‹ Une année de ma vie, 1848-1849Chapitre 19 sur 36 · Cet opéra avait alors la vogue · texte numérisé non relu

Cet opéra avait alors la vogue

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très longue promenade nocturne. Cependant, j'arrivai sain et sauf à Hietzing, alors plongé dans le sommeil, et j'eus la satisfaction de trouver près du guichet fermé du parc de Schœnbrunn mon valet de chambre, ma malle et le fiacre du prince de Schwarzenberg, qui me mena rapidement à Siegartskirchen. De là, par une nuit tiède et un clair de lune superbe, je continuai ma route en char à bancs. A Perschling le maître de poste, un noir-jaune, me prit pour un émigré de qualité et, par conséquent, me donna sa meilleure chaise de poste attelée de ses meilleurs chevaux. Il m'assura que le pays était tranquille et que l'insurrection n'avait pas encore gagné les campagnes.

10, mardi. — A une heure du matin, traversant le pont de Mautern, je passai sur la rive gauche du Danube. Enfin, une heure avant le jour, j'arrivai à Hadendorf. La cour y avait passé la nuit et s'apprêtait à partir. Il fait encore nuit close, mais la plus grande animation règne déjà dans le petit bourg. Dans toutes les maisons, à travers toutes les fenêtres, dépourvues de rideaux, dont l'usage semble inconnu ici, on aperçoit, à la clarté incertaine de chandelles, des gens occupés à s'habiller H la hâte. Au Marktplatz, des feux de bivouac

entourés de soldats projettent des lueurs rougeàtres sur les murs des maisons où des sentinelles, des ordonnances, des officiers allant et venant dessinent leurs ombres errantes. Au premier crépuscule, des fanfares et la diane appellent les hommes sous les armes. Le silence du sommeil fait alors place au cliquetis des armes, aux hennissements des chevaux, aux mille bruits qui accompagnent la levée d'un camp. Mais sur ce tableau bariolé et bizarre de confusion et de désordre, apparents seulement mais non réels, on reconnaît et peut suivre aisément, comme un fil rouge, Teffet de la discipline.

J'ai débuté par un quiproquo assez comique. Ayant demandé à un officier l'adresse du comte de Grûnne, il me conduit dans une maison, ouvre la porte d'une chambre et me dit : « Le voilà ». Je trouve le comte reposant sur un lit, enveloppt» de son manteau blanc, avec un bonnet de nuit à pointe de coton blanc qu'il a eu soin de tirer pardessus les yeux. Il ronfle énergiquement. Donc, il dort. Je le secoue fortement au bras et, après l'avoir réveillé, ce qui n'était pas facile, je lui expose brièvement le but de ma venue et lui remets la lettre du prince Félix. Il la repousse. « Laissez-moi dormir, dit-il d'un air grognon. Je ne suis pas le comte de Grûnne. » Et il se retourne et ronfle de plus belle. Grande était

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ma consternation. Heureusement le général Parrot, commandant de Tescorte de la cour, est un galant homme; d'ailleurs il n'a probablement rien retenu de ce que je lui avais dit.

Introduit chez le véritable comte de Grûnne, nous fûmes aussitôt rejoints par le jeune archiduc François-Joseph. Ils me rassurèrent, en riant beaucoup, au sujet de ma méprise. J'ai pu m'acquitter à la hâte d'une partie de ma commission et j'ai quitté la pauvre chambrette, où l'entretien avait eu lieu, profondément impressionné de la tournure d'esprit et du maintien du jeune archiduc : digne et grave, trahissant plus d'indignation que de tristesse et aucun découragement.

Mais déjà les troupes commençaient à s'ébranler, la cavalerie alternant avec l'infanterie, suivies de quelques grosses pièces de canon. Les carrosses impériaux, entourés d'un bataillon de chasseurs, occupaient le milieu de la colonne. Parti le dernier, il me fallut plus d'une heure pour la devancer. Vue des coteaux près de Meissau, elle présentait un aspect à la fois pittoresque et imposant.

Quelques heures après, en descendant une côte assez raide, je fus dépassé par une voiture, attelée de chevaux en meilleure condition que les miens. Elle contenait deux messieurs. L'un

