remis.

Wilson s'y place à ses côtés : il avait une paire de pistolets.

Lavalette n'en avait qu'un ; l'autre était resté chez Hutcbinson.

Ils n'avaient de sabre ni l'un ni l'autre; et quoique décidés à se

1 Quatre chevaux auraient montré trop d'impatience et un trop grand besoin de célérité ; avec trois chevaux seulement on évitait le second postillon qu'il aurait fallu prendre. C'était un Argus de moins.

déni in casod'ailacco,la Teriliè fraliaDlo che faoevano molto pîù coolo, al bisogno, ralla lor prontena di spirito, che sopra nna resistenza a fona aperta.

Hulchinsan ed EUister lor augorano un felice viaggio , ed il postiglione fa via, faeendo seoppiarela sua sfena.

11 senridore di IVUiOM non paiiava fraocese ; era IVUson egli sieito che pagava ad ogni posta. Ad ogoi interpeUazioae , aveta ffran cura di rispondere : gerurale ingUse; ed il suo linguaggio , la forma délia s«a vdlsra, la fisionomia del soo serfidore, tntto confennava Fidea che i viaggiatori erano effetli? ameole loglesL

Erano già q«altr*ore dopo mena notte; ed etsi si trovavano a dac sole l^he da CmmhraL Ma il maestro di posta li prévenue che non potrebbero traTersare qoella piazza di nolte , perché le porte erano chinse, e che il preposto agli antiposti non Torehhe dmila fatica d'andare ad avertire il custode.

Si concepisce qui qneli* inqaietndine recava un simile ritardo; erano forse insegoiti; ed in questo caso, non era impossibile di esser ragginntL

Pare y fo d*aopo di risolversi ad aspettare.

Per passare il tempo e traviare i sospetti , IVilson scese dalla vettara, mentre che il sno compagno fingeva di dormira Andè ■ella stalla, parlé coi postiglioni e guadagnô cosi Tora délia partenza.

A sei ore, si rimettono in cammino, e si presentano aile porte di Cambrai mezz* ora prima deW alba.

Il postiglione fa sentire la sua sferza per avvertire : nissuno risponde. La sentinella inglese chiama frattanto il preposto; ma qnesti non vuole incommodarsi. Bisogna ancor aspettare. Finalmente il giorno spunta; il portachiavi viene e si scusa» rigettando la colpa suUa pigrizia del preposto. La berlina passa : quattro o cinqne vetture, ritardate per lastessa cagione, passano nel medeflimo tempo. Giunti alF albergo, Toste che vede un générale inglese, gr indirizza le sue doglianze sulF indolenza del preposto, il quale fa che i viaggiatori coricano fuor délia città , in vece di scendere in casa sua. IVilson gli risponde che non ha tempo presentemente d*andarne a parlar col comandante délia piazza, ma che lo farà al soo ritomo.

Cambiati i cavalli, la berlina riparte.

A nove ore e mezzo , giunge a Valenciennes. Alla porta délia città, un agente francese si présenta, e pronunzia la formola usata : Quesli signori hanno i loro passaporli senza duhhio ? A queita quistione , Wilson mette la testa alla portiera e risponde : to sono générale inglese. Si dà crédite al suo uniforme e sopra tntto al suo accento : la veltura entra nella città.

Giunti alla posta, on garzoncino domanda nuovamente i passaporli. Wilson^ che, come si pensa bene, s'incaricava d'ogni

défendre en ca»d*atlaqDe, la vérité est cependant qu'ils complaient beaBcanp plu», ao besoin, tor leur présence d*esprit que sur une résistance à force ouverte.

Hutcbinson et Ellisterlear souhaitent un bon voyage, et le pot* tillon fait roule, en faisant claquer son foof (.

Le domestique de Wilsoii ne pariait pas fianrais : cVtait WiU son lui-n>émc qui payait k cbaque poste. A toute interpellation, il avait grand soin de répondie : Général anglais! et son langage, la forme de sa voitare, la physioDomie de son domestique, tout confirmait dans Hdée que les voyageurs étaient effectivement Anglais,

U était déjà quatre heures du matin; ils n'étaient plus qu'à deux lienes de Cambrai , mais le maitre de poste ks prévint qu'ils ne pourraient pas traverser cette place de nuit, parce que les portes étaient fermées, et que le préposé aux avant-postes ne voudrait pas se donner la peine d'aller avertir le gardien.

On conçoit tout ce qu'un tel retard avait d'inquiétant ; peutêtre était-on à leur poursuite, et dans ce cas il n*était pas impossible de les atteindre.

