‹ Une ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inéditsChapitre 86 sur 133 · A. E. Perse, t. 4, f · texte numérisé non relu

A. E. Perse, t. 4, f

L'ambassadeur se vit accorder encore d'autres témoignages de la satisfaction des ministres du roi pour l'heureuse issue des négociations. Pendant son séjour à Paris, il avait reçu de sa Cour l'instruction de réclamer la restitution à un Arménien persan, le sieur Gogia Aronthion ', des marchandises lui appartenant qui avaient été prises, quelques années auparavant, par des corsaires français à bord d'un vaisseau ennemi. Le roi ordonna qu'on déférât à cette demande et agréa en outre une requête présentée par Mehemet Riza Beg afin d'obtenir la mise en liberté de treize sujets persans retenus aux galères de Marseille. Il s'agissait là de menues politesses difficiles à refuser, le traité de commerce préparé nous étant extrêmement avantageux et annulant les clauses fâcheuses du traité de 1708.

La liberté absolue des importations et des exporations, sans limitation quantitative ou qualitativet n'était-elle pas reconnue aux marchands français?

Aucune restriction n'était, au surplus, maintenue pour l'achat des chevaux persans, et l'exemption des taxes et droits, de quelque nature qu'ils fussent, était complète. Les consuls et négociants français obtenaient gratuitement des maisons en Perse et l'ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne était assuré de la préséance à la Cour du

1. Il était arrivé lui-même à Paris pour apporter des instructions spéciales à Mehemet Riza Beg.

sophy. Enfia un dernier article garantissait à la France le bénéfice du traitement de la nation la plus favorisée '.

Quelques points de détail restaient à fixer, tels que la désignation du futur consul de France et des ingénieurs chargés d'accompagner en Perse Mehemet Riza Beg, et surtout le choix de l'endroit où le traité serait signé. Une dernière conférence entre Torcy, Ponchartrain, Desmare ts, qui avaient reçu de pleins pouvoirs 2, et le Persan, permit de tout régler, et on prit rendez-vous pour l'échange des signatures à Versailles, le jour de l'audience de congé de Son Excellence.

La mission du kalender d'Érivan touchait à son terme : elle aboutissait, en dépit de tous les pronostics désobligeants, à la conclusion d'un traité dit de commerce et d'alliance entre la France et la Perse.

Mehemet Riza Beg, de retour dans son pays, serait-il, par hasard, en droit de jouer les grands diplomates ?

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