ALLOCUTION
proDOAeée
Pftr h D' Léon PARISOT SUR LA TOIBE DE H SOTSR^WILLEMET.
Mbssibubs,
Je viens au nom de PAcadémie de Stanislas, dire un dernier adieu au collègue vénéré qu*e11e a compté dans ses rangs pendant près d*un demi-siècle.
Je ne relaterai pas ici, les nombreux travaux qui avaient mérité à M. Soyer-Willemet, la place qu'il occupait dans le monde savant 4 je laisserai ce soin pieux à une voix plus autorisée. Je veux seulement être Tinterprète des vifs regrets de la Compagnie toute entière, devant la perte immense qu'elle fait aujourd'hui.
Depuis i832, M. Soyer-Willemet n'a pas cessé de prendre, à nos séances, la part la plus active, soit dans les fonctions de trésorier-archiviste, soit dans le sein des Commissions.
XCIY
Il a enrichi nos recueils de nombreux mémoires sur la botanique qu'il aimait avec passion ; que de matériaux n*a-t-il pas fourni è tous les savants qui ont écrit sur les végétaux qui croissent en France et particulièrement en Lorraine ! que de services n*a-t-il pas rendu à notre Musée d'histoire naturelle et à notre Jardin des plantes, par les soins incessants dont il les entourait, tantôt comme administrateur, tantôt comme membre de la Commission de surveillance !
Ses études de prédilection lui avaient inspiré Tamour des sciences agricoles. Ami du progrès, il fut un des membres les plus actifs et les plus dévoués de la Société centrale d'Agriculture de Nancy. C'est lui, qui pendant grand nombre d'années, fut le rédacteur du Bon Cultivateur. Collègue et collaborateur de Mathieu de Dombasle, son nom est uni à ceux de Braconnot, de Monnier et de Parade.
Travailleur infatigable, il se livra avec ardeur aux recherches arides de l'archéologie et de la bibliographie, il y apporta le même zèle que pour les sciences naturelles.
Sa grande érudition l'avait appelé à la direction de la Bibliothèque de la ville de Nancy, où chacun a pu constater que sa mémoire était le catalogue vivant et méthodique des richesses de ce vaste établissement.
Ses connaissances nombreuses et variées lui avaient valu l'honneur d'être aggrégé à plusieurs sociétés savantes nationales et étrangères. Homme d'une probité
austère, il mil dans raccomplissement de ses nombreux devoirs, le scrupule rigoureux qui réglait le moindre des actes de son existence.
D*une bonté inaltérable, il sut faire le bien sans éclat et sans ostentation.
Eloigné par sa santé des agréments de la vie sociale, il s*était réfugié dans Fétude ; c*est là que fut sa vie entière; c'est là que la mort est venue le trouver; mais en Tenlevant à notre affection, elle n*effacera jamais le souvenir du savant modeste et du collègue dévoué qui vivra dans notre cœur à côté de Braconnot, de Haldat et de Digot.