SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE
A MOXTRÉAL EX CANADA.
20 mars 1819.
Cette afiaîre, quoiqu'elle eut son siège en pays étranger, et qu'elle dût recevoir sa solution en Angleterre, avait pour moi, à cause des souvenirs, tout l'intérêt d'une cause française. Voici le sommaire des faits :
Lorsque le Canada appartenait à la France , la Compagnie des Prêtres du Séminaire de Saint-Sulpice y possédait de grands biens, et entre autres l'ile de Montréal.
Dans cette ile, on avait établi un Séminaire dépendant de celui de Saint-Sulpice , et faisant partie de la même Communauté religieuse. C'était une des Maisons de l'Association religieuse des Prêtres du Séminaire de Saint-Sulpice , dont le chef-lieu était à Paris.
Un traité de paix intervenu en 17G3 entre la France et l'Augleterre fit passer le Canada avec toutes ses dépendances sous la domination de cette dernière puissance.
Il fut stipulé dans ce traité que les Français qui habitaient alors le Canada auraient la liberté , ou d'y rester, ou de se retirer ailleurs ;
Que ceux qui resteraient deviendraient par là même sujets de Sa Majesté Britannique et pourraient y con^ server toutes leurs propriétés;
Que ceux qui se retireraient ne conserveraient aucune propriété dans le Canada , mais pourraient ven-
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dre leurs biens , pourvu que ce fût à des sujets de rAngleterre.
Le Séminaire de Saint-Sulpice n'avait que deux partis à prendre , ou de vendre ses biens à des sujets de l'Angleterre , ou de rompre le lien temporel existant entre lui et le Séminaire de Montréal , et de laisser les Prêtres de cette dernière maison sujets du Roi de la Grande-Bretagne et propriétaires uniques des biens qni aiaienl apparleoa j«sqoe-là k la Conmiilunité.
Avant 4e prendre une détermination , ils écrivirent à M. de Guerchy, alors ambassadeur de France en Angleterre , qui leur répoodîl que le Roi d'Angleterre consentait que le Séminaire de Uonlréal continuât de jouir des biens êa Canada, mais sans dépendance du Séminaire de Paris.
En conséquence , le Séminaire de Saint-Sulpice fit «vec celni de Montréal des conventions consignées dans un acte du 29 avril 1764.
Il est exposé dans cet acte que le Séminaire de Saint-Sulpice est propriétaire de l'île de Ifentréal et de la Corte de Saint-Solpice , etc. , en vertu de donation et lettres patentes de Louis XIV; mais que le Canada ayant passé sous la domination anglaise , les sujets de cette puissance peuvent seuls y posséder des biens; qu'en conséquence, et pour ne pas recourir a une vente longue, difficile et douteuse, et s'exposer à la confiscation dans le cas où elle ne serait pas faite dans le temps convenable , il abandonne au Séminaire de Montréal les biens du Canada , à la charge d'entretenir les fondations et d'y eontinuer les bonnes œuvres qui y ont été faites par le passé.
Depuis ce temps , le Séminaire de Montréal n'a pas