d'eux était un homme de haute taille, très pâle, avec le menton complètement rasé, par conséquent un « noir-jaune ». Ses nobles traits, qui ne me semblaient pas inconnus, et la vivacité de ses gestes révélaient une grande agitation. Son compagnon, un tout jeune homme, fort joli garçon, avait également grand air. Il me fixa de ses beaux yeux luisants qui scintillaient à travers les nuages de poussière soulevés par nos voitures. Le valet de chambre de la cour que Grûnne avait mis à ma disposition pour m'aider à requérir des chevaux et des logements, s écria: « C'est le prince Félix avec son domestique. »> Me fiant plus à sa vue qu'à la mienne, nous engageâmes les inconnus, par des cris et des signes, a s'arrêter; mais, loin de se rendre à ce désir, l'homme de haute taille, maintenant debout dans sa voiture, s'évertuait à pousser le postillon. Ma curiosité était piquée au vif; je continuai donc la poursuite, et, après une course vertigineuse, je finis par joindre les fuyards. Le grand monsieur, qui n'était pas le prince de Schwarzenberg, sauta de voiture. J'en fis autant, et, à mon grand étonnement, au fur et H mesure que je l'approchais, il rétrogradait, tenant toujours l'œil fixé sur moi. A la fin nous nous reconnûmes. C'était le comte François de Stadion, et son compagnon était le comte Henri

<le Clam-Maptinitz*. Stadion, au Reichstag par ses antécédents et son nom plutôt que par la part qu'il prit aux discussions, un des membres de la majorité les plus en évidence, me racontait qu'il était parvenu à grand'peine et on courant les plus grands périls à s'évader de Vienne, et qu'il m'avait pris, moi et les deux domestiques, pour des étudiants envoyés à sa poursuite. Rassuré sur mes intentions inoffensives, il devint charmant, et nous fîmes gaiement route ensemble vers Poulkau, où la cour devait passer la nuit.

Au milieu du jour nous nous arrêtâmes pour déjeuner dans une petite auberge de rouliers. Rien de plus rustique que cet établissement, si ce n'est l'hôte et le repas qu'il nous servit. Ce brave homme, en levant une trappe, nous invita à descendre dans la cave et à choisir nousmêmes notre vin. A ces mots, Stadion pâlit et s'écria en français : « Non, non! C'est un piège. On veut s'emparer de moi*. »

1. Le comte Henri de Glam-Martinitz, n<^ 1826, entra au service attaché à la personne du comte François de Stadion, alorç ministre de l'Intérieur, novembre 1848; gouverneur de Cracovie 1857; quitta le service 1860; plus tard le chef le plus influent du parti féodal à la Diète de Bohême et au Reichsrath de Vienne; mort 1887.

2. C'était le premier symptôme de la maladie qui, peu de mois après, devait obscurcir son intelligence et mettre lin à sa vie publique.

Ce soir à Poulkau, où nous partageons toDs les trois la même chambre, Stadion, revenu des émotions de la journée, a été fort en train. Nou^ avons discuté, sans jamais tomber d'accord, mais toujours avec armes courtoises, les questions brûlantes du jour. Ce qui m'effraye un peu, c'est que mon interlocuteur recommande la reprisi' des pourparlere entre la cour et la Chambre, ce que j'ai précisément mission d'empêcher à tout prix. Comment ne comprend-il pas que sa fiiit»» même de Vienne, par la raison qu'il ne s'y croyait plus en sûreté, et le départ de presque tous les députés conservateurs mettent en évidence que ce qui reste du Reichstag n'est plus qu'un instrument entre les mains des vainqueurs du 6 octobre? Stadion, que je connais depuis des années, joint à un caractère pur et élevé une grande finesse d'esprit; mais je doute, parfois, de la justesse de son jugement. Il a beaucoup lu, mais a-t-il tout bien digéré? Comme administrateur, il n'a pas son pareil en Autriche. Mais on peut être bon administrateur sans être homme d'État.

H, mercredi. — J'ai dormi du sommeil du juste, et à mon réveil je vois que mes deux compagnons sont partis sans me crier gare.

A Znaym beaucoup de troupes et une foule de

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cstmpagnarcls accourus de près et de loin. Avec cela, grande confusion et grande difficulté de loger tant de monde. Pour l'empereur et l'impératrice on a préparé à la hâte l'abbaye de Pôltonberg située sur une éminence d'où l'on déiiouvre, au pied du mamelon, la ville de Znaym, ciu delà, la plaine et, sur l'horizon, de bas coteaux aux contours arrondis. J'assiste à l'arrivée de Leurs Majestés. Quelle scène navrante ! Le temps lugubre : des flocons de brouillard chassés par un vent aigre sur un ciel gris de plomb. Nous attendons en grelottant. Enfin apparaît, liorriblement cahoté, le carrosse contenant Leurs Majestés; l'héritier présomptif, l'archiduc François-Joseph, l'escorte à cheval. Quelques faibles vwats partent de la foule, qui a l'air consternée et ne semble guère en croire ses yeux. Quoi! l'empereur, le bon empereur en fuite! Quel sacrilège ! Les femmes pleurent. Quelques-unes se sont agenouillées pour prier. L'aspect de l'impératrice, digne, calme, résignée, détermine à sa descente de voiture, parmi les paysannes, une nouvelle explosion de sanglots. Je n'ai jamais vu de plus touchante ovation.

