LE GÉNÉRAL ALLIX
Le général Allix est le seul de mes clients politiques dont j'ai eu à me plaindre. 11 s'est montré à mon égard injuste et maussade au suprême degré : cela ne m'a pas empêché de le défendre aut.ant que je l'ai pu. Je savais qu'il était mauvaise tëté et d'un caractère bizarre ; de plus, il était aigri par le malheur.
Normand d'origine, il était venu se marier dans la Nièvre à l'héritière du château de Bazarne, arrondissement de Clamecy, et s'y était fixé. Celte circonstance m'avait mis en rapport avec lui.
Compris dans l'article 2 de l'ordonnance du 24 juillet, il est un de ceux pour lesquelsje rédigeai, en forme de Mémoire adressé aux ministres, des Observations tendantes à établir l'illégalité d'une mesure qui condamnait à l'exil des citoyens sans défense et sans jugement (voyez p. 29).
Forcé de s'éloigner de France ; obligé ^-tfômme tous les exilés de cette époque, de se réfugier d'un lieu dans un autre, au gré des ombrages et des caprices de chaque gouvernement, il écrivait lettres sur lettres, et s'irritait de ne pas recevoir de réponse ; mais oii lui adresser ces réponses? Dans les lettres que j'avais reçues de lui, il n'y en avait pas deux qui fussent datées du même lieu , et la dernière portait en tête ces mots douloureux : Sans asile en Allemagne.
J'avais fait maintes démarches pour obtenir son rappel ; on me disait toujours d'attendre ; je tenais un