‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 5)Chapitre 99 sur 125 · LES NAUFRAGÉS DE CALAIS · texte numérisé non relu

LES NAUFRAGÉS DE CALAIS

Histoire de leur Procès *.

L'histoire des naufragés de Calais est digne d'exciter an vif intérêt, même chez les lecteurs frivoles qui ne chercheraient qu'un vain amusement dans le récit d'aventures extraordinaires et de situations désespérées.

• Un Français, d'une haute naissance et d'une valeur éprouvée, fidèle à son roi , resté à ses côtés tant qu'il put espérer de le défendre, séparé de lui, par décret, la nuit qui précéda l'entrée de la famille royale au Temple ; hientôt après mis hors la loi et contraint, pour se soustraire à une mort certaine, de quitter le sol de la France à l'époque des massacres de septembre ; ayant perdu presque tous ses parents sur Téchafaud révolutionnaire, et voyant sa patrie en proie aux déchirements de l'anarchie , prend la noble résolution d'aller chercher une meilleure fortune dans un autre hémisphère. — L'Angleterre méditait alors une guerre dans I l'Inde : le duc de Choiseul offre de la servir, lui et ses compagnons d'armes, dans cette expédition lointaine; ils mettent seulement pour condition qu'on ne pourra jamais les employer contre la France. Ces offres sont acceptées ; ils s'embarquent sur les ri- ^ vages de la Baltique. Mais bientôt ils sont assaillis par une tempête furieuse ; l'horreur d'une profonde nuit rend leur situation plus terrible encore : enfin le jour parait. Mais, ô douleur! on reconnaît la côte de la France ! de cette terre si souvent hospitalière, et qui, cette fois, n'offre à de malheureux citoyens que la chance de ï'échafaud, substituée à celle du naufrage !

A cette seule idée, quatre gentilshommes du régiment de Choi" seul-hussards, unis d'une étroite amitié, prennent la résolution de

1 M. le dac de Choiseul a été mon client en matière civile , et même en matière à% presse , dans nn démêlé qa*il eut avec la censure. (N° 3,480 de mes Consultations manuscrites. )

Lorsqu'en 1823 , il publia par extrait la partie de ses Mémoires inédits deitinée à entrer dans la IV^ livraison de la Collection alors publiée par Bouange, sons le titre de Mémoires des Contemporains , le duc me pria de faire nn article sur cette publication , afin de Tinsérer dans nn journal périodique et de la faire connaître. — Je me rendis à son désir, et je rédigeai cette Analyse du Procès, qui fut d'abord insérée dans la Revue encyclopédique de janvier 1824, tome XXI , cahier 59. Elle plut assez à Fauteur des Mémoires pour qn*il désirât la voir reproduire comme une sorte ù* Introduction en tête de la nouvelle édition, qui parut sons le titre de Mémoires de Choiseul. Ces Mémoires ont ensuite pris place définitivement dans le recueil général des Mémoires de la Bi" volulion. J*ai voulu Tinsérer ici comme offrant un double intérêt et un double drame : — celui du Naufrage ; — et celui du Procès.

ANNEXES. Wl

terminer leur vie dans une noble indépendance; ils s'embrassent, font le signe de la croix, enlacent leurs bras, et se jettent ensemble à la4ner.... ils sont engloutis.

Au même instant, un des vaisseaux se brise sur le prolongement de recueil.

Celui que montait M. de Choiseuf avec M. de Montmorency et M. de Vibraye est menacé du même sort ; ils se jettent à la mer, et après avoir lutté longtemps contre les vagues, ils abordent enGn sur la plage de Calais.

Chez tous les peuples civilisés, le malheur est une chose sacrée. Les Romains, qui ne restèrent les maîtres du monde que parce qu'ils furent d'équitables législateurs, avaient dans leur Code une loi expresse ^ qui interdisait aux agents du Csc toute espèce d'avanie et de molestation contre la personne ou les biens des naufragés.

Le chancelier d'un roi golh, Cassiodore, faisant Téloge de cette loi, a remarqué qu'en effet c'eût été le comble de la cruauté de sévir au delà même du naufrage : Crudelilatis genus est ultra naufragium velle desœvire ^.

