‹ Une actrice en voyage, piéce en un acteChapitre 62 sur 80 · PRÉTENDUE DIFFUSION DU CUIVRE · texte numérisé non relu

PRÉTENDUE DIFFUSION DU CUIVRE

(i janvier 1867) Par M. J. NIGKLBS.

La présence du cuivre a été signalée dans bien des matières depuis l*époque (1818) où Bucholz en a reconnu la présence dans les cendres de plantes. Quand en 1844, Walchner eut rencontré du cuivre dans certaines ocres et autres dépôts limoneux des eaux minérales, on fut natureflement conduit à le rechercher dans celles-ci et on ne tarda pas h en trouver un bon nombre contenant de faibles proportions de ce métal.

Tout récemment un chimiste en a signalé coup sur coup, dans les eaux minérales de Vergèze, de Bourbonne, de Balaruc, etc. (Journ, de pharm.^ 4* série, IV, p. 22), pendant qu'un autre a trouvé dt' ce métal partout et dans toutes les matières minérales et organiques, dans lesquelles il Ta cherché.

Le procédé qui a conduit à ce merveilleux résultat, n*olTre rien de nouveau, ajoutons cependant que Tauteur a opéré avec des réactifs dont il a soigneusement

- 3f8 — vérifié la pureté et qu*il a trouvé exempts de cuivre. Les évaporations et les incinérations ont été eflectuées dans an vase en platine avec un bee de Bunsen.

Toutes les subsfanecs auxqiielle s le chimiste At Hntn* bourg s*est adressé ont réeelé du cuivre en proportion sensible, Tamidon, selon lui, en contient tom comme le sucre, et le papier Berzélius lui-même n>n est pas exempt.

Ayant à rendre compte de ce travail et frappé de celte diffusion extraordinaire d*un métal <|ui se trouvait partout, excepté dans les réactifs employés pour le découvrir, je ne pus m'empécher de me rappeler le procédé anciennement suivi pour la recherche du fluor, procédé qui, comme je Taî fait voir (Comptes rendus deVAcad, des sciences^ t. XLV; Mém. Accui, Stanisl.y 18S7, p. 8 et IS), conduisait à des conclusions absolument semblables à celles qui terminent le susdit mémoire sur la difAision excessive du cuivre.

Que les réactif^ employés par le chimiste de Hambourg, fussent purs, rien de plus certain, mais il me parut non moins certain aussi, que, sans s*en douter et de la meilleure foi du monde, tedir chimiste laissait, par sa manière d'opérer, une porte ouverte à Tintroduction du cuivre.

En un mot, la cause d'erreur ne devait pas résider

dans les réactifs mais bien dans les appareils employés

et surtout dans Tappareil de chauffage ayant servi à

opérer l'incinération.

Il En effet, les becs de Bunsen sont ordinairement en cuivre; à chaud, ce métal est, comme on sait, volatil dans les courants de gaz ; aussi, quand on allume un pareil bec, il n*est pas rare de voir la flamme se colorer en bleu par le fait du cuivre qui a été entraîné.

n Les dites recherches devraient donc être reprises non-seulement avec des réactifs purs, mais encore avec des instruments dont le cuivre a été rigoureusement exclu, n

Ces remarques, formulées à la page 413 de ma Revue des travaux de chimie^ de Tannée 186S, sont foiidées sur des faits depuis longtemps connus et utilisés dans mon laboratoire et que les expériences sur les lumières artificielles dont je m'occupais alors, n'avaient que trop remises sous mes yeux.

Elles viennent d*étre confirmées, point par point, par M. Lossen ainsi que nous l'apprend le Joum. fûrprakL Chemie, t. XCVl, p. 460 (avril 1866) (1). En opérant sur un grand nombre de matières organiques, M. Lossen a, en effet, obtenu ou non, du cuivre suivant qu'il incinérait avec un bec en cuivre (bec de Bunsen), ou un bec exempt de cuivre (bec en verre).

Dans des recherches de ce genre, le cuivre doit donc être, scrupuleusement banni, non-seulement des réactifs, ce qui va sans dire, mais encore des appareils de

(1) Joum, depharm.y 4^ série, l. IV, p. 21.

chauffage employés ; que ces appareils soient des becs de gaz, des lampes à esprit de vio ou même le chalumeau ordinaire.

Maintenant que cette cause d*erreur est reconnue, elle explique bien des résultats qui avaient paru surprenants au moment où ils ont été annoncés. Dans ce cas se trouve le grain de cuivre que Gahn savait obtenir en incinérant au chalumeau, la première feuille de papier venue ; dans ce cas se trouvent probablement aussi, les traces de ce métal qu*on rencontrait inévitablement dans le produit de Tincinération des diverses matières organiques.

La question du cuivre normal subsiste donc tout entière et tout ce qui a été dit sur cette importante matière est sujet à caution et appelle une nouvelle vérification. Mais si, pour le moment, rien ne prouve qu*il y ait du cuivre dans les substances organiques, rien aussi ne prouve que celles-ci en soient, toutes, exemptes.

Seulement il reste à décider dans quelles matières il y en a et dans lesquelles il n y en a pas.

Quant à la diffusion du cuivre dans le règne minéral, la même cause d'erreurs a pu influencer les analyses accomplies avec des flammes à bec de cuivre, aidées ou non du chalumeau. Ici encore, il convient de n'accueillir qu'avec réserve, toute assertion relative à des eaux minérales cuprifères, en tant que l'auteur de l'analyse ignorait la cause dont il s'agit ou qu'il n'en a pas tenu compte.

