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En efiet» déjà une fois tout le fiste système de peuples et d*Etats qu*on appelle h Chine, était arrivé, au temps de Fëre chrétienne, à se condenser en un seul empire, qui était, k cette autre estrémité du monde, comme le pendant de Tempire romain, dont il dépassait assurément b population et retendue. GMnme l'empire romain aussi» b Chine vit son unité brisée par b guerre, par des mvasions, par des révoltes, et elle tomba dans un état de morcellement analogue k celui qui rompit PoDité romaine en autant de royaumes qu'il y eut de chefs barbares pour en fonder. Pendant une durée de sept è huit cents ans, et par suite des mêmes mouvements de peuples qui avaient fait irruption dans le grand empire occidental, le monde chinois eut k subir des vicissitudes semblables, quoique moins profondes, et il eut, comme l'Europe, à traverser un moyen-ége où son unité disparut et se reconstitua tour à tour, à plusieurs reprises, sans pouvoir parvenir è se consolider. Il est vrai que le morcellement était loin d'avoir atteint les mêmes proportions que dans TEurope, livrée à roccupation des peuples de race germanique, et les tendances unitaires et dociles de ces peuples d*Asie essentiellement monarchiques facilitaient toujours la restauration de Tunité, dés que les circonstances s'y prêtaient, et qu*il se présentait un homme pour en renouer la tradition et la perpétuer dans une forte dynastie.
C*cst ce qui arriva, après une période marquée par
des alternatives de ce genre, vers la fin du x* siècle^ à r époque de Tavénement de la dynastie des Song, la dix-neuvième de Thistoire de la Chine. Sous ses auspices, Tanarchie cessa, le morcellement disparut, toutes les parties de Fempire furent ressoudées les unes aux autres, et toutes les institutions administratives de Tancien gouvernement Turent remises partout en vigueur avec la plus grande facilité, au milieu de populations qui n*en avaient pas perdu le souvenir, comme dans Tempire romain on les voyait se restaurer facilement dans toutes les provinces que les empereurs de Constantinople parvenaient de temps à autre à arracher à Toccupation germanique. Quoi d*étonnant si dès lors, dans cette grande monarchie administrative relevée de ses ruines, les institutions de crédit ont pu prendre ces proportions grandioses et excessives que le pouvoir absolu peut donner à tout ce qu*il entreprend de diriger ? Ce qui n*était pas possible en Europe au temps des royautés féodales et limitées du moyen ège, et ce qu'on n*a vu en Occident qu*après les grands progrès accomplis, aux temps modernes, par le pouvoir royal.
Ce n*cst pas tout encore, et il faut aussi, puisque Toccasion s*en présente, signaler Tantériorité de la Chine dans un autre ordre de faits sociaux, dont les analogues ne se produiront chez nous que bien plus tard aussi, mais de manière également à nous faire comprendre que partout, étant données les mêmes conditions morales, sociales, politiques et religieuses, il en résulte des
~ 188 effelB iemblebles, ei qu*il y o des mtownis où les civiysalioiM avtnoées lombenl dans le dégoût de IM» les biens qa*dles possèdenti ei se kûssenc enlrakier à en finir avee eUesHfnémes ei à se lapoer à oorpe perda dans Tutopie et b ebîcnëre. Cest oe qm arrive ordipai* remem aux sociétés q^and elles sont très-savagameni et irès^rortement organisées sons le rapport politique, et qu^dles se déeomposeot sons le rapport moral et reiigieus. Or la Giine en était \k au xi* eiécle, eent ans et plus après ia restauration monarchique opérée par les Song. Au sommet de la société, le pouvoir absoki ; à la base, une forte centralisation administrative; dans bi léte des lettrés et des penseurs, une grande fermentation de théories économiques et socfailes; au cœur de la moUilvde, Fégolsme et une indifférence profonde en nMtière de religion; en on mot, ioutes les conditions réunies pour qu*un peuple se laisse menipaler en tous sens su gré des novateurs qui surgiront de son sein.