Ce n'est que dans les siècles de la plus épaisse barbarie, à l'époque où la féodalité avait tout souilla par sa violence et sa fisca-

^ La loi première au Gode, lîb. xi, tit. 5, de \aurragii< « Qaid enira

• jas habet fîscus in alieo calamilate , nt de re tam luctuosâ compendium

• sectetur? >

^ In notis Jac. Gothofredi ad Dict. leg.

Croirait-on que dans le même temps le Directoire exéculif prenait nn arrêté remarquable par sa philanthropie pour assurer le sautetage des bâiimcnit naufragés? Le préambule de cet arrêté, en date du 27 thermidor an VII, est ainsi conçu :

• Le Directoire exécutif, sur le compte qui lui a été rendu, que les bâtiments qui échouent ou se perdent sur les côtes, sont souvent exposés à des violences et au pillage de la part de ceux mêmes qui devraient leur prêter assistance et les garantir des suites d'un tel malheur ; reconnaissant la nécessité d'assurer aux bâtiments naufragés les secours que leur position réclame , et de réprimer un genre de délit qui blesse toutes les lois de la société et de l'humanité, arrête, etc.

" L'arlicle premier porte que tout individu qui sera témoin du naufrage on de l'échouement d'un bâtiment sur les côtes , en informera sur-le-champ le commissaire du Directoire ou Tagent municipal le plus voisin des lieux ; et que celui qui par zèle, en cas d'éloignement , en portera la première nouvelle sera inscrit honorablement sur les registres de l'administration municipale , et son nom sera proclamé dans la première fêle publique du canton. Ceux qui auront négligé ou refusé de remplir ce devoir seront, en cas de pillage des objets naufragés , examinés par l'officier de police judiciaire compétent, afin de s'assurer s'ils ne sont pas complices du délit , suivant l'article 560 du Code des délits et des peines?*

Quidleges sine moribns ?...,.

ijlé, que Ton vît s'introduire une coutume qui n^avait de préoédent que dans les lois de la Tauride. Sous le nom de droU de natrfrmge s'était établie une odieuse exaction, qui consistait à attribuer aa suzerain sur les terres duquel un navire échouait, la propriété de tous les objets rejetés sur le sable ou qu'il était possible de sauver* L'immortel auteur de ï Esprit des lois avait dénoncé au monde civilisé ce prétendu droit, en le traitant d'insensé. De iait, îl^avait depuis longtemps cessé d'être en usage, et la terre de France avait l'heureux privilège de procurer le bienfait de la liberté même aux tfsclaves qui avaient le bonheur d'aborder ses rivages.

Un sort bien différent était réservé aux naufragés de Calais. Ce n'est pas que la population accourue sur le rivage ne se montrftt animée en leur faveur des sentiments les plus généreux. Constitués en une sorte de jury sur le fait du naufrage, tous les habitants s'écriaient : « Ne craignez rien et attendez nos secours ; vous êtes naufragés, rien ne peut vous arriver^. » Mais l'autorité n'était pas dans leurs mains ; un général parcourait la plage à cheval. K mesure que les malheureux prenaient terre, il les interrogeait, et de suite les envoyait sous escorte à Calais, oh ils furent constitués prisonniers.

Aux périls du naufrage vont succéder les périls du procès,

La voix du peuple, cette voix qui, bien entendue, librement •exprimée, est réputée celle de la divinité même, cette voix les avait proclamés innocents : Vous êtes naufragés, leur avait-elle dit — Un gouvernement de fer y substitua cette réponse : Vous êtes des émigrés, des émigrés rentrés^ ; vous serez jugés eomme tels,

Effectivement, un ordre supérieur porte qu'ils seront traduits, comme émigrés rentrés, devant une commission militaire.

A cette nouvelle, l'Angleterre s'émeut en leur faveur. Son gouvernement les réclame comme prisonniers de guerre ; il proposa iin cartel d'échange; il offre même de relâcher jusqu'à cinq mille hommes pour la rançon des naufragés ! Son intervention est rejetée , mais elle n'en est pas moins honorable pour ce gouvernement, d'ailleurs peu prodigue de ces sortes d'intercessions.

^ Mémoires de Ghoiseul, p. 16.