U fallut bien pourtant se résoudre à attendre.

Pour passer le temps et éloigner les soupçons, Wilson descendit de voiture pendant que son compagnon de voyage feignait de dormir. 11 alla dans l'écurie , parla aux postillons, et gagna ainsi Theure do départ.

A six heures, ils se remettent en route et se présentent aux portes de Cambrai une demi-henre avant le point du jour.

Le postillon fait entendre son fouet pour avertir : personne ne répond. La sentinelle anglaise appelle cependant le préposé, mais celui-ci ne veut pas se diéranger; il faut encore demeurer. Enfin, le jour parait; le porte-clefs vient et s'excuse en rejetant la faute sur la paresse du préposé. La berline passe : quatre ou cinq voitures, retardées par la même cause, passent en même temps. Arrivés à l'auberge, l'hôte, qui voit un général anglais, lui adresse ses plaintes de ce que le préposé, par son indolence, est cause que les voyageurs couchent hors de la ville au lieu de descendre chez lui. wilson lui répond qu'il n'a pas présentement le loisir d'aller en parler au commandant de place , mais qu'il le &ra à son retour.

Le relais étant mis, la berline repart à neuf heures et demie; die arrive à Valenciennes. A la porte de la ville, un agent français se présente , et prononce la formule d'usage : Ce* messieurs ont leurs passe-ports sans doute ? — A cette question , Wilson met la tête à la portière et répond : Je suis général anglais. On en croit son costume et surtout ion accent ; la voiture entre dans la ville.

Arrivés à la poste , un petit garçon demande de nouveau les passe-ports. Wilson qui , comme on le pense bien , se chargeait

conversazione, risponde ancora : lo sono un générale înglese. Ma il piccor uomo insiste, dicendo che ë necessario di darglielî affinchè egli vada a farli esaminare dai colonnello di -gendarmeria. Gli si danno duuque i passaporti esorlandolo a sbrigarsi. Egli si affretta in effetto, e ritorna prontamenle coi passaporti ed il vista.

Ma ciô non basta : egli prega il générale di porre il suô nome e quello del suo conipagno di viaggio sopra un pezzo di carta, dicendo che questo serve peli* albergo. IVilson scrive allo'ra i dae

nomiL e W sopra ana catiiva carta, che gli ë stata pre-

sentala poi nei suoi inlerrogatorii.

A dieci ore, la vettura si rimette in cammino. Uscendo da FaleneienneSy nu ova visita dei passaporti : sono riguardatl per lungo tempo, e sene preade il ristretto. ÎVilson perde la pazienza, e sollecita il partire , non senza dire moite volte Goddem! Finalmente , è permesso di passar avanti.

Wïlson domanda allora dov' ë la frontiera : il postiglîone risponde : Ad una lega e tnezzo da qui,

Questa distanza era per essere benlosto sormonlata; ancora pochi momenli, ed ogni timoré era dissipato. Ma suUa linea stessa délia frontiera, trovano un* ultirao poslo di gendarmeria , che domanda di nuovo i passaporti : per questa volta, felicemente, Wilson si sbriga col dire, corne al solito : générale inglese,

Sul punto di arrivare, il terrore di IVilson era divenuto eccessivo : egli tremava per Lavalette^ ed ogni minuto di ritardo lo faceva morire d'impazienza.

Aveva sperato giungere prima del giorno, temendo Fannuncio dei telegraQ , ed erauo già due ore che avrebbero potuto aggire se il tempo non fosse stato coperto di nebbia.

Ma fînalmentc cccola passata questa linea formidabile!

La prima parola di Wilson a Lavalelte fu : Eccovi salvato,

Lavalelley che aveva conservato una tranquilUlà perfetta, l'abbraccia affettuosamente, versando délie lagrime di tenerezza, e dice con gran* effusione di cuore : u lo rendo specialmente grazîe » a Dio d*aver permesso che i generosi sforzi délia mia povera » moglie siano coronati dalsuccesso. Sarebbe morla di dolore, se » non avessimo riuscito. — Sono infelicissimo, aggiunse egli, di n vedere tante genti compromesse per me. So che i carcerieri » sono stati arrestati; ma dichiaro in presenza di Dio, ed a voî, » mio generoso amico , che quest* uomini non sono stati subor- » nali e non erano a parle del segreto. L^affare avrebbe mancato » se lor si fosse lasciato il menomo sospetto. Non ho obbligazione » che a mia moglie. »

Per tulto il cammino, era stata rarissima la conversazione fra Lavalette e Wilson, Tulte le facoltà délia lor anima erano assor-

de toates les conversations , répond encore : Jt suis général an^ glais. Mais le petit bonhomme insiste, en disant qu*il est nécessaire de les lui donner, pour qu*ii aille les faire viser par le colonel de gendairmerie. On loi donne donc les passe-ports en lui recommandant de se dépêcher. 11 se presse en effet, et revient promptement avec les passe-ports visés.