En descendant le mamelon à pied par un sentier assez raide, l'archiduc François-Joseph, qui a quitté son cheval, vient se joindre à moi. Le jeune prince est dans les meilleures disposi-

lions. Il me dit que des émissaires des chefs de l'insurrection suivent constamment le cortège impérial et que cette nuit une grande députation du Reichstag est annoncée à Znaym. S appropriant les idées du prince Félix, il fera tout ce qu'il pourra pour empêcher qu'elle ne soit reçue.

Dans l'après-midi, j'ai rendu visite au baron Kûbeck\ dans un château qu'il possède près de Znaym. Nous avons beaucoup causé de la fomw h donner h la nouvelle Autriche, et j'étais émerveillé de sa connaissance de la monarchie. Au demeurant, le prototype de la haute bureaucratie. .

Ce soir petite réunion des personnes qui composent la suite de la famille impériale. J'y rc^' contre Stadion, et nous reprenons notre discussion d'hier. Pas de doute qu'il ne travaille sous main à renouer les pourparlers avec le Reichstag. Craignant toujours des attentats sur sa persoune, il ne s'est pas montré pendant le jour, mais jo sais qu'il a été reçu en haut lieu.

12, lundi. — La députation du Reichstag, annoncée hier, arriva ce matin, mais on lui

1. Baron Charles de Kûbeck, né 1780; suit la carrière administrative; ministre des finances de 1840 à 1848: pres*' dent du conseil d'État 1850; mort 1855.

refusa l'entrée de Thôtel, et elle se retira sans insister et même sans témoigner du mécontentement.

La cour s'est mise en route à sept heures du matin. Avant le départ il avait été décidé d'envoyer à Félix Schwarzenberg et à Jellacic un courrier porteur d'ordres verbaux. Averti en temps utile, j'ai pu en faire supprimer certaines expressions faites pour paralyser l'action de ces deux personnages. Ce n'est pas sans peine que j'ai pu obtenir cette modification. Nul doute qu'un revirement, dû à l'action secrète de Stadion, n'ait eu lieu. On se méfie de ses propres forces, si grandes encore, et l'on compte se jeter dans les bras de Tennemi. Je m'en suis expliqué très franchement avec Grûnne, et j'ai vu, à ma grande satisfaction, que je prêchais un converti. « Jusqu'ici, m'a-t-il dit, tout marchait bien ; maintenant d'autres influences — il désignait Stadion sans le nommer — semblent prévaloir. On ne vous écoute plus. »

C'est clair: quoique mandataire du prince Félix, je ne suis pas de taille à lutter avec Stadion. La présence du prince est devenue indispensable. Par conséquent il fut décidé entre nous deux que mon interlocuteur tâcherait d'obtenir pour ce dernier l'ordre de venir incessamment. Ceci convenu, nous nous séparâmes.

Comme une grande partie de l'escorte se compose d'infanterie, la colonne, obligée de marcher au pas, n'avance que fort lentement. Je pouvais donc quitter ma voiture pour me dégourdir les membres. L'archiduc François-Joseph aussi descendit de cheval et me permit de raccompagner. Cette promenade d'une couple d'heures fut toute remplie d'un échange de réflexions sur la situation. J'appris par lui que le prineo Windischgraetz mandait de Prague qu'il espérait être bientôt prêt à marcher sur Vienne.

Arrivé au château de Sclowilz longtemps avant la cour, j'ai passé le reste de la journée avec les Charles Lanckoroncki et la jolie princesse Lobkowitz, femme de l'aide de camp général de l'empereur. L'inquiétude, l'impatience, la tension d'esprit ne nous permettaient pas de rester en place. Nous entrions dans les appartements du château, nous courions dans les allées et sentiers du parc, tous en proie à une fiévreuse agitation. Dans les temps calamiteux, surtout quand la crise approche, il y a, comme dans les grandes maladies, des hauts et des bas. Personne n'en est exempt. On peut cacher des émotions, on ne peut s'empêcher de les éprouver. Enfin, à la tombée de la nuit, la cour arriva. Un conseil de famille se réunit en toute hâte. Assistaient l'empereur, l'impératrice, l'archiduc Fran-

çoîs-Charles, l'archiduchesse Sophie et l'archiduc

François-Joseph. Deux résolutions importantes

furent prises : le prince Félix est chargé de

venir sans retard, le prince Windischgraetz

de hâter sa marche sur Vienne. Le billet auto^

graphe de l'empereur au prince Félix fut écrit

sur du papier mince, et caché dans le chapeau

de mon valet de chambre français, qui est

chargé de le porter au jardin Schwarzenberg,

Il se mit aussitôt en route. Dieu veuille qu'il

arrive à destination! S'il nY a pas d'obstacle,

il sera à Vienne demain matin. Le prince Félix

pourra rejoindre la cour après-demain. Dans ce

même conseil de famille il a été décidé de m'en-

voyer à Prague auprès du prince Windischgraetz,

avec mission de le mettre au courant de la

situation et de presser son départ.

