CHAPITRE III
La sortie du lazaret, en mettant fin pour Tambassadeur ottoman, son entourage et sa suite aux ennuis de la quarantaine, marquait le début d'une ère nouvelle.
Jusque-là Esséid Ali, à part quelques égards ou ménagements spéciaux, avait été soumis, comme le commun des mortels, aux exigences des Conservateurs de la Santé. Désormais il avait le droit de prétendre à un traitement privilégié, et sa qualité de représentant d'une grande puissance devait assurer à sa personne toutes les pompes officielles dont la canonnade qui l'avait salué à son débarquement lui avait donné l'avant-goût.
^ Archives départementales des Bouches du Rhône, série L.. liasse 76, dépouillées par M. l'Archiviste du département.
Le Directoire n'avait pas attendu le départ de Constantinople de l'ambassadeur pour déterminer l'accueil qui lui serait fait sur le territoire de la République. Dès le 12 avril (23 germinal), après quelques semaines de tâtonnements et de conférences, il avait pris un arrêté en seize articles*, réglant avec précision le cérémonial de la réception à Marseille, les modalités du voyage jusqu'à Paris et même l'installation dans la capitale de l'envoyé du Grand Seigneur. Cette louable prévoyance lui fut dictée par le double souci de traiter Esséid Ali comme la politique et la politesse l'exigeaient et de s'en tirer au plus juste prix.
Il y avait un intérêt public à satisfaire la Turquie dont les prétentions étaient connues. AubertduBayet avait rendu compte de l'accueil exceptionnel qu'il avait reçu pendant sa route à travers la Turquie et signalé, comme Verninac, l'avantage que présenterait une exacte réciprocité.
Dans son désir de bien faire, le ministre des Relations extérieures ne négligea rien pour permettre au Directoire d'arrêter ses décisions.
^ Pièces justificatives, p. 295.
11 ordonna des recherches dans les archives de son département, et comme on n'y découvrit aucun précédent, les ambassades de 1717, 1721 et 1742 ayant été toutes temporaires, il n'hésita pas à recourir aux lumières des étrangers. « Vous « avez sans doute appris, écrivit-il au marquis « del Campo, ambassadeur d'Espagne à Paris, « que la République Française attend un ambassa- '■^ deur député vers elle par la Porte ottomane. « Je m'occupe en ce moment de régler le céré- « monial qui devra avoir lieu lors de son arrivée. « Quoique la conduite à tenir dans cette circons- « tance soit parfaitement bien connue, je dési- « rerais néanmoins savoir de quelle manière a « été reçu et traité à Londres le dernier « ambassadeur turc qui y a été envoyé. Vous « vous y trouviez alors : vous serait-il agréable « de me communiquer tout ce que vous pouvez « avoir de renseignements à cet égard? Je vous « en aurais une véritable obligation*. »
Répondant à cet appel, le marquis avait rassemblé ses souvenirs, fourni quelques détails sur le cérémonial suivi à Londres, et par surcroit donné un bon conseil : « Il me vient à
1 A. E. Turquie, t. 196, fo22.
(( ridée que dans les archives particulières des (( personnes qui dans l'ancien régime servaient « les emplois d'introducteurs, on doit y trouver « tout ce qu'on désire ^ »
Ce qu'on ne trouvait, ni dans les archives officielles ni dans les archives privées, c'était de l'argent. Là était le nœud de la question. Disposait-on des sommes nécessaires pour assurer à l'ambassadeur un accueil digne de lui? En 1742 on avait consacré à la réception de Saïd Méhémet Pacha plus de 400.000 livres. Fort heureusement pour le Trésor, les circonstances avaient changé. On pouvait penser ou feindre de penser que la Porte allouerait à son ambassadeur un traitement suffisant pour acquitter les dépenses de la route et celles du séjour à Paris. De plus, par une véritable chance, Aubert du Bayet, en traversant la Turquie, n'avait pas été comme ses prédécesseurs défrayé de tout. Rien ne semblait s'opposer à ce qu'on payât Esséid Ali Effendi de la même monnaie, en lui prodiguant des honneurs économiques tels que troupes, coups de canon, discours, etc.. et en se montrant au contraire plus avare de ce
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qui entraînait des charges financières. Tel paraît avoir été l'esprit qui présida à Télaboration de Tarrêté du 12 avril. Pour en assurer l'exécution le Directoire s'en remit à ses délégués dans les divers départements que l'ambassadeur devait traverser en leur recommandant d'agir pour le mieux et d'observer une sage économie.