Ce n'est pas tout : il prie le général de mettre son nom et celui 'de son compagnon de voyage sur un bout de papier, disant que c'est pour Fauberge. Wilson écrit alors les deuK noms Walys et Laussac sur un chétif morceau de papier qu'on lui a depuis représenté dans ses interrogatoires.

A dix heures, la voiture se remet en marche. En sortant de Valenciennes, nouvelle visite des passe-ports ; on les garde longtemps, et on en prend le relevé. Wilson s'impatiente et presse le départ, non sans dire plusieurs fois le mot par lequel les Anglais ont coutume de signaler leur impatience. Enfin il leur est permis de passer outre.

Wilson demande alors où est la frontière. Le postillon répond ; A une lieue et demie d'ici.

Cette distance allait être bientôt franchie ; encore quelques instants, et toutes les craintes étaient dissipées. Mais sur la ligne même de la frontière, ils trouvent un dernier poste de gendarmerie qui demande de nouveau les passe-ports. Heureusement que pour cette fois Wilson en est quitte pour dire, comme à son ordinaire : Général anglais!

Sur le point d'arriver, la terreur de Wilson était devenue extrême; il tremblait pour Lavalette, et chaque minute de retard le faisait mourir d'impatience.

Il avait espéré de passer la frontière avant le jour de peur des télégraphes, et il y avait déjà deux heures qu'ils auraient pu marcher, si le temps n'avait été couvert de brouillards.

Mais enfin la voilà passée, cette ligne redoutable !

Le premier mot de Wilson à Lavalette fut : Vous voilà sauvé!

Lavalette, qui avait conservé toute sa tranquillité, l'embrasse affectueusement, et versant des larmes d'attendrissement, il dit avec une grande effusion de cœur : u Je rends spécialement grâ- » ces à Dieu de ce qu'il a permis que les généreux efforts de ma » femme soient couronnés de succès. Elle serait morte de douleur » si nous n'avions pas réussi. Je suis bien malheureux , ajouta- » t-il , de voir tant de braves gens compromis pour moi. Je sais » que mes gardiens ont été arrêtés ; mais je déclare devant Dieu, » et à vous, mon généreux ami, que ces hommes n'ont pas été » corrompus et n'étaient pas dans le secret. L'affaire eût manqué n si on leur eût laissé le moindre soupçon ; je n'ai d'obhgation V qu'à ma femme. »

Dans toute la route, la conversation entre Lavalette et Wilson avait été fort peu suivie; toutes les facultés de leur âme étaient

bite dalle apprensioni , e dai diversi incidenti del viaggio. Se, di qoando in quando , IVilson interrompeva il silenrio per distrarre Lavalette dalle sue meditazioni , gli parlava di cose ctie poCessero distrarlo dalla sua situazione.

È cosi cfae slntraUenero délia spedizîone d*Bgt(to dove JLavaletle aveva iDcominciato a servîre Buonaparte, ed wre WUêon aveva principiato a segnalarsi contra di lui.

Ma quando ebbero passato la frontiera, non (emettero pîA dî* dîscorrere suU* affare stesso di Lavalette,

Costui raconté a IViUon in ehe modo sua moglie €ra venute a capo di salvarlo : corne II suo travestimenfo ebbe loogo in un batter d*occhio , in un momento in cul il carceriere era uscito dalla sua caméra : la paura eh' egli aveva d'urtar colle penne del suo cappello nel passare gli sportelli : il pericolo ehe aveva corso dressera ripreso per colpa dei seggettieri ehe sVrano allontanali : corne, avendo trovato sulla piaggia del fiume il biroccio d*an suo amico, costui era disceso e gli aveva indirizzato la parola, di* cendo : a Signora, vi offero il mio biroccio; andrete più presto. » Corne, dopo esservi moutato , questo amico gli aveva detto : « Le- 9 vatevi presto il vostro vestimento da donna; addossate questo » pastrano; mettete questa parrucca, etc. » Come finalmente, dopo aver corso più di due ore per far perdere la sua traccia agli agenli délia polttica, era andato a rannichiarsi nella casa ehe gU aveva servito di ricovero fino alla vigilta délia sua partenza.