2 Un magiitrat vraiment digne' de ce nom, M. Gosse, alors aecasat««r pnblic au tribunal criminel de Saint-Omer , avait écrit au gouvemement pour démontrer l'impossibilité légale de mettre les naufragis en jugement Le 12 frimaire an IV f le ministre dit de la juttice lui répondit (il faut le lire pour le croire) : • Que les émigrés dont il s'agissait devaient être considérés comme des émigré* rentré* , quoiqu'on pût également les considérer comme pn$ Us •armes à la main, > (Mémoires de Ghoiseul , page 28. )

ANNEXES. JM»3

Pendant que ces négociations ont lieu , les prisonniers sont tenus au secret U plus sévère. Ils demandent la permission de communiquer aoec leurs conseils et quelques amis (étemel sujet de difficulté dans les procès politiques). L'autorité locale, tremblante sous Finfluence du pouvoir ministériel, répond qu'elle n*ose prendre cela sur elle, le cas étant délicat, — Un premier jugement de la commission militaire était déjà rendu lorsque cette permission leur fut octroyée ; heureusement ce n'était qa'un jugement d'incompétence.

Les accusés sont traduits devant une nouvelle commission militaire. La presse n'était pas encore tout à fait esclave ; elle répète les soupirs et les souffrances des prisonniers ; quelques écrivains courageux élèvent la voix en leur faveur; les juges, qu'on avait crus dévoués dans le sens quelquefois abject de ce mot, reprennent quelque énergie; ils prononcent, par le moyen tiré du fait, que les naufragés ne sont point dans le cas de l'application de l'art 7 de la loi du 25 brumaire an III, concernant les émigrés.

Si la commission les eût condamnés à mort , son arrêt eût été réputé souverain; on l'eût exécuté dans les vingt-quatre heures! C'était un jugement d'absolution : le gouvernement entreprit de le faire casser.

Mais le tribunal de cassation, qui était alors dans toute la force de son institution primitive , sut mépriser les sophismes du ministre et braver l'influence du Directoire; et, restant fidèle à sa devise, la loi, il rejeta le pourvoi du gouvernement, et le jugement fut mainteniL

Il y a donc chose jugée en faveur des naufragés : mais le ministre de la justice du Directoire ne veut point sitôt lâcher sa proie. Il fait traduire les prisonniers devant le tribunal criminel de sa ville natale, la ville de Douai

Ce tribunal (à la manière des gens faibles qui, n'osant ni le bien ni le mal, se réfugient dans les moyens dilatoires) se déclare incompétent, et ordonne un référé au Corps Législatif, Le Directoire s'empare de ce référé, et demande par un message aux conseils la révision de toute l'affaire. Le tribunal de cassation s'honore une seconde fois en cassant l'œuvre pusillanime des juges de Douai. Le Directoire n'en poursuit pas moins l'effet de son message. Mais des voix généreuses s'élèvent dans le Conseil des Cinq-Cents, et ce conseil prend à l'unanimité une résolution qui ordonne le renvoi des naufragés et leur rembarquement Le 15 thermidor an V, cette résolution devient loi, par la sanction que lui donne le Conseil des Anciens, aussi à Funanimité, Le Directoire exécutif ne peut s'em-

pêcher de sceller et promulguer cette loi, le lendemain, 16. Mais, par un de ces décrets occultes dont remploi était déjà connu, il en suspend Fexécution.... 11 méditait dès lors la journée du 18 fructidor, et si la représentation nationale elle-même fut victime d*un coup d'État, on pense bien que les naufragés de Calais durent s'en ressentir.

Le 25 fructidor, le Directoire envoie aux deux Conseils, épurés par la mesure du 18, un nouveau message pour se plaindre de la loi du 16 thermidor, et inviter les conseils k assimiler \^^ naufragés de Calais aux conspirateurs frappés par la loi du 19 fructidor.

Cette proposition devient le sujet des discours les plus féroces et les plus passionnés; ils resteront dans F histoire comme un monument de honte pour ceux qui ne craignirent pas de les proférer ! Us seront un utile avertissement pour les orateurs faibles ou corrompus, qui, par ambition ou par lâcheté, se précipitent eu aveugles dans les voies d'un gouvernement insensé, et appuient indistinctement ses propositions les plus révoltantes , sans songer que le jour des grâces ainsi méritées a toujours pour lendemain le jour des remords et de l'infamie.

