Roudh-el-Kartas, traduction Beaumier, p
mense esplanade placée à côté de son palais, dont le sultan se sert surtout pour faire manœuvrer son artillerie : c’est son occupation favorite et il s’y applique avec unjintérêt passionné. Notre entrée fut saluée par des fanfares qui éclataient de tous côtés. Ce premier coup d'œil était fort beau. L’esplanade est bornée, dans toutes les directions, par de hautes murailles crénelées. Une partie de ces murailles est neuve, ayant été construite par Moula- Hassan; mais l’autre partie, qui est bien plus considérable, est très ancienne, et le temps lui a donné la couleur cuivrée qui, dans les pays africains, est la parure des pierres vieillies au soleil. Quelquesunes des tours sont d'une noble architecture ; on y pénètre par des portes arabes dentelées couvertes de mosaïques d’un vif éclat. Nous fûmes frappés d'emblée de la majesté de ce cadre : le tableau qui s’y déroulait, bien qu’à demi sauvage, n’en était pas moins très imposant. L'armée entière du sultan était là, rangée en longues lignes aboutissant toutes au même point, à une porte lointaine autour de laquelle se pressait une foule blanchâtre qu’on ne distinguait que vaguement. C’est par cette porte que le sultan devait déboucher et s’avancer vers nous. Ses soldats étaient là plutôt pour l’acclamer que pour nous faire honneur. Tous étaient à pied. Ses
cavaliers que nous avions vus, à notre entrée à Fès, caracolant sur leurs chevaux, étaient descendus de leurs montures; alignés dans la poussière comme de simples fantassins, ils tenaient leurs fusils, enveloppés de gaines rouges, avec plus de maladresse encore que d'habitude. Quelques-uns avaient à la main de grands foulards de diverses couleurs, qui leur servent, paraît-il, à couvrir la gâchette de leurs armes, mais qu’ils semblaient porter, ce jourlà, comme de simples ornements. Personne ne doit être à cheval lorsque le sultan paraît, et tout le monde doit se découvrir la tête à son approche, à moins de porter le tarbouch rouge, qui, indiquant qu'on est à son service, est par cela même une coiffure d’esclave. Il était donc convenu que nous serions à pied et nu-lête; mais j'avais espéré qu’en vue de nous rendre cette situation moins désagréable, on nous placerait à l'ombre de quelque muraille protectrice. Au lieu de cela, c’est au grand milieu de l’esplanade du sultan, en plein soleil, déjà fort ardent pour nos fronts, que Île maître des cérémonies nous fit mettre pied à terre et nous recommanda d’atteudre patiemment l’arrivée de son maître. Il était clair qu’on avait choisi cette place afin que tout les rangs de l’armée pussent contempler l’ambassade chrétienne humiliée devant
par la bride. Personne ne les montait. Après ces six chevaux venait le caïd el-méchouar, criant d’une voix retentissante : « Mas habu bi-koum ! Soyez les bienvenus! » Quelques maitres de cérémonies le suivaient; puis apparaissait un cavalier tout blanc, sur un cheval non moins blanc, émergeant d'un groupe de piétons blancs dont les uns portaient des lances, les autres agitaient près de lui des étolfes blanches, tandis que l’un d’eux élevait sur sa tête un énorme parasol vert. De loin, on distinguait mal sa figure, mais il était facile de remarquer sa haute stature, son air fier et réellement imposant. Le cortège se terminait par deux lignes de ministres, de chérifs et de tolbas marchant péniblement derrière le sultan, puis par une sorte de petit coupé d’ancien régime, peint de couleurs voyantes, mais dépourvu de siège pour le cocher.
