‹ Une ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inéditsChapitre 99 sur 133 · A. E. Perse, t. 4, f · texte numérisé non relu

A. E. Perse, t. 4, f

2. Le Flambeau astronomique ou Calendrier de l'année bissextile 4716, par M. H. R. B., à Rouen.

« Beuvron, gouverneur du château, furent ainsi « qu'un grand nombre de noblesse, le saluer et « lui rendre les honneurs dus à son rang... Après « avoir séjourné en cette ville jusqu'au C sep- « tembre, il en partit environ à trois heures après- « midi et fut s'embarquer dans le vaisseau qui « lui était préparé. Dans toutes les rues, sur le « quai, il y avait beaucoup de peuple qui s'était « rendu dans les lieux de son passage pour le « voir passer. A quatre heures après-midi, son « vaisseau mit la voile; passant devant le châ- « teau, il fut salué du canon. »

Le rédacteur du Flambeau astronomique fait en outre allusion, dans son récit, à l'émotion que Mehemet Riza Beg éprouva à Rouen en y apprenant le décès de Louis XIV. « L'ambassadeur », ditil, « fut vivement touché de la mort de ce grand « prince et le pleura. » Si le renseignement est exact, Mehemet Riza Beg était devenu bien sensible : il se montra, en tout cas, courtois en adressant aussitôt ses condoléances au secrétaire d'Etat des Affaires étrangères dans les termes ci-après :

« Très illustre et très magnifique seigneur, no- « tre cher et bon ami, M. le marquis de Torcy, « ministre et secrétaire d'Etat, grand vizir.

« Après vous avoir salué de cœur, que votre « tête soit saine et que Dieu conserve le nouveau « et successeur, l'empereur couronné du soleil, « et lui donne une longue et heureuse vie et par

« suite résidence en son empire, et qu'il confonde « ses ennemis. La vérité est telle que cette fâ- « cheuse nouvelle m'a touché au vif. Si j'avais « perdu mon père, je ne serais pas plus touché : « mais que faire puisqu'il n'y a pas de remède à « la mort, puisque celui qui naît il faut qu'il « meure ; la volonté de Dieu soit faite puisqu'il « n'y a pas d'autre remède que la patience. Je « souhaite que vous vous portiez bien et que vous « soyez regardé d'un œil doux du nouvel et puis- « sant empereur. N'oubliez pas la promesse de « votre amitié et celle de vos ordres que je tâ- « cherai d'exécuter.

« Que votre vie soit heureuse1. »

La disparition du vieux monarque eut, d'ailleurs, pour l'ambassadeur, un effet heureux. Mœ8 de Roussy n'avait cessé, depuis le 30 août, de multiplier ses démarches afin d'obtenir l'ordre d'arrêter sa fille partout où elle serait. Le marquis de Torcy, excédé des plaintes et des sollicitations de cette femme, pourtant indigne, fit préparer le 1er septembre, une lettre à l'adresse de l'intendant de Rouen, M. Roujaut 2, par laquelle il annonçait l'arrivée de l'ambassadeur persan, celle de Mme d'Epinay, et révélait le projet de Son

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