On sait, de plus, car rexpérience en a été faite main* tes fois aux deux extrémités de la terre, que les agita^ tiens elles bouleversements dons la société sont toujours en rapport avec rapparition ei le progrès de quelque nouvelle docirine philosophique ou religieuse, qui, après avoir remué la région des idées, aspire aussi à s'emparer du monde des faits et à le façonner à son image. Or, au milieu du xi* siècle, on vit se répandre parmi les lettrés une philosophie nouvelle en opposition avec les doctrines traditionnelles de Gonfoeius, et qui, ayant
fait de nombreui prosélytes, constitua un puissant parti et propagea activement de tous cdtés le besoin et le désir des changements et des innovations. L*empereur Gheû-Tsoung régnait alors (1064*1085). U avait pour premier minisu^ un homme systématique et hardi, ie fameux Wang-an-Sché (1), qui nourrissait depuis longtemps le projet de réformer, de régénérer la société par TEtat. Il s*entoura des principeux adeptes de Téoole nouvelle, les appela aux honneurs, aux grands emplois» et, devenu ie chef du mouvement réformiste, il soumit la Chine à Texpérimentation des utopies qu*il avait rêvées; et cette tentative nous montre, huit cents ans avant notre époque, un premier essai d'application de réforme socialiste, avec les mêmes doctrines et les mêmes chimères qui se firent jour chez nous au lendemain de la révolution de 1848.
Cétait absolument le même programme que celui du socialisme contemporain ; et si Ton ne savait que Tesprit humain se trompe k peu près partout de la même feçon, on serait tenté de croire que nos théori-* ciens n*ont fait autre chose que de renouveler chez nous les idées du réformateur chinois. C'étaient en effet, en Chine, il y a huit^ sièeles, conmie en France de nos jours, les mêmes principes et les mêmes moyens d'action (2), à savoir : le but de la politique et de Vart de
(1) Cantn, ffiêioire univerêeUe, I. XI, p. 316.
(2) L*tbM Hae, VEmpin eAèioif , t. II, f. 74, S« édit.
gouverner borné à procurer à chacun sa somme de bien-être et de jouissances; TEtat se chargeant du bonheur de tous et s*emparant de toutes les ressources de la société pour devenir le seul exploitant universel ; se Taisant propriétaire, commerçant, industriel, agriculteur, pour protéger, soi-disant, les pauvres contre les riches et empêcher Texploilation de Thomme par rhomme ; et, afin de réaliser ces illusions si séduisantes pour les multitudes, les mêmes moyens qui ont échoué chez nous contre le bon sens public et la force des choses, les riches Trappes d'impôts extraordinaires au profit des pauvres, le droit è l*assistance, la fixation du prix des marchandises, le crédit gratuit entre les mains du gouvernement, qui sera le seul créancier et ne demandera pas d*usure, le tout pour arrivera rabaissement des Tortunes et au nivellement universel. Mais alors quoi d*étonnant si, dans une société qui en était à agiter de telles questions, qui, non contente de les débattre, en venait à les mettre en pratique, sous Timpulsion d*un ministre novateur, qui s'était emparé de la confiance du maître, comme Law le fit en France de la Taveur du Régent; quoi d'étonnant si, dans une telle société, on vit s'établir et se perpétuer, pendant plusieurs générations, le régime humiliant et ruineux du papier-monnaie? N'était-ce pas là la conséquence naturelle et inévitable d'une telle aventure ? Et lorsque Proudhon essaya de lancer la France dans les mêmes expériences, en préchant l'abolition du capital et la gratuité du cré-
dit, Basliat ne lui a-t-il pas prouvé, avec une irrésistible évidence, que la gratuité du crédit aboutirait à inonder la société sous un déluge de papier-monnaie, et que la substitution du papier au métal, c*est le concltASum^ VtUlimatum et le desideratum du socialisme (1) ?