A ce point de vue Caulaincourt, Venture et le citoyen Guys étaient les hommes qui convenaient. Le Mihmandar avait accompagné Aubert du Bayet, et son expérience était précieuse : l'interprète connaissait à fond les usages orientaux ; quant à l'agent du ministre des Relations extérieures à Marseille, ses fonctions répondaient de son zèle. Tous trois avaient un égal esprit de sage économie et appréciaient d'autant plus l'argent qu'ils en avaient moins. La confiance du Directoire fut en somme bien placée. Rien ne fut ménagé à Marseille pour satisfaire l'ambassadeur ottoman. « On alla « peut-être même un peu au delà de ce que la « dignité nationale permettait de rendre à son « caractère^ » et cependant le chiffre des
^ Lettre de Caulaincourt au ministre des Relations exté-
dépenses, y compris les frais d'installation du lazaret, ne dépassa guère 14.000 livres.
Les articles 5 et 6 de l'arrêté du 12 avril furent le canevas sur lequel le citoyen Guys broda festons et astragales : ils étaient, à vrai dire, d'une assez vague précision.
« A sa sortie du lazaret, y était-il dit, l'Am- « bassadeur sera reçu par un commandant « militaire et par quelques membres des auto- « rites constituées accompagnées d'un détache- « ment de troupes de ligne et de la garde « nationale. Il sera conduit avec ce cortège dans (( des voitures convenables au logement qui « sera préparé pour lui et sa suite aux frais de « la République. Il lui sera donné pendant son « séjour à Marseille une garde d'honneur de « cent hommes pris dans la troupe de ligne. »
S'inspirant de ces prescriptions, les interprétant, les complétant de sa propre autorité, le citoyen Guys se révéla homme de décision, d'action et de ressources.
Pour loger Esséid Ali pendant les cinq jours que l'ambassadeur ottoman avait désiré passer
rieures du 2 messidor an V (20 juin 1797). A. E. Turquie. t. 196, f° 296.
à Marseille, Guys s'assura d'une maison située dans un beau quartier, très bien meublée, vaste et commode. Son choix s'arrêta sur l'Hôtel de l'Europe, qu'il obtint moyennant l.oOO francs avec une réduction de 900 francs sur les prétentions du propriétaire. La question des voitures le préoccupa quelque peu. Il avait pensé qu'Esséid Ali ferait son entrée à cheval, mais le Turc voulut expédier d'avance à Paris ses montures, ses bagages et la plupart de ses domestiques. Il fallut donc s'entendre avec un loueur de carrosses qui s'engagea, pour un millier de livres, à fournir dix voitures le jour de la sortie du lazaret et trois les jours suivants.
Après maintes conférences avec Caulaincourt, Venture, le premier drogman de l'ambassade Codrika, le général Willot commandant la Division et les diverses autorités civiles, tout fut définitivement arrêté, et l'on se trouva prêt à l'expiration de la quarantaine.
Le 19 juin (l^'^ messidor), vers neuf heures du matin, le citoyen Guys, revêtu du grand uniforme de consul qu'il s'était fait faire pour la circonstance, conduisit au lazaret la voiture
destinée à Esséid Ali Effendi. Il était accompagné du capitaine de gendarmerie Santon, attaché jusqu'à Paris à la personne de l'ambassadeur, de deux gendarmes et d'une ordonnance de dragons et précédait les députations des diverses autorités qui arrivèrent à dix heures.