Ce soir, au dîner, on a été fort nombreux : outre Leurs Majestés et les membres de la famille impériale, le prince Wasa, les personnes de la suite : la landgrave de Furstenberg, grande maîtresse de l'impératrice, le prince et la princesse de Lobkowitz, les deux comtesses Schoenborn, comte et comtesse Chaires Lanckoroncki, le comte Lazansky, gouverneur de la Moravie, deux évêques, plusieurs prélats et bon nombre de fonctionnaires de la province. Un silence morne régnait autour de la table. On n'entendait

que la voix de l'empereur adressant la parolt\ avec cette bonhomie familière qui est Tapanage de sa dynastie, à plusieurs de ses convives. Jamais l'impératrice, dans son austère beauté, ne m'a semblé, plus que ce soir, une sainte de la Légende, portant une couronne d'épines sous le diadème de la souveraine.

Le triste festin terminé, porteur de paroles et non de lettres pour le prince de Windischgraetz, je quitte Selowitz et arrive à Brûnn à onze heures du soir. Devant l'hôtel de la poste, des jeunes gens armés, portant l'écharpe tricolore, entourent ma voiture et me déclarent prisonnier. « Vous venez, disent-ils, de Selowitz et vous allez à Prague pour appeler le tyran. Jamais nous ne le permettrons ! » Celui d'entre eux qui montre le plus d'indignation est le maître de poste. Suivi des jeunes représentants de la souveraineté du peuple, il me conduit dans une bonne chambre, a[)rès quoi tout le monde se retire, non sans laisser des sentinelles devant la grande porte de l'hôtel. Bon, me voilà claquemuré! quel contretemps! quel embarras! Heureusement, j'en fus bientôt tiré. Le maître de poste, cette fois-ci pieds nus pour amortir le bruit de ses pas et me faisant signe de parler bas, se glisse dans ma cliambrc. Il m'ouvre son cœur. C'est un noir-jaune pur sang. Seulement, il na

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pas toujours et partout le courage de son opinion. Lui aussi a deviné le but de mon voyage, et maintenant que, sauf les plantons qu'ils ont laissés devant la grande porte, les matamores sont partis, il en fait des gorges chaudes. C'est un brave jusqu'au danger. 11 revient à minuit^ me conduit dans une cour éloignée, où je trouve ma voiture attelée, et me fait sortir par une porte de derrière.

14, dimanche. — Craignant d'être poursuivi, j'ai gagné Olmûtz par des chemins de traverse; j'y ai pris la voie ferrée, mais, ayant la malchance d'être arrêté près de Bôhmisch-Brod par un accident de chemin de fer, j'ai mis près de trente-six heures pour arriver dans la capitale de la Bohême. Mais, enfin, me voilà au Hradchin, le palais impérial, autrefois la rési- «ience des rois, occupé en ce moment par le commandant en chef. Il me reçoit on ne peut plus gracieusement. Je lui expose la situation dans Vienne, lui donne les nouvelles de la famille impériale qui, à l'heure qu'il est, doit être arrivée à Olmûtz. Le repos, la tranquillité, la sécurité et, je l'espère, le prince Félix l'y attendent. « Maintenant, dis-je en terminant, il ne nous manque que le prince de Windischgraetz et son armée. » Le mot d'armée

le fit sourire tristement. « Mon armée! dit-il, c'est un mot bien pompeux. J'emmènerai vingt escadrons, douze bataillons et sept batteries. Voilà tout. Mais c'est toujours quelque chose, et j'espère que c'est assez pour avoir raison de ces drôles. » Il m'exposa ensuite ses idées sur la constitution à donner au pays. J'y ai trouvé une certaine analogie avec celles du baron Kiibeck. Mais ce n'est pas une constitution, c'est son épée qu'on lui demande.

Cet homme remarquable, dont l'extérieur, le type du grand seigneur et du grand capitaine, peint si bien son noble cœur, fondit en larmes en me parlant de sa femme * .

Je l'ai quitté réconforté et tout disposé à partager sa confiance.

A l'établissement de bains de Vile des Tirailleurs j'eus la surprise de rencontrer Stadion. Pourquoi est-il venu à Prague? Évidemment pour sonder le prince de Windischgraetz. Il ne se doute pas de l'abîme qui sépare ses rêves constitutionnels modernes des convictions politiques de ce dernier. Ajoutons à ceci Wessenberg, qui est toujours ministre, Bach et Bruck, qui probablement le seront! Quels contrastes! Comment sera-t-il possible de faire tendre vers le même

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