Ainsi nous voilà ramené, après un assez long détour, à notre point de départ, el cette digression n'aura pas été inutile, puisqu'elle contribue à confirmer Tidée mère de cette étude, qui est qu'il y a partout des lois économiques semblables, régissant, déterminant partout de la même façon les faits sociaux dans leur diversité, lois qui sont partout en rapport avec les lois de la politique et de la morale, et que par conséquent on ne les viole jamais sans avoir à le payer tôt ou tard par de justes et rigoureuses expiations.
Mais revenons h nos deux termes de comparaison, et achevons de faire comprendre comment dans le passé, en France et en Chine, quand TEtat s'emparait des instruments du crédit, c'était pour aboutir à en altérer l'emploi et à les détériorer aussitôt par l'abus qu*il en faisait. D'abord un gouvernement ne fait pas la banque pour les mêmes misons et au même titre que les particuliers. De la part des marchands et des gens d'affaires, le recours au papier n'a d'autre but que de faciliter et de multiplier les transactions, et, entre leurs mains, son
(1) Fr. Basliat, Gratuité du crédit, p. 223.
emploi est sans danger, car ils ne peuvent répandre leur papier que dans la mesure de la confiance qu'ils inspirent. Mais quand TEtat émet du papier, ce n*est pas tant pour Taire des affaires productives que pour subvenir à des besoins, combler des déficits et réparer des désastres. En général, on voit que les grands apfiëls au crédit, de la part des gouvernements, se font lorsque le trésor est dans un état morbide. Quand le système de Law se produisit en France, on sortait d*une guerre malheureuse qui avait ruiné les finances et entraîné une première banqueroute. Je crois qu'on peut affirmer que c*est toujours à la guerre qu*il faut attribuer les détresses qui forcent les gouvernements à s'engager dans cette voie. Cela est vrai de la Chine comme de la France, où rien ne se tente en ce sens qui n'aboutisse au papiermonnaie; et, pour étendre la comparaison, cela est vrai aussi, dans certaines crises, de l'Angleterre, qui, pendant sa lutte contre la France, suspend plusieurs fois les payements de ses billets de banque, ce qui était en faire du papier-monnaie ; et cela est vrai également de la Russie, qui ne commença à émettre ses roubles de papier qu'après les conquêtes onéreuses de Catherine la Grande.
Ainsi l'expérience du passé nous fait voir tout ce qu'il y a de périlleux dans la concentration exclusive des institutions de crédit entre les mains de l'Eiat. Comme rien n'empêche de battre monnaie quand la matière première ne coûte rien, on se laisse ordinairement aller à cette
— 5»» — facilité décevante, les avantages immédiats qu*on y trouve empêchant de prévoir les dangers qu*on se prépare pour Tavenir. Le mal est plus grand, plus prompt et à peu près inévitable, là où rien n*arréte Texécution des volontés du pouvoir. Si à la puissance absolue s*ajoutent des erreurs théoriques et systématiques, qn voit aussitôt TEtat rouler, comme une sphère placée sur une pente unie et glissante, dans les plus désastreux excès. Il a été prouvé (1), après la chute du système, que le gouvernement avait fait de clandestines émissions de billets de banque, à Tinsu de l'assemblée générale des actionnaires de la Compagnie d'Occident, qui avait accepté la gestion de la Banque. Si Law ne s'est pas associé personnellement à ces mesures, il en était le complice indirect, et il les avait préparées en faisant intervenir la main du pouvoir dans des opérations qui demandent, pour être sûrement conduites, le contrôle de la liberté. En Chine, la permanence de la même situation y a perpétué les mêmes pratiques, et on les voit se transmettre de règne en règne, traverser de dynastie en dynastie, troublant et abaissant les unes, compromettant et précipitant les autres. L'histoire de la Chine pendant plusieurs siècles n'est qu'une cascade de banqueroutes produites par des émissions continuelles de papiers, dont
(i) Levassenr, Recherchée hisloriqueê êur le eyetème de LaWp p. 292.