Quelques personnages dûment autorisés par les Conservateurs de la Santé, le général commandant la Division, les présidents de l'Administration départementale et du Bureau central, allèrent jusqu'à son logement chercher l'ambassadeur et le conduisirent à la grille du lazaret. Là Esséid Ali fut reçu et complimenté au nom du ministre des Relations extérieures par le citoyen Guys, puis par le commissaire du Directoire près l'Administration du département et il monta dans sa voiture où prirent place avec lui, outre Guys qui ne devait plus le quitter, le commandant de la Place le général Merle, et le premier drogman Codrika. Dans les neuf autres carrosses s'installèrent Caulaincourt, Venture, la suite et les gens de service de l'ambassadeur, l'Administration du département, le général Willot, le Bureau central de la ville, les présidents des municipalités, le
commissaire du Directoire et enfin la députation des officiers civils et militaires de la marine.
Le cortège s'ébranla au son des tambours et des trompettes, précédé, flanqué et suivi de nombreux détachements de cavalerie, d'infanterie et de garde nationale en grande tenue; une musique militaire marchait immédiatement devant la voiture d'Esséid Ali. La sortie des infirmeries fut annoncée par des salves tirées par les forts et les batteries de la rade, tandis que des pièces de canon et des boîtes d'artillerie échelonnées sur le parcours saluaient l'ambassadeur à son passage. A la porte d'Aix, toutes les autorités civiles, militaires, judiciaires, au grand complet, revêtues des marques distinctives de leurs fonctions, ainsi que les consuls étrangers se joignirent au cortège. La marche continua dans un ordre parfait toujours au milieu des salves, à travers les rues dont les boutiques étaient fermées, et à onze heures et demie on arriva à l'hôtel de FEurope. Une garde de cent hommes rendit les honneurs à Son Excellence qui, mettant pied à terre, fut con- ^ ^uite aux sons de la musique du théâtre dans
une salle très bien décorée de fleurs où Elle reçut les visites et les compliments des autorités.
L'affluence prodigieuse de curieux qui se pressaient pour le contempler tant au dehors que dans la ville, frappa singulièrement Esséid Ali et le flatta infiniment. A plusieurs reprises il chargea son interprète de dire aux cavaliers qui escortaient sa voiture de ne pas fouler le peuple, de le laisser approcher, préférant qu'on s'arrêtât ou ralentît plutôt que de causer des accidents. La présence de la troupe devant son hôtel lui fut aussi agréable : il passa en revue le détachement qui gardait la porte, le fit défiler devant lui, puis, sur la suggestion de Guys, le renvoya, conservant seulement vingt hommes, un officier, un tambour et huit hommes, à cheval qui furent chargés de l'accompagner dans toutes ses sorties.
Après quelques moments de repos, l'ambassadeur passa dans une grande salle où une table comprenant soixante couverts était dressée : le repas auquel prirent part les autorités et les consuls étrangers était off'ert par Guys, aux frais du Gouvernement, car ce personnage avait
jugé utile d'impressionner favorablement les Turcs sur la « générosité française ». Divers toasts furent portés par l'ambassadeur, à la République, au ministre des Relations extérieures et à quelques autres personnalités.
Le soir. Son Excellence fut au grand théâtre iù Ton jouait Panurge dans File des Lanternes. Il y avait un monde fou et la chaleur était suffocante. Esséid Ali parut à la fois très surpris et fort satisfait de ce qu'il voyait et le public remarqua qu'outre un éventail rond que l'ambassadeur tenait et dont il usait, un homme de sa suite lui « donnait du vent » avec un grand éventail. « C'est probablement le même officier, faisait observer un assistant, qui, au dîner, lui chassait les mouches. »
En quittant le théâtre, Esséid trouva les rues illuminées ; rentré à l'hôtel, il prit grand plaisir à recevoir jusqu'à onze heures et demie les citoyennes de la ville et il les accueillit de la manière la plus civile.
