‹ Une ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inéditsChapitre 61 sur 133 · Chardin (op. cit.), t. 3, p · texte numérisé non relu

Chardin (op. cit.), t. 3, p

l'ambassadeur persan a paris 203

« aller. Gela vient sans doute de ce qu'ils demeu- « rent dans un climat mieux tempéré que le « nôtre. Ils n'ont pas tant de sang que nous, qui « sommes septentrionaux, ni si bouillant. On ne « sait ce que c'est en Perse que l exercice. On se « porte encore mieux, en ce pays-là, d'être tou- « jours assis ou porté, que de marcher : les hom- « mes vont à cheval mais ils ne marchent jamais... « Pour ce qui est des voyages, ceux de simple « curiosité sont encore plus inconcevables aux « Persans que les promenades. Ils ne connaissent « point la volupté que nous ressentons à voir des « manières différentes des nôtres et à ouïr un « langage qu'on n'entend point. » Et à l'appui de ces affirmations dont l'exactitude et la valeur ne semblent pas douteuses, Chardin cite un exemple. Lorsque la compagnie des Indes orientales envoya des députés au roi de Perse et que deux gentilshommes, MM. de Lalain et de Laboulaye- Legourd *, se joignirent à ces marchands, les ministres du sophy ne comprirent pas l'épithète de « curieux de voyager » dont se qualifiaient ces personnages. Ils demandèrent à Chardin s'il était possible qu'il y eût parmi les Français des gens qui voulussent parcourir deux ou trois mille lieues, avec tant de risque et d'incommodité, pour voir seulement comment « on était fait et comment on faisait en Perse ».

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