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m ne promec méneploft le rembwrseuiieM, et ^m la dépréoiatim aueial dès qu^ib parwBOii el è mflawa ^*il8 se miltiplieiit
Or celte facilité de fiûre hinqueixMile quand on es a bseoÎD et quand oa ^eut, si elle ae perd pas tat^ouia ceux qui la poasèden^ eatraîaa to«^ui9 aulour d*ewla ruinQ d*ua grand aaaibra da vIetknjQs». Hp ca défiaiiÂve» ce n*esi jaiaaîs iaipunéBMn(qa*oaeft usa. On eomprend à quak eiieès peut éire eatralbé aa pouyaîr ahaolii que pousaeal d'immenses besoins et des désirs iasatiableSft quand à a une banque k sa disposition el qu*il peui kan certottile papier qu*il kâ plaît. Ui Liberté poiiiiqiK ellemême n*est pas lenjours garanUe contre ces entraînementfty et l'on sait que, dans les moments diiBciiev. la Ban^fue d*Angleterre a été plua d'une fois surmeaèew Mais l'abus n'est que l'exception dans tea Euits libcesy il est la régie dans les Etats absolus. De plus, si dans les premiers on: commet quelquefois des fautes financières pour subvenir aux exigences de la cfaose publique, dans les seconds on ea commet toujours pour satisfadre au luxe des cours et des hvoris, ces gouffres béaats et sans fond, où tant de trésors viennent s'engloutir sans les combler jamais. Au temps du système, Law remplissait de ses billets et de ses actions les poches des grsMds et des favoris, et livrait des sommes énormes au Régent qui les avait bientôt dissipées par ses profusions. On peut sans peine se représenter tout ce qu'un peuple doit souffrir quand il est soumis à un pareil régime financier.
Il y eut en France bien des malèdidions eontre Law el contre le Régent, qui le soutenait. Mais, cbei nous, le fléau D*a été que momentané; en Oiine, e*était un mal ebrooique, dont on ne songeait plus k guérir et qu*oa se résignait h prendre en patience.
Gepcndani de temps en temps le peuple éclatait, et qnaod la mesure était comble, il faisait une émeute qui coulait la vie à un ministre dihpidateur ei concussionsmire, 00 bien il exécutait la dynastie elleHonéme par une révolution. G*e9t ainsi que le fameux Aehmet, à qui Kfaoubilaï-Kban avait confié Torganisation de ses finan* ces, et qui fut le phis actif promoteur du système que Marco Polo a décrit avec tant d*éloges, indisposa tellement les populations qu*un complot se forma contre ses jours et qu*il fut assassiné dans le palais (i). Marco Polo avait vu tous ces événements de très-près. U fut même chargé, comme missionnaire impérial, d'instruire le procès des meurtriers et de procéder à leur chàti* ment. Aussi j*ai peine à croire qu*un bomoie si bien au courant de Fétat intime du gouvernement mongol ait eu réellement pour le régime du papier-monnaie Tadmiration qu'il témoigne. Un tel langage se comprendrait de la part d*un chevalier ignorant et naïf, comme Villehirdouin,. qui ne sait rien du commerce ei des afbires,
(1) Là Lktre de Mmno Pêio, édiidom Ptithier» première ptrlie» p. 922, 276» cl p. 326, note 6.
et qui ne peut que subir le prestige des nouveautés qui 8*offrenl à ses yeux. Mais comment se fait-il qu*un Vénitien initié de bonne heure au négoce, et par conséquent à la pratique du crédit» en ait tellement méconnu les lois ainsi que les vraies conditions de la production de la richesse, qu*il ait donné au système du papiermonnaie une approbation aussi absolue, sans en signaler, sans paraître en soupçonner les inconvénients ? Et d'ailleurs, quoi qu*il en soit de ses lumières sur les questions de principes, les faits dont il avait été* témoin auraient bien dû lui laisser des doutes sur Texcellenced^on régime qui soulevait les peuples contre son auteur, et qui, poussé de plus en plus à ses extrêmes limites, devint la cause principale du renversement de la dynastie mongole.