Le lendemain, il s'acquitta d'un devoir de haute courtoisie, en écrivant au citoyen Charles Delacroix, ministre des Relations extérieures, sa première lettre officielle. Ce document écrit en
français et rédigé sans doute par Codrika, est curieux \
« Citoyen Ministre,
« Le premier moment où je puis compter « être parmi la nation française, celui où je « viens de terminer ma quarantaine et entrer « dans la ville de Marseille, je le consacre avec « un vif plaisir à vous faire part de mon entrée « dans les États de la République.
« L'amitié stricte et sincère qui depuis si « longtemps unit la nation française avec la «■ mienne, ces liaisons d'intimité et de cona fiance qui sont les plus fidèles garants entre « les deux puissances respectives me font pres- « sentir que vous voyez approcher avec plaisir (' mon arrivée près de vous. Vos qualités « éminentes et vos vastes connaissances doivent « vous faire aussi pressentir avec quel empres- (( sèment j'attends le moment de faire person- « nellement votre connaissance et gagner parti- « culièrement votre amitié et votre confiance.
(( Je désirais, citoyen Ministre, vous donner « plutôt de mes nouvelles, mais outre les raisons
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ESSÉID ALI EFFEr^DI A MARSEILLE 39
« que j'avais de ne point compter les moments « de la solitude du lazaret parmi ceux d'une rt existence politique, l'estime même que je « vous dois, les sentiments d'amitié et la haute « considération que je vous porte m'imposent « des devoirs et des attentions si distinguées à « votre égard, que je devais vous épargner le « désagrément de touclier une lettre de ma « part trempée dans le vinaigre ou puante du « parfum du lazaret.
« Libre enfin de ces formalités indispen- 'i sables, je remplis ce devoir envers vous avec « une double satisfaction, en vous annonçant « ma sortie du lazaret et vous y ajoutant mes « sincères remerciements pour tous les hon- « neurs et les attentions distinguées avec les- « quelles les administrations et toutes les auto- « rites constituées se sont empressées de « m'accueillir dans ce pays. Je compte après « mon départ d'ici aller voir le port et l'arsenal « de Toulon ; de là je partirai directement « pour Paris où j'aurai l'honneur de vous « exprimer de vive voix combien je suis péné- « tré de toutes les marques d'amitié que je « reçois. Je vous prie, citoyen Ministre, d'en
faire part au Directoire exécutif avec le témoignage respectueux de ma part du plus grand empressement que j'ai de me rendre auprès de lui.
« Agréez les assurances des sentiments de ma parfaite estime et de ma considération
distinguée.
(( Signé : Esseyd Aly. »
Cet acte de politesse accompli, l'ambassadeur alla faire visite au Bureau central pour remercier en personne de l'accueil chaleureux qui lui avait été fait la veille et on lui offrit des rafraîchissements et du café ; il prit ses repas, comme les jours suivants, avec G-uys, Venture, Caulaincourt, le capitaine de gendarmerie Santon, Codrika et les officiers de garde, et le soir il assista jusqu'à neuf heures, au Petit théâtre, à un bal paré. La salle avait été décorée d'une façon spéciale ; on avait dressé dans le fond une estrade sur laquelle il se plaça avec les autorités et sa suite; à son entrée des fanfares s'étaient fait entendre et des couplets furent chantés par de jeunes enfants. En quittant la fête, Esséid Ali se rendit sur le Cours où il mit
D'après une estampe appartenant à M. Boppe.
pied à terre et gagna son hôtel à travers les rues illuminées. Après avoir reçu jusqu'à minuit il se retira dans sa chambre où il eut la satisfaction de trouver un lit plus long, selon le désir qu'il a\ait exprimé le matin même.
