‹ Une actrice en voyage, piéce en un acteChapitre 54 sur 80 · APPLICATIONS · texte numérisé non relu

APPLICATIONS

Pour peu qu*on regarde Timage spectrale éteinte par la flamme sodique, on remarque que si toutes ses couleurs sont réduites au blanc ou au noir, il n*en est pas moins vrai que chacune des franges est accusée par un ton plus ou moins foncé ou plus ou moins dégradé, comme si Ton avait fait la photographie de ce specure. En observant dans ces conditions un tableau, notamment un pastel exempt de bleu, on est frappé de ce bit, savoir, que, si toutes les couleurs sont abolies, le ton plus ou moins gris qui les représente leur donne Tapparence d*un dessin. Le modelé subsiste grâce aux é866 18

demi-ieintes, en sorte que, à Taide de cel éclairage monocbromatique, il esi possible de remonter parfois au dessin sans toucher a\) tableau. On peut ainsi faire, eo quelcftie sorte, Tauiopsied* un chef-d'cBuvre et donoer dès-lprs à une œuvré 'd*att une consécration que, certes« la photographie hé donné pas aussi bien. " La flamme du sodium a même, avec le brillant éclair*ge dd magnésium, ceci de commun, qu'elle servira, quoique dans un autre sens, à grouper les couleurs et à pondérer les tons. Par cela même qu*au jour, deux 'nuancée, par exemple deux verts, paraissent identiques sur la palette, il ne s*ensuit pas qu*ils le soient aussi de nuit à la lumière de la lampe. G*est là encore ce que fait ressortir la flamme sodique, laquelle en exagérant les effets d'absorption ou d'extinction que peut occasionner l'éclairage domestique, permet de juger promptement de la valeur d'une nuance en vue d'un effet donné.

Bien des questions surgissent quand on réfléchit aux effets si disparates que produit la flamme de deux métaux qui, comme le sodium et le magnésium^ sont si rapprochés dans la classification chimique. Je les ai touchées ailleurs (^/femie dé5 cours scientifiques du 23 février 1866, p. 322 et suiv.) et fait voir que, bien que ne donnant pas le même spectre, toute espèce de lumière peut, jusqu'à certain point, produire sur les couleurs, les effets de l'éclairage magnésique, le sodium lui-même ne les éteignant pas lorsqu'il brûle seul ou que sa flamme contient un noyau suffisamment incandescent.

J'y reviendrai dès que ma vue, un peu éprouvée* me permettra d'affronter» & nouveau, ees lumières si différentes non -seulement par leur action sur les pigments colorés, mais, & 6^ qu'il me^einbie, peu comparables aussi par les effets qu'elles exercent sur la rétine de l'œil.

ADDmON.

A l'aide des données qui précèdent, on peut, par un choix convenable de couleurs, composer des tableaux ne présentant è la flamme monochromatique qu'une seule couleur, bien qu'on leur en reconnaisse de toutes sortes, lorsqu'on les regarde au jour. C'est ainsi que j*ai fait faire un pastel représentant 'un bouquet dé liseron et de vigne vierge, contenant du rouge, du vert et du bleu, et paraissant violet à la flamme de soude. Les couleurs étaient à base de carmin^ à*ùuti^einer, de bleu de Prusse et de manganale de baryte. ' '

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