LE DUC DE VIGËNGK
rables ; si ma vie civile el politique n'a pu me metlre à Tabri de la nécessité de paraître devant vous, monsieur le juge d'instruction, j'ai la confiance de croire qu'en jugeant de mes motifs par cet exposé des sentiments qui m'ont guidé, la justice ne verra dans ma conduite que l'action d'un honnête homme. )>
Le duc ayant dit qu'il n'avait rien à ajouter à cette déclaration et qu'il priait M. le juge d'instruction de lui en donner acte, M. Leblond appela son greffier, et, après avoir ouvert un protocole d'interrogatoire, il fit insérer textuellement la déclaration comme étant la réponse de M. le duc de Vicence à ses questions.
Ensuite nous nous retirâmes, non sans quelques doléances de l'honnête magistrat sur les vicissitudes des choses humaines qui faisait paraître devant lui le duc de Vicence dans une position si différente, hélas! de celle qu'il avait occupée! Je le remerciai personnellement de ce qu'il voulut bien ajouter pour moi.
Malgré tout ce que de si bienveillants préliminaires pouvaient promettre d'heureux à l'issue de ce procès; malgré le rapport favorable de M. Leblond, mais conformément aux conclusions de M. Jacqninot-Pampelune, la Chambre du conseil déclara qu'il y avait lieu à suivre contre le duc de Vicence et contre les rédacteurs du Constitutionnel et de la Renommée, qui avaient publié sa lettre et l'extrait de ses ordres au Congrès de Chàtillon. (On sait du reste que , d'après l'article 133 du Code d'instruction criminelle , il n'était pas besoin de la majorité pour obtenir une telle déclaration, et qu'il suffisait, comme il suffit encore, qu'tin seul juge fut de cet avis, lors même que les autres seraient tous d'avis contraire I)
Mais sur l'appel, la chambre d'accusation de la