Le :21 juin (3 messidor), il y eut revue et parade des troupes en grande tenue avec des pièces de campagne, puis l'ambassadeur, après quelques nouvelles visites, s'en fut jouir des plaisirs de la campagne, à deux milles de la ville, dans la belle maison de Bonneveine, appartenant au citoyen Borelly*. Le soir il vint au Grand théâtre où l'on donnait le Petit matelot et le ballet de la Fête indienne du citoyen Coindé. Il s'y amusa beaucoup et perdit un peu de sa gravité à l'entrée des nègres, chose vraiment plaisante.
Le 22 juin (4 messidor), au matin, il se rendit dans un canot de la Marine, salué dans le port par les navires de la République, à une plage voisine nommée « Arenc », y visita plusieurs maisons de campagne et rentra en ville en voiture. Comme le soir précédent il assista à la
^ Le château et le parc Borelly sont encore une des curiosités et une des promenades de Marseille.
représentation du Grand théâtre qui jouait l'opéra Les Pi^étendus et un ballet.
Enfin le 23 juin (5 messidor), veille de son départ, Esséid Ali s'otTrit le plaisir d'aller voir au lazaret son collègue à Londres, Ismaïl Eiïendi, qui accomplissait de fort bonne grâce sa quarantaine. L'après-midi, les autorités lui apportèrent leurs souhaits d'heureux voyage et il termina la journée en se montrant au Petit théâtre. Les Folles amoureuses et l'opéra, les Deux petits savoyards, lui firent un plaisir extrême.
Guys, dans le compte rendu détaillé du séjour d'Esséid Ali qu'il adressa au ministre des Relations extérieures, a donné de lui le meilleur témoignage. « L'ambassadeur s'est montré très « doux, très affable et très attentif. Il saluait ^( tous ceux qu'il rencontrait de la manière la « plus gracieuse et particulièrement les corps « de garde qui lui ont constamment rendu les « honneurs militaires. Il a été infiniment flatté « de l'empressement que les citoyennes ont mis « à venir le voir. Enfin il a été aussi satisfait « que reconnaissant de ce qu'on a fait pour « lui. »
Cet excelleùt certificat fut confirmé par Caulaincourt, qui écrivit de son côté au citoyen Delacroix : « encore quelques petits changements et il sera, je crois, aussi bien que l'on peut l'attendre ».
Les fêtes terminées, les lampions éteints et la fumée de la canonnade dissipée, Guys s'occupa de régler les dépenses. Il avait apporté la plus sévère économie dans les frais généraux et personnels qu'il avait faits à cette occasion, en cherchant à concilier « la dignité nationale et les intérêts du commerce, » à éviter la prodigalité et la mesquinerie. 11 avait bataillé avec une louable énergie pour diminuer les prétentions des fournisseurs, mais cependant quelques abus s'étaient produits. « Le compte du bal est un <( peu fort, écrivait-il le 16 août, au ministre des « Relations extérieures en lui adressant les (( pièces justificatives de ses dépenses, car ce « soir-là, à mon insu, tout le monde se porta (( au lieu où étaient les rafraîchissements et s'en '< fit donner comme de ma part. J'étais auprès K d'Ali Effendi et je ne fus instruit de ce gas- '( pillage que lorsqu'il ne me fut plus possible «( de l'arrêter. H en est de même des fleurs
« (600 livres pour Marguerite Muzy, bouque- (( tière) qui étaient enlevées dans les appartec( ments de l'ambassadeur aussitôt que posées. « Celui du tapissier est également un peu fort, « mais il a fourni toutes les bougies des lustres, (( bras et girandoles, dont la consommation a « été considérable. »
Bref en y comprenant la location de l'hôtel, les voitures, les fleurs, les fêtes, les rafraîchissements et même les dépenses d'installation et d'aménagement effectuées au lazaret, ainsi que l'achat de trois voitures destinées au voyage de l'ambassadeur, le séjour d'Esséid Ali Etfendi et de sa suite à Marseille coûta exactement au Directoire la somme de 14.110 livres 7 sols.