AU RÉCIPIENDAIRE
Mbssiburs»
Les solennités académiques, quoi qu*en disent les frondeurs, ont toujours le privilège d*exciter rintérél et d*attirer vers elles les esprits cultivés : je n*en veux pour preuve que le concours des personnes d*élite qui nous entourent aujourd'hui.
On aime une atmosphère que ne rident jamais les passions politiques, et que n*agitent point les controverses religieuses : Tesprit se repose sur les hauteurs sereines, d*où Ton ne voit qu*un horizon éclairé par les beautés de l'idéal et les splendeurs de la science. Aussi le philosophe bienfaisant, votre fondateur, en bannissant de vos travaux ces sujets irritants, source de tant de divisions parmi les hommes, a-t-il donné à son oeuyre une force qui lui a permis de résister aux tempêtes, qui ont emporté tant dinstitulions, assises sur des bases en apparence moins fragiles.
Ce n*est donc pas sans un pénible et profond sentiment de tristesse, qu'au H juillet dernier, voyant méconnu Tesprit qui l'anime, TAcadémie, en présence de volontés plus fortes que la sienne, a été obligée de renoncer b sa séance pubikfiie* i cette fête littéraire à laquelle elle avait convié FAcadémie française ; au moment où l'iUuitre Compagnie, par une flatteuse dérogation à ses habitudes, vous apportait la plus honorable distinction, en s'associant à vos travaux et en venant exprimer, dans les discours les plus éloquents, les sentiments qui nous inspiraient tous alors, coaune ils nous inspirent encore aujourd'hui, puisqu'ils étaient l'expression de notre bonhew d'être unis à notre belle France el à ses nobles destinées.
Pardonnez-moi, Messieurs, ces paroles, au moment où votis êtes ^core sous l'impression du magnifique tableau que M. le docteur Lallemand vient de dérouler sous vos yeux; mais vous le comprenez, je devais Texpressioa de ce souvenir à l'Académie française el à nos hèles iiluslres.
Cependant, celui à qui vous avez conféré l'hoaneur de présider vos séances, n'a pas toujours des regrets à exprimer, il a bien plus souvent à reposer sod esprit sur des pensées qui le calment.
Aussi, M/»8ieurSf esl-ee pour nu)i un heureux privi* lége de voir assis à mes côtés l'éloquent et vénérable présidem de l'Acadénme de Meu, M. Dommanget, le doyen des avocau de Fraoee, qui joint à la sagesse