‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 16 sur 125 · LE LIEUTENANT GENERAL GILLW · texte numérisé non relu

LE LIEUTENANT GENERAL GILLW

Février 18â0.

Après le duc de Rovigo devait être juge le lieule nant général comte Gilly. Condamne à mori par contumace par jugement du conseil de guerre de la V* division militaire, siégeant à Paris, le 25 juin 1816 ', il attendit jusqu'en 1820 pour purger sa contumace et venir se constituer prisonnier à l'Abbaye.

Déjà M. Viotti, capitaine rapporteur, avait procédé à son interrogatoire, et l'on allait convoquer le conseil de guerre, lorsque madame la comtesse Gilly obtint de M. de Latour-Maubourg, ministre de la guerre, une audience où il lui serait permis de se faire accompagner par M. Dupin , conseil du général Gilly. — J'ac« compagnai en effet madame Gilly chez le ministre, et là, j'essayai de démontrer à Son Excellence qu'aucune charge n'existant véritablement contre l'accusé , il serait impolitique de le juger, puisque ce serait préparer une défaite certaine à l'autorité si elle persistait à poursuivre un homme qu'elle ne pourrait pas faire condaminer.

^ Le rapporteur de ce premier conseil de guerre faisait valoir la raison suivante : a S*il ne s'était pas cru coupable, le général » Gilly ne se serait pas soustrait par la fuite à Taction de la loi. i> — Le brave rapporteur ignorait ce mot du président de Harlay : « Si Ton m'accusait d'avoir volé les tours de Notre- » Dame, je commencerais par me sauver, n — Dans les accusations politiques, le tout est de gagner du temps. — Condamné à mort en 1816, dans le feu de la réaction, Gilly ne fut pas même jugé en 1820, quand les temps étaient devenus meilleurs.

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