Finito ch* ebbe questo racconto, non temette di domandare egli stesso a WUion se era vero ehe dovevano realmente farlo morire, etc., etc.

Ne si stancô di replicare proteslazioni di riconoscenza verso î suoi generosi amîci. Quai altro nomeavrebbe egli pototodar loro?

Questi ragionamenti li condussero fino a Mons; ivi non furon più richiesti i passaporti; e restarono insieme per ben quattro o cinque ore.

Prima di separarsi, WilsoHy le di cui alTettuose cure erano inesauribili, prevedendo il caso in cui Lavalette avrebbe potuto essere arrestato quindi nel suo viaggîo , gli diede per Sua Maestà il Re di Prussia, di cui aveva Tonore d*essere personalmente conosciuto , una lettera nella quale înteressava quel monarca in favore di Lavalette. Questa lettera portava suir invoglîo la contrassegnatura di IVUsan; di modo ehe se Lavalette fosse stato arrestato , avrebbe dom andato di essere condotto al Re per rimetfergli il suo dispaccio. Wilson gli diede un* altra lettera nel medesimo senso, pel ministro inglese alla residenza di...

Lavalette abbracciô un* altra volta IVUson e si separo da lui giurandogli un* eterna riconoscenza.

IVilson ë ritornato per Maubeuge e Laoriy ed è rientrafo in Parigi, per la barriera di San Martino, mercoledi sera (dieci gennajo) dopo sessant* ore d*assenza.

LES TROIS ANGLAIS. lii

absorbées par leurs appréhensions et par les divers incidents du voyage. Si parfois Wiison rompait Le fileoee povr arracher I>avalette à sa rêverie , il lui parlait de choses qui pussent le distraire de sa situation.

Cest ainsi qu'ils s'entretinrent de Texpédition d*É<^ple, oii Lavalette avait commencé de servir Bonaparte, et où \Vilson avait commencé de se signaler contre lui.

Mais quand ils eurent passé la frontière^ ils ne craignirent plus de discoarir sur Tadaire même de Lavaletle.

Celui-ci raconta à Wiison comment sa femme était venue à bout de le sanvcr; comment soa travestissement eut lieu en un clin d œil, dans un moment où le g«<Vlier venait de sortir de sa chambre pour faire une commission ; la peur qu'il avait d'accrocher les plumes de son chapeau en passant les guichets; le risqne qu'il avait couru d'être repris par la faute des portevrs qui s'étaient absentés ; comment, ayant trouvé sur le quai le cabriolet d'un de ses amis, cet ami était descendu et lui avait adressé la parole en disant : a Madame, je vous offre mon cabriolet, vous irez plus vite; » comment, après y être monté, cet ami lui avait dit : u Olez vile votre douillette et votre chapeau de femme ; mettez cette redingote, prenez cette perruque, etc., etc.;» comment enfin, après avoir couru dans Paris plus de deux heures pour faire perdre sa trace aux limiers de la police, il avait été se blottir dans la maison qui lui avait servi d'asile jusqu'à la veille de son départ.

Après ce récit, il ne craignit pas d'apprendre lui-même de Wiison s'il était vrai qu on dût réellement le faire mourir, etc., etc.

Et il s'épuisa de nouveau en protestations de reconnaissance pour ses généreux amis. Quel autre nom aurait-il pu leur donner?

Ces entretiens les conduisirent jusqu'à Mons.

On ne leur demanda pas de passe-port; ils y restèrent ensemble quatre à cinq heures.

Avant de se séparer, Wiison, dont la sollicitude était inépuisable , prévoyant le cas où Lavalette serait arrêté dans sa route, lui donna pour S. M. le Roi de Prusse, dont il avait l'honneur d'être personnellement connu, une lettre dans laquelle il intéressait ce monarque en faveur de Lavaletle. Cette lettre portait sur l'enveloppe le contre-seing du général Wiison, de sorte que si Lavalette eût été arrêté , il eût demandé à être conduit au Roi pour lui remettre sa dépêche. Wiison lui remit une autre lettre dans le même sens pour le ministre anglais à la résidence de

Lavalette embrassa encore Wiison , et se sépara de lui en lui jurant une reconnaissance éternelle.

Wiison est revenu par Maubeuge et Laoo, et est rentré à Paris par la barrière Saint-Martin, le mercredi soir 10 janvier y après soixante heures d'absence.

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