Mais, peut-on dire, la science économique n'existant pas alors, des pratiques financières comme celles du minisire de Khoubilaï-Khan, ou des appréciations comme celles de Marco Polo, et même des tentatives comme celles de Law, trouvent, jusqu'à un certain point, leur excuse dans Tignorance où Ton était des principes de la matière. Car, s'il faut faire la part des mauvaises intentions dans les fautes que commettent les hommes, il faut reconnaître aussi que celle des mauvais jugements et des fausses notions y est également bien grande. Ainsi Law, malgré ses expériences et ses connaissances pratiques, se trompait théoriquement en des points essentiels, et il a échafaudé sou système sur deux grandes
erreurs doctrinales dont la science économique a détruit Tempire pour toujours : la première, c*est que la monnaie u est indifférente de sa nature, qu'elle n*est que la mesure par laquelle on évalue les marchandises (\), n autrement dit, qu*elle n*est qu*un signe arbitraire de la valeur des objets, qu*il importe peu qu'elle soit en métal ou en papier, et que c*est le sceau du prince qui en constitue la puissance. La seconde erreur, qui n'est que la conséquence de celle-là, c'est que le prince, créant la richesse, peut imposer le crédit, et employer la force quand on lui refuse la confiance. Il semble que les financiers chinois se soient toujours conduits en vertu de ces fausses maximes, dont le règne chez nous n'a été qu'accidentel et momentané; car, pendant plusieurs siècles, ils n'ont cessé d*en faire la règle suprême de leur administration. La Chine manquait de numé* raire : ils ont créé une monnaie fictive, à qui ils ont supposé la même valeur. Avant eux, on avait essayé de favoriser la circulation des espèces et de susciter le crédit par des banques privées : ils substituèrent l'Etat à ces institutions libres^ firent du prince le seul banquier de son empire, entrainèrent la société et le gouvernement au ré?ime du papier-monnaie, du cours forcé, et transformèrent l'histoire intérieure de leur pays en une série de banqueroutes non liquidées et toujours renaissantes.
(1) Lefiiieur» RecKerehei hUt., etc., p. 20.
Mais 9 en réalilé, Law et les financiers chinois auraient fMi iacilement revenir de leurs erreurs, 8*iis n'a^* vaient pas tenu & y persévérer, soit pour tromper les autres, soit pour se donner à eux-mêmes le change sur leurs propres fentes. En effet, ces erreurs, pour lesquelles on invoque Texcuse de Tignorance, sont loin d'avoir été aussi générales et aussi accréditées qu'on pourrait le croire. Il y avait, en France comme en Chine, nombre de gens qui voyaient clair et droit en toutes oes choses, et qui, par science ou par bon sens, jugeaient ces questions d*aprés les vrais principes. Saint-Simon, par exemple, qui cependant n*était pas un homme de finance, et peut-être à cause de cela même, a fait preuve d'une sagacité rare dans tous les jugements qu'il porte sur les opérations financières de Law. Il comprenait fort bien l'utilité du crédit, mais il ne voulait pas le voir placé entre- les mains de l'Etat, qui lui semblait dans rimpossibilité d'en user sagement, parce qu'il était absolu. C'était à ses yeux un instrument puissant mais terrible, qu'il ne fallait pas laisser à la portée du prince, de crainte qu'il ne devint un moyen de ruine ou de mort. Cette doctrine était celle de Colbert, qui redoutait tant les emprunts pour Louis XIV, parce qu'il ne voyait rien qui pût l'empêcher d'en abuser s1l prenait goût à y recourir.
Ces appréhensions que lui inspirait la constitution politique de la France, Saint-Simon les a répétées sans cesse et sur tous les tons dans ses Mémoires^ toutes les