‹ Une année `a FlorenceChapitre 35 sur 148 · A. S. C1D U CCXIX · texte numérisé non relu

A. S. C1D U CCXIX

Les anciens avaient deviné l'Amérique. Sénèque, dans sa Médée, prophétise sa découverte de la manière la plus claire et la plus précise :

Venient annis sœcula ei i :, Quibus (Venues vincula rerum Laxet, et ingens pateat Tellus, Teilïysque novos delegat orb-s, Nec sit teiris ultima Tkule.

{Mcdea. acte n.)

Dante en parle dans le Purgatoire :

l' mi volsi a mon destra c posi mente AH' al ro polo, c vidi qtiattro stello Non \isie mai l'uni' dalla prima génie

Godei pareva il ciel di lor fiammcllû 0 selientrional vedovo sito Poiclie privato se' di mirar quelle.

Améric Vespuce naquit le 9 mars I i.SI ; il étudia les leiires sous son oncle paternel Georges Antonla Vespueci, qui, plus tard, se lit moine dominicain, et habita le couvent de Saint-Marc en même temps que Savonarole. A l'âge de seize ans il entra, selon l'usage florentin, et comme c'était ullerement l'habitude dans sa famille qui s'était enrichie ainsi, dans le commerça maritime.

Améric Vespuce naviguall déjà depuis dix-sept ans, et il s'était fait une corta réputail I habileté et d'audace.

IMPRESSIONS JOE VOYAGE. — LA VILLA PALMIF.RI

surtout en Espagne, pays avec lequel ses relations commerciales le mettaient en rapport, lorsque la nouvelle parvint en Europe que, le 12 octobre 1492, le Génois Christophe Colomb avait trouvé un nouveau monde.

Celte nouvelle redoubla l'ardeur aventureuse d'Amérir. Vespuce ; il alla trouver Ferdinand et Isabelle, les protecteurs de son devancier, et obtint d'eux un vaisseau.

Le 10 mai 1 597, c'est-a-clire cinq ans après la découverte des iles de la Tortue et de Saint-Domingue, Améric Vespuce partit de Cadix pour les îles Fortunées, et, dirigeant sa proue vers l'occident, après trente-sept jours de traversée, il découvrit une terre inconnue : c'était le grand continent auquel il devait donner son nom.

Ce fut une grande joie à Florence lorsqu'on apprit cette nouvel'e; la république lui décréta les lumières (À) publiques pendant trois jours et trois nuits.

Améric fit, an service du roi Emmanuel de Portugal, trois autres voyages dans le Nouveau-Monde, dont, ainsi que du premier, il écrivit la relation. Plusieurs copies de ces voyages furent envoyées par lui à Pierre Soderini, gonfalonnicr perpétuel de. Florence, qui en fit faire de nouvelles copies et les répandit dans toute la Toscane ; de lu l'immense popularité d'Améric Vespuce, et le triomphe de son nom sur celui de Colomb.

Ce triomphe parut si injuste au conseil royal des Indes, qu'en 1508 il décréta que le nouveau continent s'appellerait Co'ombie ; mais il était déjà trop lard, le nom d'Amérique avait prévalu.

Le. dernier voyage du navigateur florentin fut lieu vers tSI2: puis, ce vovage achevé, il revint à Lisbonne, où il mourui comblé de richesses et de gloire.

Colomb, déshérité de son sublime parrainage, avait nasse une partie de sa vie en prison, et était mort dans la mi- .'ère.

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