Lorsque le cavalier blanc fut près de nous, nous nous découvrimes, et, malgré le soleil qui nous brülait les yeux, — car naturellement nous avions êté placés de manière à l’avoir en plein visage, pendant que le sullan, qui seul jouissait d'une ombrelle, lui tournait le dos, — nous pûmesadmirer Moula-Hassan. Admirer est bien le mot juste : le souverain du Maroc est certainement le plus bel homme de son empire et l’un des plus beaux qu'il soit pos-
sible de rencontrer dans un empire quelconque, même dans celui des rêves et des fantaisies. D’une stature élevée, d’un port singuiièrement majestueux, il monte à cheval comme le plus habile des cavaliers arabes. Sa figure est d’unerégularité parfaite, bien que ses lèvres, un peu fortes, attestent, aussi bien que son teint jaunâtre, que le pur sang nègre se mêle dans ses veines au pur sang de Mahomet. Ses grands yeux noirs sont magnifiques, d’un éclat perçant qui s'éteint avec une douceur charmante, dès qu’il se met à sourire. Agé d’une quarantaine d'années à peine, tous les signes de la fermeté et de l’obstination sont empreints sur sa physionomie, d’un caractère puissant. Une sorte de gravité dédaigneuse, qui n’est pas sans mélange de dégoût et d’ennui, lui donne quelque chose de sévère, parfois même de sombre et de triste. Son regard a une expression singulière qui frappe au premier abord. Comme chez Si-Fedoul, la prunelle noire de ses yeux, toute chargée d'éclairs, n’occupe que la moitié supérieure de l'orbite et laisse voir le blanc audessous, pareille, diraient les poètes arabes, à la lune au-dessus de la ligne de l’horizon. Son front est constamment plissé, et, entre deux sourcils noirs, abondamment fournis, se creusent deux plis accentués et perpendiculaires. On le dit timide, et par-
fois il semble avoir l’air inquiet, mais sans aucune des préoccupations pour sa vie qui se lisent sur le visage tourmenté du sultan de Constantinople. C’est l'inquiétude d’une dignité excessive qu’il est difficile de porter toujours convenablement. Comme tous les cavaliers de son maghzen, Moula-Hassan a la tête rasée; au-dessus des tempes se montrent cependant, suivant la mode, deux touffes de cheveux noirs que le turban recouvre en partie. Sa barbe et sa moustache sont également noires. Il est vêtu du costume ordinaire des Arabes, mais toutes les parties de costume sont d’une éblouissante blancheur. Il paraît qu'il ne remet jamais le même deux jours de suite, et que, quand il en a porté un, il en fait cadeau à quelque personne de son entourage. Rien, à l'extérieur, ne le distingue de ses sujets ; un sabre et une petite boîte, retenue par un cordon vert, dans laquelle est placé le Bokhari, célèbre commentaire du Coran, pendent à son côté. Ses pieds sont nus, sans bas, chaussés de babouches jaunes qui reposent sur des étriers d’or. Son cheval, aux souples allures, avait, le jour de notre réception, une bride et une selle très simples, mais merveilleuses de couleur : un vert clair olivâtre, d’une délicatesse exquise, qui s’harmonisait avec un goût charmant à sa robe blanche et aux plis flottants de son manteau.
En somme, dès qu’on avait jeté les yeux sur ce souverain de féerie, il était impossible de les en détacher; car jamais l’idéal du roi à la manière antique, du prince religieux et militaire, n’a été extérieurement réalisé d’une façon plus accomplie.
À peine le sultan fut-il auprès de nous, qu’il se pencha majestueusement sur sa selle, la tête légèrement inclinée, dans une pose curieuse et attentive, d’une grande dignité. M. Féraud se couvrit alors, et, prenant la parole, il [ui adressa le discours suivant, que je n'hésite pas à reproduire comme un modèle dans l’art de parler aux Orientaux, avec le style, les images, les formes de pensée et de langage qui leur conviennent:
« Sire,
» Que le salut et la bénédiction du ciel descendent sur la personne élevée, auguste et bien-aimée de Votre Majesté chérifienne. Je rends grâce à Dieu, je rends grâce à Dieu, je rends grâce à Dieu!, je rends grâce au gouvernement de la République, qui m’a appelé à l'honneur de me trouver aujourd’hui en présence de Votre Majesté pour lui expri-
