Dangeau (op. cit.), t. 15, p
afin qu'elles pussent admirer la splendeur de son costume et de ses pierreries. Il salua d'un mot aimable l'électeur de Bavière ! qui était présent, en ajoutant «voilà bien de la presse, monsieur ». « Oui, sire, répartit l'électeur, mais aussi voilà une belle cérémonie. »
Les deux remarques étaient exactes : la bousculade était terrible et le spectacle merveilleux.
Le baron de Breteuil se consola difficilement du trouble apporté à la majesté de l'audience par l'encombrement de la grande galerie. Louis XIV avait en effet subitement renoncé à son dessein de faire diviser la salle en trois parties parallèles par des barrières afin qu'un chemin restât libre et dégagé jusqu'au trône. D'après ses ordres on avait supprimé, la veille, les barrières déjà placées, et il avait été convenu qu'on laisserait entrer autant de personnes que la galerie pourrait en contenir. Il s'ensuivit cette « presse » remarquée par le roi, un désordre fâcheux et« l'avilissement du spectacle». Louis XIV lui-même faillit éprouver un ennui de l'empressement extraor-
1. Bavière (Maximilien-Marie-Emmanuel, duc, électeur de) 1662-1726. Il commanda les armées impériales sur le Rhin en 1690 et eut, depuis 1692, le gouvernement des Pays-Bas espagnols. Plus tard, dans la guerre de succession d'Espagne, il quitta le parti des alliés pour servir la France et ne put rentrer dans ses États qu'après la paix de Bade (1714). Il n'avait pas encore quitté la Cour lorsque Mehemet Riza Beg fut reçu à Versailles.
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