LA LÉGENDE DE MAXEVÏLLE
Par M. le B*» db SAINT-VINCENT.
Les faits adpptés par la tradition populaire tooibeni raremem en oubli. Leur souvenir habite longi/^mps les lieux qui en ont été témoins ; il pieuple les ruines #|i)r lesquelles il ne cesse d*errer vivant et animé. C'est ainsi que, de nos jours encore, plus d'un visiteur hasarde un court pèlerinage archéologique au site pittoresque d# Maxévilte, pour demander à voir remplacement da lu tour dans laquelle le duc Ferry aurait subi une longiie captivité.
;Et poyrtaqt, cette tradition si vivaoe, si répandue en Lorraine, a été de tout temps extrêmement controver* sée. Mais son intérêt semble s*accroitre par le mystère même qui Tenveloppe, en rapport avec la devise autrefois consacrée pour les tableaux et tapisseries relatifs à cet événement, devise courte et significative : Or^ thvinez.
Bien longue serait la liste de tous ceux qui ont traité ce problème historique. Citons seulement deux membri^ de cette Académie, dont le nom vient à Fesprit de tous :
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M. Beaapré qai, dans sa notice, offre un 8i heureux mélange de gréée exquise et de tasie érddition, et AF^ Volart, à laquelle ce sujet a fourni un roman plein de charme et dlntérét. Après ces deux écrivains, tout est dit désormais pour le littérateur et pour le poète, mais pourtant, il reste encore quelque chose è glaner pour Tarchéologue, et e*est à cette tâche que nous nous sommes trouvés conduits, comme à notre insu. Uëtiide, si pleine d*intérét du droit lorrain au treizième siècle, nous a suggéré, sur un groupe particulier dliistoriens, des doutes et des recherches, dont le point de départ appartient précisément h la solution du problème qui nous occupe.
Jetons donc un regard sur ceue tour mystérieuse, dans laquelle il est dit que nul ne pourra jamais pénétrer, et commençons par Tanaiyse du récit de l*événe>ment, selon ses premières versions.
Dans le courant du treizième siècle, le sire des Armoises, mécontent du hasard qui -faisait toujours tomber, pendant son absence, les visites rendues à son château de Maxéville par son très-gradeux et honoré suzerain, le duc Ferry, lequel n*y rencontrait jamais que la chételaine, résolut de déjouer ce hasard malencontreux, en s*assurant, pour lui-même et d*une manière durable, les agréments d*une société aussi honorable pour hii. Pour ce faire, il se joint h la noblesse alors émue et courroucée du retrait de ses privilèges, et, un beau jour, le duc Fprry se trouve
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surpris et arrêté dans les bois de Laxou. De là, il est conduit nu château de Maxéville, dans lequel il est soigneusement retenu au fond d*une tour, voyant ainsi se changer en une dure réalité, les chaînes jusqu^alors purement allégoriques, par lesquelles il aimait à se dire attaché à cet antique manoir. Il y séjournait de la sorte, avec l'espoir fondé d*y demeurer jusqu'à sa mort ou jusqu'à celle du digne châtelain, lorsqu'il trouva moyen de révéler le secret de sa captivité à un couvreur, occupé à travailler sur le toit, et qui alla donner l'éveil à Nancy. Aussitôt, Tillon, gentilhomme de la maison du duc, arrive avec une dizaine d'hommes résolus, et délivre le prisonnier, en récompense de quoi il obtient de passer, lui et ses hoirs, après le prince et avant tous autres, à l'adoration de la croix, le jour du vendredi* saint.
Tel est le récit primitif; et maintenant toute ceue histoire est-elle vraie ou fausse, c'est là ce que nous avons à recherolier.
Tout d'abord, l'idée qui se présente le plus naturel* lement à l'esprit, c'est de consulter à ce si^et les historiens contemporains du duc Ferry. Or, ce sera bientôt fait, car jamais nul d'entre eux n'a entendu parler de ce mémorable événement. Ceux qui suivirent ne furent pas plus heureux, et pendant deux siècles entiers, il ne fut rien révélé à personne de cette page si curieuse de notre histoire.
C'est là, peut-être, un phénomène assez rare, car la