4. Cette triple répétition est d'une grando élégance en arabe.
mer les sentiments d'amitié que la France professe envers elle. Quand, de Tripoli, où je me trouvais précédemment, j'ai été désigné pour venir représenter mon pays au Maroc, le président de la République et le ministre des affaires étrangères m'ont chargé d’exprimer à Votre Majesté leurs sentiments d'amitié. Ces sentiments existaient déjà dans mon cœur pour votre auguste personne, que j'avais eu l'honneur de voir et d'entretenir, et dont j'avais gardé le plus précieux souvenir. Depuis quarante ans que je vis au milieu du peuple arabe, j'ai pu apprécier son caractère et j'ai appris à l’aimer. Je connais, comme Votre Majesté, quelles sont les prescriptions de Dieu au sujet des devoirs réciproques qui doivent être observés entre voisins. Votre empire et la France ayant des frontières communes, nous nous conformerons aux volontés divines en nous efforçant de vivre en bonne intelligence pour la prospérité des deux provinces. Depuis le moment où j'ai mis le pied sur le sol marocain, à mon débarquement à Tanger, et sur tout le parcours que j'ai suivi jusqu'à Fès, j'ai trouvé l'accueil le plus chaleureux, tant de la part des fonctionnaires représentant Votre Majesté, que de la part de ses propres sujets; mais ce qui m'a le plus frappé, c’est la réception quim'a été faite à mon entrée dans cette capitale : les hon-
neurs qui m'ont été rendus et l’empressement avec lequel la population s’est portée à ma rencontre me laisseront un long souvenir. Aussi me suis-je hâté d’en informer mon gouvernement, qui sera aussi heureux que moi de la sympathie témoignée à son représentant. Au nom de la France et en mon nom, je fais des vœux pour que Dieu accorde à Votre Majesté une longue existence, la maintienne heureuse sur le trône des chérifs, et pour que la bénédiction céleste soit sur les habitants de cette ville, qui, grands et petits, m'ont donné, à votre exemple, tant de marques d'amitié. Je prends Dieu à témoin de la sincérité de mes paroles, de la pureté de mon cœur, de la loyauté de mes actes, qui tendront sans cesse à développer et à resserrer les liens d'amitié existant entre nos deux gouvernements. Votre Majesté peut être certaine qu’elle trouvera en moi un ami dont le concours lui sera toujours assuré. Encore une fois, que Dieu bénisse le sultan et prolonge ses jours!»
À mesure que M. Féraud parlait, je surveillais, sur le visage du sultan, les impressions de son âme. D'abord, l’air grave et impassible, il écoutait sans sourciller ; sa figure a commencé à s’éclairer au passage concernant les devoirs que Dieu impose aux
peuples voisins. Cet appel adressé aux théories religieuses de l'islam le frappait. À partir de ce moment, il n’a plus cessé de sourire avec bonne humeur, satisfaction et bienveillance, et, lorsque M. Féraud s’est arrêté, c'est d’une voix très douce, presque chantante, quoiqu’un peu voilée, qu’il lui a répondu en ces termes :
« Soyez les bienvenus, vous, monsieur l’ambassadeur, et tous ceux qui vous accompagnent. Vous arrivez au Maroc précédés de la réputation d’un homme chez lequel l'intelligence n’a d'égale que la sagesse, et je rends grâce à Dieu que vous ayez été choisi pour venir ici représenter le gouvernement français. Je suis assuré que, grâce à vos lumières, l’amitié ne fera qu'augmenter entre nos deux pays, ainsi qu'il en était du temps de mes ancêtres. La France est, de toutes les puissances européennes, la première avec laquelle le Maroc ait noué des relations d’amitié; vous serez le nouveau lien qui doit resserrer ces rapports amicaux. Vous savez que, de tous temps, nous avons aimé la France, qui nous donne aujourd'hui une preuve éclatante de la réciprocité de ses sentiments en nous envoyant un homme tel que vous. Soyez le bienvenu ! » |