Le nombre de ceé eaux a singulièrement augmenté depnb une trentaine d^années et comme on le voit ,11 n*y a pas de raison pour ne pas trouver du euwre dans toutes à la grande confusion des médecins et des iodications thérapeutiques. Le doute est dooe permit, car, au sujet de la présence du cuivre dans les eaux terres^ très, il y. a bien peu de résultats qui méritent la eon- Sattce. à laquelle a droit la découverte frite par MM. II»laguti et Durocher, de la présence du cuivre dans Teau de roer ; attendu qu*ici le contrôle est acquis et peut être véfifié à Tabri de toute cause d*erreur puisque, comme Ta fait H. Piesse (1), il suffit d'attacher aux flancs d*un bâtiment non doublé en cuivre, un sac conlenant des clous en fer pour voir ceux-ci, en moins de huit jours, se recouvrir de cuivre comme s'ils avaient passé par une dissolution de ce métal.

(i) jQum. de pharm., t. XXXVI, p. itô (18K0).

AUTOPSIE D'UN CHIEN latareltoment dèponiya de TàppendlM eandll,

Par D,-A. GODRON.

Dans le travail que j*ai publié, l'armée dernière, sur une famille de chiens dépourvus d'appendice coccygien extérieur, je n*ai pu relater que les faits, dont les organes de la vue et du toucher pouvaient me donner connaissance sur des animaux encore vivants. Depuis j*ai pu me procurer un de ces pauvres déshérités et constater, le scalpel en main et avec une précision complète, le mode suivant lequel se termine en arriére la colonne vertébrale. Ce sont les particularités que j*ai observées, qui font Tobjet de cette seconde notice.

Les os coxaux et le sacrum se montrent à Fétat normal. Le coccyx existe, mais il est rudimentaire. Il n'a que 0",029 de longueur et représente presque un triangle équilatéral. Il est légèrement courbé en dedans, mais moins que chez Thomme. Il est seulement formée de deux veirtèbres, une de moins que dans Pespèce humaine; elles sont mobiles et très-inégales.

La vertèbre coccygienne supérieure, articulée normalement avec la dernière vertèbre sacrée, est déprimée de haut en bas, quadrangulaire, plane en dessus, un peu convexe en dessous, lisse à sa face dorsale qui ne présenie ni crête, ni la moindre trace d*apophyse épineuse; ses apophyses articulaires sont courtes et obtuses ; les apophyses transverses s'étalent de chaque côté en une lame peu épaisse et arrondie ; elles élargissent la vertèbre qui mesure transversalement 0",031 .

La seconde ou dernière vertèbre coccygienne s'articule régulièrement avec la précédente; beaucoup plus petite, elle est en outre très-difTérente. Elle est déprimée et même concave à sa face dorsale et cette dépression est bornée sur les côtés et dans la moitié postérieure seulement de cefe face par une crête peu saillante el rugueuse. Les apophyses articulaires postérieures manquent ou plutôt me semblent représentées par les deux saillies rugueuses dont je viens de parler. Les apophyses transverses sont assez saillantes et grêles. Cette dernière vertèbre se termine par une lame lisse, arrondie en arrière et présente au-dessous décile une petite saillie osseuse, grêle, cylindrique, obtuse, de 0'",003 de longueur.

Cette anomalie serait-elle le résultat de cette mode barbare qui, sans doute pour faire mieux que le Créateur, consiste à raccourcir l'appendice caudal des chiens barbets et cette mutilation partielle, répétée pendant une suite de générations, aurait-elle amené dans leur des-

ceodance la suppression congéniale de Tappendice caudal tout entier? Mais il est aussi des races de chiens, auxquels on coupe radicalement le pavillon de roreille, pour empêcher qu'ils ne puissent être saisis par cet organe, dans les combats acharnés que ces chiens hargneux se livrent entre eux ; et cependant, nous ne connaissons aucun exemple de suppression congéniale du pavillon auriculaire parmi les races canines qui subissent habituellement cette opération.

On connaît des peuples sauvages, les Australiens par exemple, qui, de temps immémorial conservent religieusement la coutume d*arracher aux jeunes gens deux incisives de la mâchoire supérieure et d*autres de se limer les dents de façon à rendre leur couronne pointue. Il en est également chez lesquels, par un aveugle préjugé, tous les individus doivent faire le sacrifice d*une phalange du doigt auriculaire. Jamais cependant, ces mutilations ne se reproduisent chez ces peuples par voie (l'hérédité. Il est, du reste, une autre expérience, faite sur la plus grande échelle et depuis les temps les plus reculés, nous voulons parler de la circoncision, déjà formellement prescrite au peuple Juif dans le chapitre XVII de la Genèse (1). Ici Tancienneté et la constance de cette pratique religieuse chez les kraélites et

(1 ) Du temps de Moïse et d'Aaron, et même pins tard, on pratiquait cette opération avec une pierre tranchante, dernier vestige chei les Hébreux, des instruments de Tàge de pierre.

plus tard chez les Mahométans; le grand nombre de générations d'hommes qui Pont inévitablement siiJ^ie et dont les descendants la subissent encore aujourd'hui, constituent les conditions les plus propres à favoriser Théréditç et à produire ainsi Tabolition de cette coutume par la suppression de Torgane qui en est Tobjet Or celui-ci se reproduit constamment, et chez toutes les nations sémitiques qui se sont soumises à |fi circoncision depuis tant de siècles, cet organe est même chez elles exubérant.

Tous ces foits nous portent à penser que les mutilations ne deviennent pas plus héréditaires chez les animaux qu'elles ne le sont chez Thomme.

Page 1