Croirait- on que dans le rapport fait sur le message du Directoire, on ail osé contester à des malheureux le titre même de leur malheur? On les appelle les soi-disant naufragés, tant il était évident, pour ceux-là mêmes qui niaient l'évidence, que le malheur du naufrage détournait toute application de loi pénale!

Pendant que ces discussions s'agitent au sein des Conseils, les prisonniers éprouvent les plus odieux traitements sous Tinfluence administrative et militaire qui préside à leur prison. On les transfère d'un lieu à un autre, à pied, enchaînés deux à deux , avec tant de brutahté, qu'il faut ensuite limer leurs fers pour les en délivrer; ils marchent au milieu de miliciens féroces qui les accablent d'injures, les menacent de coups et les stimulent delà baïonnette, comme on presse le bœuf sous l'aiguillon. On les plonge dans les casemates de Lille, servant de hagne aux anciens forçais ; ils sont rongés de vermine ; ils manquent d'habits, de nourriture, d'air, de consolations ; le général qui leur sert de geôlier les traite comme ge^is qui, suivant son langage, ne sont bons qu'à êlrefusillés; et ces indignes traitements ont duré près de quatre années !

Infâme gouvernement qui autorisais de pareilles atrocités , tu ne devais pas durer plus longtemps ! Jusque-là proscripteur, tu allais à ton tour être proscrit ! Ton heure avait sonné, le 18 brumaire était venu, et si à propos, que la nation, fatiguée d'anar-

chie, n'y vit que son affranchissement du moment, sans s arrêter à la cause , ni sans prévoir les suites ultérieures d'une révolution militaire !

On aime à voir ces premières journées du Consulat, succédant aux époques sanguinaires du gouvernement directorial. On respire un autre air, les cœurs s'épanouissent et prennent conCance dans un meilleur avenir.... Une jeune fille, à peine âgée de quatorze ans, conçoit l'espérance de voir enfin cesser les malheurs de son père. En pension loin de Paris , elle ne prend conseil que de SCS inspirations ; son âme dicte, sa plume écrit une lettre,.... louchant modèle de ce que peuvent exprimer la tendresse filiale, la candeur et la vertu ! Il faut la lire ; c'est un des plus touchants épisodes du récit. — Cette lettre, de mademoiselle Stéphanie Choiseul, est remise au Premier Consul. Près de lui se trouvait une femme qui, dès lors, s'était vouée à exercer cette influence de grâce et de bonté qui l'a si éminemment distinguée. Sa voix est écoutée, et le 18 frimaire an VIII un arrêté ordonne que les naufragés de Calais seront déportés hors du territoire de la République.

Les ordres du Directoire avaient trouvé des exécuteurs endurcis; ceux du Premier Consul ne rencontrèrent que des hommes empressés d'ajouter par leurs égards personnels aux douceurs de la mesure ^

Cependant M. de Choiseul n'accepta le bienfait de la réexportation, qu'en protestant de son droit comme de son désir de rentrer en France. Il attache du prix à prouver qu'il n'en est jamais sorti que par contrainte.

Il y est rentré en l'an X avec l'agrément du Roi et des princes, et après avoir renoncé au traitement que lui faisait l'Angleterre. Cependant tous ses biens avaient été confisqués !... La joie de son retour fut bientôt mêlée de deuil par la perte qu'il fit de madame la duchesse de Choiseul, sa tante, veuve d'un ministre dont l'administration a laissé de glorieux souvenirs. M. de Choiseul parle de cette illustre personne avec le plus touchant respect, et ce qu'il en raconte justifie bien l'éloge qu'il en fait

Telle est l'analyse du volume publié par M. le duc de Choiseul : mais on sent tout ce qu'ont dû perdre de leur intérêt , sous ma plume , une suite d'événements où les détails sont souvent ce qui peint le mieux une situation.

Ici ma tâche semble finie : elle le serait effectivement, si je n'avais voulu que donner une idée générale des faits exposés par

1 M. le duc de Choiseul cite particulièrement M. Maret (depuis duc de Bassano), M. Regnanlt de Saint*Jeaii-d*Angély et H. le capitaine Laborde.

rhistorien. Mais je ne puis me défendre de commaniqoer à mes lecteurs les réflexions qu*a fait naître en moi Fonvrage entier de M. de Ghoiseul.

