‹ Une année de critiqueChapitre 24 sur 31 · LA FETE ARABE I7I · texte numérisé non relu

LA FETE ARABE I7I

écrivains ! On voudrait écrire un article rien que pour étudier ces différences. Loti, cet enchanteur, est un esclave de la sensation. Il se répand dans l'univers. Jérôme et Jean Tharaud, en quelque lieu que les porte leur humeur voyageuse, demeurent des humanistes; ils s'abandonnent moins à la nature qu'iîs ne se l'approprient. En se donnant, ils augmentent leur richesse spirituelle.

Leur langue est admirable. On leur a reproché un abus du « vers blanc ». Il est certain que le rythme de la belle prose diffère de la cadence du vers, mais i'. ne l'est pas moins qu'une pensée, lorsqu'elle a trouvé son expression la plus stricte, tend à s'enclore dans les syllabes d'un alexandrin. Le léger abus signalé chez Jérôme et Jean Tharaud n'entrave pas l'admirable mouvement de leur style. Ils n'ont pas entrepris de nous montrer, à l'œuvre, les malandrins qui ont rendu irréalisable le rêve du médecin français, et je le leur reprochais tantôt. Mais les beautés de la Fête arabe et la tristesse de sa fin nous apparaissent à travers le voile du souvenir. Elles en prennent une incomparable puissance suggestive. Le but que se proposaient les auteurs est donc tout de même atteint, et la Fètc arabe restera comme une œuvre utile et comme un merveilleux poème.

La Maîtresse et l'Amie "^

Personnages

La Maîtresse de la Maison.

Le Maître de la Maison.

Le Romancier psychologue.

La Femme du romancier psychologue.

Un Agathonien.

Une Femme de chambre.

(Après le dîner, dans un château)

Le MAITRE DE LA MAISON

Excusez-moi. La chasse m'a fatigué. Quel livre me conseillez-vous d'emporter dans ma chambre, cher maître, si je veux incliner ma pensée à des songes heureux?

(1) par Jean-Louis Vaudoyer (Calmann Lévy, éditeur).

L'Agathonien

N'en prenez aucun. Nous mourons de trop lire et de trop rêver. Ayez soin seulement de ne point oublier vos exercices suédois.

Le romancier psychologue

J'ai termine ce matin la Maîtresse et l'Amie. C'est une étude d'âme féminine. Il y est question de Mozart et de Beethoven, du Louvre et des rues d'Utrecht, et aussi du Poussin, que l'on y appelle Nicolas, tant il se mêle d'honnête familiarité à l'admiration que les personnages de M. Jean-Louis Vaudoyer professent envers 'les maîtres. Je dois à la vérité de dire que cent pages au moins du (livre ont trait au sujet, qui est l'aventure amoureuse d'un jeune musicien et d'une belle femme aux sens silencieux. Il est d'ailleurs fâcheux, selon moi, que M. Jean-Louis Vaudo3'cr ait ajouté cette anecdote de réalisme psychologique à son œuvre, car 'le cœur humain est un organe fragile et compliqué. Il en faut abandonner l'étude aux spécialistes.

L'Agathonien

M. Jean-Louis Vaudoyer n'en est-il pas un? Je l'ai rencontré. Il est élégant et parle volontiers de l'Italie.

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