Il était impossible de s'exprimer avec plus de zrâce, avec un air plus affable. Les discours terminés, M. Féraud présenta un à un à Moula-Hassan les personnes qui l’accompagnaient. Celui-ci n’avait pu s’em- Jêcher, tout en écoutant et tout en parlant lui-même, le jeter des coups d’œil curieux du côté de nos cuirasiers, qui étaient restés casque en tête, pendant que ous étions tous découverts, et qui brillaient comme les soleils sous les rayons de celui du ciel. Il parut ieureux de pouvoir enfin se faire donner des reneignements sur les cuirasses, leur usage, leur utiité, etc. Le côté enfantin de son esprit peu cultivé se nontrait là tout àcoup. C'était pour la première fois que le sultan voyait des cuirassiers. A la vérité, une imbassade allemande était allée un jour à Fès avec les cuirassiers blancs; mais cette ambassade avait oué de malheur. En essayant de monter une glaière qu’elle portait en présent au sultan, elle l'avait ait éclater, ce qui avait blessé plusieurs indigènes. Lussitôt Moula-Hassan et sa cour s’étaient persuadés iu’ils étaient en butte à quelque criminelle machiation et que la prétendue glacière était en réalité ne machine infernale destinée à les faire sauter. a crainte de la machine infernale les avait empéhés d’admirer suffisamment les cuirassiers blancs. Vos cuirassiers à nous n'avaient, Dieu merci! rien
qui empêchât de les contempler en sécurité. Moula- Hassan voulait savoir combien nous en avions, si la cuirasse était à l’abri des balles, si le casque était lourd, mille autres détails. A propos de chaque officier d'arme nouvelle qu’on lui présentait, il posait de seinblables questions. Les ambassades qu’il reçoit sont pour lui le seul moyen de recueillir des informations sur l’Europe, sur l’état des forces de chaque nation, sur leur puissance véritable. Ilse fie beaucoup moins aux ambassades qu’il envoie luimême en Europe, et il a raison; car ceux quien font partie s’empressent, à leur relour, afin de le flatter, de lui affirmer qu’ils n’ont rien vu d’aussi beau que le Maroc, d’aussi redoutable que son armée, d'aussi grand que son souverain. Il demandait donc à chaque officier quelle était son arme : à quoi servait-elle ? combien comprenait-elle de régiments ? M. Féraud lui répondait, et, pour lui prouver qu'ille faisait avec exactitude, il lui montrait sur les collets des uniformes les numéros qui indiquaient l'ordre des régiments. Comme nos chiffres sont les chiffres arabes, le sultan les lisait facilement. Il semblait s'amuser beaucoup. À chaque instant il répétait: Khiar! khiar ! ce qui signifie exactement : « Concombre! » mais ce qui veut dire, en langage marocain : « Bien! bien! » sans doute en vertu d’une loi
UNE AMBASSADE AU MAROC. 205 semblable à celle qui fait que certaines expressions, telles que : « Des navets! » ont, dans l’argot parisien, un sens qui n’a rien d’horticole. Enfin, les militaires étant épuisés, notre tour vint, à M. Henri Duveyrier etàa moi. M. Duveyrier portant un tarbouch qu’il n’avait pas quitté depuis Tanger, le sultan était très intrigué par sa coiffure et voulait savoir s’il était bien Français, s’il n’était pas du moins musulman. Quant à moi, je dois avouer que je n’ai fait aucune sorte d'impression sur lui. M. Féraud m’a présenté comme un grand historien, comme celui qui écrit pour la postérité les faits et gestes des souverains actuels. Je crains que Moula-Hassan n’ait pasun souci suffisant de la postérité, car il m'a regardé à peine, me gratifiant d’un : « Concombre! » précipité qui a presque résonné à mon oreille, comme l’expression d’argot que je comparais tout à l’heure au £hiar marocain.
