‹ Une actrice en voyage, piéce en un acteChapitre 64 sur 80 · SUR L'ABSORPTION DU PHOSPHORE · texte numérisé non relu

SUR L'ABSORPTION DU PHOSPHORE

Par M. BLONDLOT.

Les recherches qui précèdent m*ont mis k même de eonstater une particularité qui mérite de fixer Tattentidn des toxicologistes. Dans les expériences relatées ci-dessus, le phosphore a été chaufiEè un peu au-dessus de son point de fusion ; mais il se volatilise aussi notablement è une température qui ne dépasse pas 40 degrés, qui est celle des animaux supérieurs. Pour mettre le fait en évidence, je procède de la manière suivante : J'introduis environ un gramme de phosphore dans un petit matras, que je ferme à la lampe avec les précautions indiquées. Quand l'oxygène a disparu du matras, j^ le plonge dans l'eau chaude, et je promène le phosphore au fond de tout l'hémisphère inférieur du vase, jusqu'à ce qu'il se soit solidifié en une couche mince adhérente au verre, de manière à présenter une lai^e surface d'évaporation. Je le maintiens alors dans un bain-marie comme il a été dit, avec cette seule différence que la température ne dépasse pas 40 degrés. Or une magnifique cristallisation se manifeste alors, comme dans les

— 8J9 — cas pr^édeots : ce qui prouve 9vec quelle facilité le phosphore passe diidclemcM de Télat soiijt à Pélat de ▼apeur.

Je me suis demandé, dés lors, si là ne $e trouvait pas hi manière la plus fationnelle d'expliquer 4'absorption du phosphore dans Jes ecopçisonnements,. Jusqu'ici, en effet, les toxicologistes ont été fort embarrassés pour démontrer comment ee corps, ipii est absolument insoluble dans les liquides du tube digestif, pénètre cependant dans l'organisme. On a pensé, il est vrai, pendant long* temps, qu'il n y parvenait qu'après s'être converti en acides solubles ; mais la parfaite innocuité de ces acides dilués étant aujourd'hui hors de doute, cette explication n'est plus admissible. Or, d'après ce qui précède, il me semble très-probable que c'est directement h l'état de vapeur que ce poison subtil s'insinue lentement dans Torganisme pour y produire des désordres qui sont si souvent suivis de mort.

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