‹ Une ambassade française en Orient sous Louis XV;Chapitre 5 sur 61 · AVANT-PROPOS. XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XI

prouesses de notre ancienuc diplomatie , beaucoup moins connues que les hauts faits de nos armées, quelque coup franchement porté à des adversaires dont le nom n'a point change, un tressaillement de plaisir qui me réjouit et me console. De plus, cette recherche ne saurait être dépourvue d'enseignement. La poursuite consciencieuse de la vérité historique nous apprend à nous défier des affirmations téméraires et préconçues ; c'est l'école pratique de la modération. Vu de loin et considéré à la superficie, le passé apparaît tout d'une pièce, bon ou mauvais, suivant l'époque que l'on envisage et surtout le procédé d'optique que l'on emploie. Au contraire, à se rapprocher du passé par une étude minutieuse, à s'efforcer d'en saisir les côtés divers et complexes, on se prend à constater que les périodes les plus décriées de notre histoire ont eu leur grandeur, de même que les régimes les plus vantés ont éprouvé leurs défaillances. Même sous Louis XV, la monarchie française accomplit des œuvres considérables, mais leur examen ne fait que mieux ressortir à nos yeux les fautes qui vinrent trop tôt démentir et compromettre cet éclatant début. Nous nous trouvons amené de la sorte, moins à rechercher l'occasion de jugements absolus qu'à dégager les faits avec leurs causes, à les suivre dans leur ordre et leur enchaînement, à en apprécier la valeur relative, par suite, à distinguer ce qui fit la puissance française, ce qui l'altéra et ce qui peut la refaire. Nous reconnaissons

xn AVANT-PROPOS.

aussi que, si certains régimes paraissent mieux appropriés que d'autres au développement de l'influence extérieure d'un peuple, il n'en est point cependant qui porte en luimême un principe absolu de force et de durée, mais que tous ont besoin d'être constamment soutenus et comme vivifiés par l'action d'hommes prudents , avisés , énergiques, animés de ce zèle actif pour le bien de l'Etat qui fit les grands ministres et les bons polifiques d'autrefois. A cet égard, la France trouvera toujours dans l'observation de son passé des exemples à relever. C'est le désir d'établir à son profit exclusif ces fortifiantes leçons, c'est sa pensée seule, dégagée de toute autre préoccupation, qui doit nous inspirer et nous guider dans l'étude de toutes les parties de son histoire politique, de même que nos anciens hommes d'armes, pour marcher à l'ennemi et s'animer au combat, ne poussaient qu'un seul cri : France!

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