EXÉCUTEURS TESTAMENTAIRES
)) avons été à portée de le faire ; et nos exils (car ce- T) lui-ei est le troisième pour moi), nont jamais été » entachés par des intrigues et des conspirations I »
Père de famille, il songe aussi, après qu'il aura payé tout ce qu'il doit, à sauver les débris du patrimoine de ses enfants, qu'il désire surtout voir u se maintenir en paix et union, et en bonne amitié, lorsqu'il n'y sera plus. y>
Les fragments de ses lettres et le préambule de son testament' des 14 mars, 22 mai 1849, seraient la meilleure apologie qu'on pût faire de sa douceur envers tous , de son patriotisme si cruellement éprouvé , et de ses vertus domestiques.
Testaments du Roi. — Exécuteurs testamentaires.
Par l'acte même du 7 août, dans lequel le Roi avait abandonné (aux sept enfants puînés) ses biens patrimoniaux, il s'était réservé ^ d'en faire ultérieurement entre eux le partage définitif dans les proportions qu'il lui conviendrait d'établir entre les divers donataires.
C'est ce partage qu'il a opéré par un premier testament en date des 16 mars et 6 mai 1837.
Ce testament a été suivi de plusieurs autres codicilles, selon que la survenance des événements, tels que la mort du duc d'Orléans, les ventes partielles
*• M. de Montalivet a donné un fragment autographe de ce préambule dans son livre sur la Liste civile^ en tète du chapitre !•'. (Voyez dans les Annexes ce que je dis de cet ouvrage).
^ Je n'ai pas Facte du 7 août sous les yeux ; mais dans le testament codicillaire du 22 mai 1849 , le Roi dit formellement que tt dans cet acte même il s'était réservé le droit et la faculté de faire » ultérieurement ce partage dans les proportions qu'il luiconvien- » drait de faire entre les divers donataires. »
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d'objets compris dans tel ou tel lot, lui ont fait seutir la nécessité de retoucher ses dispositions de dernière volonté.
C'est ainsi que ces actes se sont accumulés sous les dates des 16 mars et 6 mai 1837, — 16 décembre 1838, — 10 mars 1841, — 20 juillet 1842,— 14 octobre 1845, — 11 mars 1846, — 15 octobre 1846, — 22 juin et 5 juillet 1847, — 19 février 1848 (c'est le testament mystique), — 22 mai 1849,
— 9 mai 1850, — 1*' et 11 juillet 1850.
Dans le dernier de ces testaments, celui du 1*' juillet 1850, était la clause suivante :
ce Je nomme pour mes Exécuteurs testamentaires : » M. Dupin, le baron Laplagne-Barris , le comte de yi Montalivet, le duc de Montmorency et M. Scribe, n auxquels je suis heureux de donner ce témoignage r> de ma confiance et de mes sentiments pour eux. »
Le jour même de sa mort, et quelques instants avant d'expirer, le Roi voulut laisser encore quelques legs particuliers et quelques Souvenirs; mais il ne put les écrire lui-même ; il les dicta à la Reine, dont l'auguste intervention devait donner à cet acte suprême de sa volonté, la plus haute et la plus vénérable authenticité.
— En ce qui me touche, j'en reçus l'attestation dans une forme qui en fait le plus précieux de mes autographes et le plus honorable de mes titres privés.
Ecrit de la main de la Reine :
a Je suis bien aise de transcrire moi-même à M. Dupin les paroles que mon vénéré et bien-aimé Roi m'a dictées le 25 août 1850, au moment où il sentait sa fin s'approcher :
a Je demande aussi à la Reine et à mes enfants de
Me HÉCVTEIIRS TESTAMENTAIRES.
9 donner de ma part un Souvenir au Président Dupin, Tfi comme témoignage de mon amitié pour lui.
7) Signé d'une main toute tremblante, » Louis-Phiuppk.
n MilRIErAlfÉLIE. "
A quelque temps de là, et pour Texécution de cette clause, le duc de Montmorency me remit, de la part de la Reine et de ses Enfants, trois portraits sur porcelaine, représentant le Roi, la Reine et madame la Princesse Adélaïde j avec cette inscription au bas de chacun d'eux :
SOUVENIR LÉGUÉ PAR LE ROI LOUIS-PHILIPPE A M. DUPIN aîné.
