‹ Une actrice en voyage, piéce en un acteChapitre 7 sur 80 · ITI · texte numérisé non relu

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les éléments anatomiques. Ces parties élémentaires, cellules, fibres, tubes, jouent* dans Torganisation le même rôle que les corps simples dans les combinaisons chimiques ; dès lors, le physiologiste doit pénétrer jusqu*à ces dernières divisions de la matière vivante dans lesquelles il découvre les agents primordiaux des actions vitales, et doit rechercher les lois de leur origine et de leur évolution. Telle est la mine si riche que la science contemporaine exploite depuis quarante années avec tant de succès.

Me serait-il possible d*énumérer tous ces éléments? II faudrait signaler ces différentes cellules, ici libres et flottantes dans le sang et les humeurs, Ib réunies en mosaïques régulières formant le revêtement protecteur des membranes, ailleurs se ramifiant par leurs extrémités effilées pour constituer la gangue des tissus, ou bien s*irradiant en étoiles dans Tépaisseur des os. Il faudrait encore représenter cette fibre musculaire si déliée par laquelle le sang est lancé ou arrêté dans son cours, le vaisseau se resserre, Taliment progresse, par laquelle enfin les masses des muscles meuent en mouvement les leviers des membres. Mais puis-je ne pas indiquer du moins les éléments du système nerveux, ces tubes délicats qui transportent les impressions au cerveau et transmettent aux muscles les ordres de la volonté, ces cellules, siège de la volition, de la sensibilité et de Tintelligence, associées entre elles par un vaste réseau de fibres dans lequel certains physiolo-

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gisles hardis ont voulu trouver la raison mécanique de Tasaociation des idées et du jugement.

Le corps vivant est donc composé d*un nombre in* commensurable de ces éléments anatomiques qui sont autant d'organismes élémentaires doués d*une existence propre, qui vivent et meurent séparément et dopt quelques--uns même ont leurs poisons spéciaux. Toutes ces cellules que les recherches les plus récentes nous montrent animées de mouvements d'expansion et de contracdon semblables à ceux des Amibes, ne semblent-elles pas autant d'infusoires puisant leurs matériaux d'existence dans le sang qui les baîRne? Les glo- •bules du sang eux-mêmes, transportant Toxigéne puisé dans Facte de la respiration jusque dans les profondeurs des organes pour les besoins de leur nutrition, ne remplissent-ils pas le même rôle que les corpuscules du ferment dans la combustion de la matière organique ? En6n le développement des tissus obéit aux mêmes principes que la génération des animalcules ; la cellule engendre la cellule, comme Têtre vivant tout entier est procréé par un être vivant. L'ovule est la cellule primitive ; sous l'impulsion du mouvement vital, son contenu se segmente en parties se fractionnant elles-mêmes en une série indéfinie de cellules desquelles dérivent les tissus. Les doutes de la science permettent de pousser plus loin encore le parallèle : suivant quelques naturalistes, une substance amorphe engendrerait la cellule qui, avec la forme, prendrait une existence indivi-

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dueHedditlinote; une sorte 4e génération spontanée présiderait b l'apparition des éléments hislologiqiies normafBX ou morbidea, eomme à ia naissanee des proto^organismes, et c'est ainsi que Laennee ezpliqwit lafenése de ces tissos dont le déveioppement constitue les afleetions les plus redoutables.

Si la santé et la vie résultent do fonctionnement régulier de tous ces éléments anatomiques, la maladie et la mort sont les conséquences de leurs altérations. En étudiant leurs modifications morbides, en analysant les phases de leur évolution, la physiologie pathologique nous apprend que la maladie n*est pas une déviation désordonnée de la vie, mais qu'elle obéit aui lots de la naissance, du développement et de la mort de ces organismes élémentaires.

La vie du corps entier n'est que la résultante des vies individuelles de ces myriades d'éléments; mais l'organisme n'est pas seulement une agglomération de cellules, la solidarité la plus étroite, en respectant leiv individualité, les enchaîne dans une profonde unité, dans une parfaite harmonie, de telle sorte que si l'élé* ment isolé est entrainé dans le mouvement de l'ensemble, sa lésion retentit è son tour sin* le système tout entier. Le consensus vital transforme l'agrégat en une iQdissoluble association de membres sans cesse décomposés, sans cesse renouvelés dans le tourbillon de la nutrition, et, au milieu de ces transformations, l'être conserve son unité et son identité par la permanence

de la force qui ra«me j«ii|ue dans ses ëerniers éle-

vai fini, Messieurs. En parcouram le monde des infiojmem petUs» eu ^nteiii{)lam la mission qu'ils rempUsseni dans râconomie de la créalioni n*avon8*noas pas péoéirè aussi loin que possible dans les secrets de la ualure? Nous ne nous sommes arrêtés que devant le mystère qui nous dérobe Torigine des choses. Sur les vagues confins de deux empires, où le minéral, le végétal et ranimai soot confondus dans une forme commune, de cette granulation moléculaire reconnue depuis peu comme le point de départ des cristaux eux-mêmes, nous avons vu 8*élaiicer en divergeant les trois régnes de la nature. Nous avons vu ensuite les atomes animés, doués de Ténergie et de la surabondance de la vie k sou enfance, s'établir sur la matière minérale, ta transformer par leur travail multiplié à Tinfini et donner naissance à cette chaîne d'êtres innombrables, se développant à la surface de la terre dans le cours des àgea^ et dont l'homme est le terme suprême. Nous avons reconnu enfin ia force qui les anime se manifester depuis le champignon microscopique, depuis Finfime infusoire jusqu'à la cellule nerveuse, agent tangible de la pensée immatérielle. Ce spectacle admirable ne nous rappelle-t-jl pas cette pensée de Pascal : « L'imagination se lassera plutôt de concevoir que la nature de fournir. »

Les atomes d^Epicure, chantés par Lucrèce, les monades de Leibnitz, ces hypothèses métaphysiques renouvelées par Oken, ne paraissent-elles pas prendre une sorte de réalité dans ce noyau, dans cette cellule jusqu'à laquelle le physiologiste poursuit les manifestations de la vie, et, pour remonter plus loin encore, dans cette molécule, dans cet atome de Téther que le physicien conçoit comme division ultime des corps ?

Minérale ou vivante, la matière semble régie par un même principe ; ses premiers linéaments visibles, entraînés dans Tagitation mystérieuse du mouvement Brownien, ne nous montrent-ils pas à nu la loi universelle du monde, le mouvement? Lorsqu*apparait la cellule, élément primordial de Tétre, lorsque la vie semble flotter encore incertaine entre les formes par lesquelles elle va se manifester, la propriété motrice se précise dé plus en plus. Elle emporte dans son cercle régulier le contenu granuleux de Tutricule végétale, modifie sans cesse la forme de la cellule animale, U*ansporte à certains moments les organes reproducteurs des plantes inférieures ; puis, spontanée et permanente, elle demeure Fattribut exclusif de Tanimalité. Enfin, s'élevant encore d*un degré, la faculté du mouvement devient, chez Thomme, soumise à la volonté ; la propriété générale de la matière se fait l'esclave de la libre intelligence, ce reflet divin qui éclaire Thomme, le chef-d'œuvre de la création.

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