‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 31 sur 125 · LE DUC DE VICEXGE · texte numérisé non relu

LE DUC DE VICEXGE

fut effectivement appelé devant M. Leblond, juge d'instruction, non par assignation, mais par une letlre fort courtoise dont , par cette raison , je reproduis ici les lermes :

•I Parii, le 1" fétrrier 1820.

n Monsieur le duc, Je désire quM! vous soit pos- » sible de prendre la peine de passer demain au Palais V de justice en ma chambre d^instruction. J'ai quel- ^ ques observations à vous soumettre qui doivent comyy pléter la procédure dont je suis chargé. J'aurai ^ Thonneur de vous recevoir de onze à trois heures ^ après midi.

» Veuillez bien agréer l'expression de la considé- )> ration avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monsieur « le duc, votrC'Hrès-humble et très-obéissant serviteur. yy — Leblond. »

Aussitôt après avoir reçu cette lettre , M. le duc de Vicence m'écrivit le billet suivant :

ic Veuillez me dire. Monsieur, à quelle heure je » puis vous trouver demain matin , pour venir avec n moi au Palais, chez M. Leblond , qui Iki'a écrit une yy lettre fort polie pour m'engager à passer chez lui de y) onze heures à trois heures.

yy Recevez, Monsieur, l'assurance de tous les sentiy) ments de confiance que vous m'avez inspirés. — yy C. , DUC DE Vicence.

5) Paris, ce l" février, mardi , 9 heures du soir.

yy P. S. J'ai à causer avec vous avant d'aller au yy Palais, yy

Le lendemain, le duc étant venu à l'heure que je lui avais indiquée , nous arrêtâmes le thème de la dé-

154 LK DUO DK VIOKNGK.

* claration qu'il aorait à faire devant le juge d'instruction. Les termes en étaient fort simples, comme on le verra bientôt. Je dis ensuite au duc de Vicence que j'étais prêt à l'accompagner au Palais, mais que je n'étais pas sûr qu'il me fût permis d'assister à son interrogatoire ; que cette forme était insolite ' , et que cela dépendrait uniquement de la condescendance qu'y mettrait M. le juge d'instruction.

Arrivés au Palais y nous fûmes introduits devant ce magistrat. M. le duc de Vicence lui dit que j'étais son conseil. M. le juge d'instruction me connaissait parfaitement ; il s'inclina poliment , et la conversation s'éta-

. blit. M. le duc donna ses explications : — Si la lettre avait paru le 21 janvier j ce n'était point de son fait; elle avait été écrite et envoyée deux jours auparavant. La qualification d'Empereur, employée pour des circonstances qui se reportaient à une époque où Napoléon l'était effectivement , n'avait rien que d'historique et de naturel; et quant au fond, il demanda à M. le juge d'instruction la permission de lui lire le projet de déclaration suivante :

tf Dans les' premiers jours de janvier, à mon retour de la campagne où je vivais retiré , ayant été huit mois absent de Paris, j'ai eu connaissance pour la première fois que dans l'ouvrage de M. Koch, publié quelques mois auparavant, et que son titre ne présentait que

* Elle n* était pas autorisée par le Code d'instruction de 1808, mais elle Tavait été antérieurement par le décret de TAssemblée nationale des 8 et 9 octobre 1789 sur la réformation de la jurisprudence criminelle. I/arlicle 18 portait ce qui suit : a Le conseil » de Taccusé aura le droit d'être présent à tous les actes de Tin- » struction, sans pouvoir y parler au nom de T accusé, ni lui sugn gérer ce qu'il doit dire ou répondre, n

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