En lisant le récit du naufrage, la pitié est vivement excitée. Quel spectacle, en effet, que de se transporter par la pensée sur ce rivage où nos malheureux compatriotes périssaient à la vue de la terre natale, sans qu*il fût possible de leur prêter secours! Les scènes de ce premier drame sont si déchirantes, qu'on ne croit pas qu*il soit possible de porter plus loin les effets de ces ressorts tragiques : la terreur et la pitié.

Cependant tout espoir n*est pas perdu; si les uns périssent, d'autres parviennent à atteindre le rivage ; une population bienveillante les accueille avec des cris.de joie ! Mais cette joie est de courte durée : au naufrage succède la prison ; à la prison, un jugement, et peut-être un arrêt de mort!...

Dans la première partie, on n'accuse que les éléments : un naufrage est un événement terrible, mais naturel; il étonne Tâme, il ne la flétrit pas. Mais un peuple généreux comprimé par un gouvernement féroce^ régi par des lois de sang ! mais le malheur traduit en jugement, le naufrage lui-même mis en accusation ! ici le cœur est brisé ; T injustice des hoomies excite plus d'effroi que la tempête.

On déteste tout ce qui concourt à l'accomplissement de cette cruauté : les lois, le gouvernement, ses ministres, ses derniers agents : tout homme qui se montre dur, impitoyable, inhumain, soulève rmdignation du lecteur !

Mais à quoi servira cette indignation? Est-ce donc à l'exciter que l'auteur a prétendu mettre ses soins ? — Non ; il ne s^anime, son style ne prend feu que lorsqu'il trouve l'occasion d'exprimer sa reconnaissance; le moindre bienfait l'émeut au plus haut degré; il est inépuisable dans les manières délicates d'exprimer ce sentiment; les hommes mêmes qui, dans d'autres circonstances, ont pu mériter le blâme de leurs contemporains, n'échappent pas au tribut personnel qu'il veut à tout prix leur accorder ; il ne les voit qu'au moment où ils ont fait quelque bien , ou évité quelque mal à lui ou à ses compagnons d'infortune. Sa sollicitude pour ceux-ci est extrême : il est encore leur chef dans le naufrage , dans la prison et devant leurs juges, comme au jour de l'embarquement II écrit pour eux, il plaide pour eux devant la commission ^ ; il s'offre

1 Le discours que prononça M. de Choisenl pour sa défense et celle de ses compagfnons devant la commission militaire de Calais , est remarquable par la •implicite, la mesure et la noble fierté qni le diatingoent. G*est nn modèle

eo expiation an Directoire. Il nVst pas un mot sorti de la boache de Fun d* eux, pas un trait honorable pour leur caractère, qa*îl ne 8* empresse de consigner dans son récit

Si la vérité Foblige à rappeler des faits peu honorables pour

quelques hommes, il n* évite ni ne recherche Toccasion de les

retracer. Il les nomme ; ensuite il les laisse parler, agir, se montrer eux-mêmes : le lecteur les juge par leurs actes. Ils ont mal fait, tant pis pour eux; mais leur devait-on ce ménagement de les soustraire à la honte qui accompagne de plein droit les maavaise» actions? — Assurément non.

Te plaindras-tn , geôlier des casemates de Lille, si tes duretés sont transmises à la postérité par une de ces mains généreoses qoe tu chargeas dMndignes fers?

Orateurs imprudents, complaisants salariés du Directoire, qui avez provoqué ou soutenu des mesures réprouvées par la morale et par le droit des gens , proscrit la vertu dans le parti contraire , et insulté à la religion du malheur, repentez-vons, Ton vous pardonne : mais pro6tez de Texpérience; ne recommencez pas, en passant à d^ autres extrêmes, lorsque les temps auront changé; et ne croyez pas avoir conquis Foubli de vos premières persécuttons, parce que vous vous serez rendas les instruments on les apologistes de persécutions plus récentes !.. .

Décembre 1823. Dijpin, avocat.

(Page 218.)

VISITE A SAINT-A€HEUL.

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