‹ Une ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inéditsChapitre 52 sur 133 · A. E. Perse, t. 4, f · texte numérisé non relu

A. E. Perse, t. 4, f

l'audience royale DU 19 FÉVRIER 1715 177

« Tes grandes actions, tes vertus, les rares et « admirables qualités que Dieu a rassemblées en « ta Hautesse, lui font souhaiter de faire alliance « avec toi. Il m'envoie de là ici pour te la deman- « der et te l'offrir avec son amitié ; l'offre ne « peut être suspecte ; je ne viens point te de- « mander des services d'hommes, d'argent, de « vivres, les Etats de mon maître sont abondants « en toutes ces choses. Mais je viens te donner « une idée de ses vertus par l'hommage qu'il « rend aux tiennes sur la réponse. Il ne me reste « plus qu'à te souhaiter une assez longue vie « pour que les petits enfants de ton arrière-petit- « fils, que je vois à ton côté, apprennent de toi « l'art, le grand art de régner. »

Ces paroles dont l'authenticité a été affirmée par Padéry S dénotaient le trouble dont Mehemet Riza Beg avait été saisi en présence du roi. Quelques spectateurs notèrent son effarement. Saint-Simon dit que « la splendeur du spectacle « acheva de le déconcerter et qu'il se fâcha une « fois ou deux pendant l'audience contre son in- « terprète et fit soupçonner qu'il entendait un « peu le français. » Dangeau partage ce sentiment et « ajoute que Son Excellence sentait bien « que les interprètes ne rendaient pas son dis- « cours dans toute sa force. »

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