On m'avait pourtant réservé pour la bonne bouche: après moi, la cérémonie était finie. Le sultan nous salda de nouveau avec une grâce extrême, et reprit sa route vers la grande porte d’où il était sorti toujours couvert d’un grand parasol, toujours entouré du groupe de porteurs de lance et de méchouari agitant des étoffes blanches autour de sa tête. Pa un raffinement d'élégance, il faisait sautiller son cheval,
qui semblait marcher en cadence. Les méchouari
avaient repris en avant leur course au galop, les ministres, chérifs et tolba, courbaient leur front jusque dans la poussière; les six chevaux magnifquement harnachés bondissaient et hennissaient; enfin le petit coupé sans siège pour le cocher suivait le cortège, comme en vue de bien indiquer qu'il ne saurait y avoir de cérémonie importante en Afrique sans un grain de bouffonnerie. Il paraît que ce coupé est un don de Louis-Philippe. Ne voulant pas être distancée par la France, la reine Victoria en a donné au sultan un autre, qui est à Mekhnès. Un troisième souverain européen lui en a offert un troisième qui est à Maroc. Dans un pays où n'existe pas une seule route, on se demande ce qu’on peut faire d'un coupé, sinon s’en servir comme décor dans une réception d’ambassade. Toutefois, il parait que Moula-Hassan essaye parfois de se promener dans celui de Mekhnès; c’est même pour cela qu’on a supprimé, non seulement à celui-là, mais aux deux autres, le siège du cocher, de peur que ce dernier étant assis ne dominât le sultan, ce qui aurait été intolérable. Bien souvent, les présents de l’Europe sont ainsi absolument inutiles aux Marocains. Quelquefois même, ils sont contraires à leurs croyances et leur produisent l’effet d’une offense. L'Allemagne et l’Italie n’ont rien imaginé de mieux
UNE AMBASSADE AU MAROC. 207 que d’envoyer au sultan du Maroc les portraits de l’empereur Guillaume et du roi Victor-Emmanuel : ces portraits, bien entendu, n’ontjamais pénétré dans l’intérieur du palais; à peine les ambassades qui les portaient avaient-elles quitté Fès qu’onles plaçait le visage contre le mur dans une cour réservée aux détritus dont on veut se débarrasser.
Nous remontämes à cheval au bruit de salves d'artillerie qui faisaient retentir l’air de leurs détonations multipliées. L'usage voulait qu’on allàt visiter un des jardins du sultan : nous y allâmes donc, bien que ce jardin n’eût absolument rien de remarquable. Pendant la route, le caïd raha se tenait auprès de moi pour connaître mes impressions. « Eh bien! me disait-il, que penses-tu du sultan? Le trouves-tu beau ? Est-ce un grand prince à tes yeux? T’a-t-il beaucoup frappé ? En diras-tu du bien à tes compatriotes ? » Je lui répondis très sincèrement qu’en effet je trouvais Moula-Hassan fort beau, que j'admirais son grand air, la noblesse de ses allures, la dignité de son maintien, la souveraine élégance de sa parole, et que jene manquerais pas de l'écrire pour l'instruction de mes compatriotes. J’ajoutai même, désirant lui être tout à fait agréable, que j'avais vu plusieurs fois le sultan de Constantinople aller à la mosquée, et que, malgré l'éclat des uni-
formes qui l’entouraient, malgré la superbe prestance des troupes de sa garde, je le trouvais petit et mesquin à côté du sultan du Maroc. « Ah! s’écria t-il, c’est qu'Abdul-Hamid est un Turc et qu’aucune goutte du sang de Mahoinet ne coule dans ses veines. Ne le compare pas à Moula-Hassan ! Le dernier seul est calife, et seul il peut se dire le prince des croyants : émir el-moumenin! »