Cet envoi des trois Portraits était accompagné d'ane Lettre de la Reine qui leur donnait un plus grand prix.
tt Claremont, ce l^mars 1851.
» Mon cher Président , Vous connaissez l'empressement avec lequel mon bien-aimé Roi, peu d'heures avant sa mort, avait exprimé le désir de vous laisser un Souvenir, en nous en laissant le choix. Nous avons pensé, mes enfants et moi, que. les portraits ci-joints vous seraient agréables, vous rappelant trois personnes qui savaient vous apprécier, et dont vous connaissiez l'estime et l'amitié pour vous. Croyez que celle qui reste encore sur cette triste terre réunit en elle les sentiments des trois, et vous en offre de tout son cœur l'expression. — Votre bien affectionnée ,
w Marie-Amélie. »
Ma lettre de remercîments se terminait par ces mots :
dl^ iuli JjLUM^ At/i^ Jl JUMJtÀk.
iXtAJU^
EXECUTEURS TESTAMENTAIRES. 43i
ce... Lorsque vous voulez bien me dire, Madame, que je trouve réunis en Vous tous les sentiments bienveillants dont le Roi et Madame la Princesse Adélaïde m'ont, ainsi que Vous, donné tant de marques , je ne pois que répéter humblement de mon cdté , que tous les sentiments de respectueuse affection et de dévouement que j'avais voués au Roi et à Madame, je les reporte avec la piété du devoir sur la Reine et sur ses Enfants. »
Les Princes voulurent aussi me donner personnellement des marques de souvenir, dont M. le duc de Nemours se rendit l'organe dans sa lettre datée de Claremont, le P' mars 1851, qu'il m'adressa ce au nom de tous les héritiers du Roi. »
Parmi les tableaux qui avaient appartenu au Roi , on me remit un tableau de Gros {David devant Sa/Ul) et le beau portrait du général Foy, peint par Horace Vemet. Ce dernier tableau me fit d'autant plus de plaisir que j'avais été l'ami du général Foy, et, après sa mort, le tuteur honoraire de ses enfants.
Déjà, de son côté, le Prince de Joinville m'avait fait donner une copie de son portrait peint par Winterhalter.
Avant de rendre compte des principaux actes de Vexécution testamentaire ^ qui formeront la dernière partie de cet écrit, je veux m'arrêter un instant au souvenir des deux voyages que j'ai faits après la mort du Roi : — à Ostende, pour porter mes hommages à la Reine; — et à Weybridge, pour y visiter le tombeau de cet excellent Prince.
kZ% VOYAGE A OSTENDK.
Voyage à Bruxelles et à Ostende, Du 7 au 11 octobre 1850.
Au mois d'octobre 1850, l'Assemblée législative s'était prorogée; il y eut une petite vacance : et j'en profitai pour aller en Belgique rendre mes devoirs à la Reine Marie-Amélie, qui se trouvait alors à Ostende auprès du lit de mort de sa fille chérie , la Reine des Belges.
Parti de Paris le 7 au soir, j'étais de retour le 11.
La Reine avait agréé cette visite ; elle en était prévenue.
J'étais accompagné du baron Fain..
Je reti^ouve mes Notes de voyage , et je ne puis faire mieux ni autrement que de les transcrire malgré leur aridité. Je ne me sens pas la force de substituer une rédaction de touriste à ce simple rappel des incidents de ma visite.
tt Arrivée à Bruxelles le 8, à 6 heures du matin.
» Quelques heures de repos , avant de repartir pour Ostende.
)) A peine descendus à notre hôtel et pendant les préparatifs , le prince de Joinville et le duc d'Aumale entrent dans ma chambre. Ces excellents jeunes princes m'embrassent cordialement et me témoignent leur joie de me voir. La Reine en ce moment assiste à un office religieux ; ils me feront savoir à quelle heure Sa Majesté pourra me recevoir.
» A six heures, billet du prince de Joinville : u Mon cher Président , la Reine vient seulement de w rentrer. Elle sera très-heureuse de vous voir ce soir î) à huit heures. — J'ajoute que Louise vient de s'é-